Bakary Meite - Massy Pau - 24 mars 2013 - Icon Sport
 
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Et maintenant, Massy veut rester en Pro D2

Et maintenant, Massy veut rester en Pro D2

Par Gaspard Augendre
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Dernière mise à jour Le 26/06/2014 à 14:25 -
Par Gaspard Augendre - Le 26/06/2014 à 14:25
En vacances jusqu’au 7 juillet, nul doute que les joueurs de Massy ont déjà la tête à la Pro D2. Un championnat difficile, qu’ils ont connu il y a deux ans. Le temps de prendre la température d’une division exigeante, avant de redescendre aussitôt. Malgré le traumatisme de la descente, le départ de certains cadres et le changement d’entraîneur, les Essonniens ont malgré tout réussi leur pari.

"Cette finale, je l’ai quand même en travers de la gorge… Mais bon, le principal était atteint." Romain Dibel, le flanker du RCME, rumine encore la défaite face à Montauban. L’ancien pensionnaire du Pôle France et ses coéquipiers avaient fait du titre leur objectif. Mais rassurons-nous, ils sauront se contenter d’une montée en Pro D2. Le temps des regrets est désormais révolu. Le groupe dirigé par Olivier Nier s’apprête à attaquer bille en tête la préparation estivale, pour s’assurer d’aborder au mieux le premier bloc de rencontres du début de saison. "L’entame de championnat va être capitale", annonce l’entraîneur massicois. "Les cinq premiers matchs seront déterminants, abonde Bakary Meite, le capitaine des ciels et noirs. Cela conditionne ta position au classement, ta façon d’aborder la course au maintien… mais aussi la vision de tes adversaires, celle des arbitres. Il faut qu’ils oublient que tu es promu."

Pour tenter de se maintenir, les "banlieusards" pourront s’appuyer sur leur expérience douloureuse d’il y a deux ans. Mais aussi sur celle d’Olivier Nier. Passé par Rumilly, Oyonnax ou encore Aix-en-Provence, le technicien essonnien peut se targuer d’un joli CV. Nier a beaucoup apporté au groupe au cours de cette – longue et très aléatoire – saison en Fédérale 1, et son vécu au niveau professionnel sera d’autant plus déterminant à l’échelon supérieur. Dibel et Meite s’accordent sur ce point : "Il y a deux ans, on a souffert d’un manque de professionnalisme", analyse le premier. Et son compère de la troisième ligne d’embrayer: "Olivier nous a inculqué la rigueur, et c’est peut-être ce qui nous manquait. On bosse bien. Le coach s’est appuyé sur des acquis, au niveau du jeu, et a apporté des modifications dans l’extra-rugby". L’international ivoirien, conquérant dans l’âme, sait sur quoi il faudra bosser. "Il va falloir se concentrer sur la préparation des matchs, et sur la manière de les aborder. Nous devons aussi progresser dans la gestion tactique des matchs. Il y a deux ans, on a parfois perdu alors qu’on menait au score". Avant de conclure : "Physiquement en revanche, je n’ai aucune crainte".

L’ADN du club au service de ses ambitions

Les dirigeants l’ont bien compris, rien n’est à laisser au hasard dans la perspective d’un maintien toujours plus difficile à acquérir. Surtout quand les adversaires la saison prochaine s’appelleront Pau, Narbonne, Agen… Mais aussi Biarritz et Perpignan. Les joueurs ne boudent pas leur plaisir à l’idée d’affronter de telles écuries. "Ça va être des bêtes d’affiches (sic). Je n’attends que ça, c’est bandant de jouer ce genre de matchs", savoure Romain Dibel. "Ce sont deux équipes qui ont remporté le Top14 il n’y a pas si longtemps, qu’on a regardé à la télé, se rappelle Meite. En jouant face à de telles formations, on récupère notre part de très haut niveau". En vue de relever le défi, entraîneurs et dirigeants ont choisi de tabler sur un recrutement ciblé, avec quelques joueurs d’expérience, comme Olivier Chaplain, en provenance de Grenoble, qui connaît bien la Pro D2. Mais, comme pour bien rappeler que Massy aime la jeunesse, Olivier Nier a souhaité faire venir de jeunes joueurs prometteurs qui connaissent le haut niveau, à l’image de Clément Daguin et Andrew Chauveau, prêtés respectivement par le Stade français et l’UBB, ou encore Pablo Huete, qui vient de disputer les phases finales avec la Section paloise. Florent Maleville, joueur emblématique du club, endosse le rôle de manager, à la manière d’un Mathias Rolland au Castres olympique. Olivier Nier espère encore un ou deux autres prêts, aux postes de pilier droit et d’ouvreur. Il pourrait bien se tourner vers le voisin francilien, où certains joueurs manquent cruellement de temps de jeu. Le budget a été revu à la hausse pour atteindre 5 millions d’euros, et les joueurs devraient disposer d’une salle de musculation flambant neuve dès la reprise.

Une chose est sûre, Massy pourra compter sur l’état d’esprit qui a toujours fait sa force. Dans cette ville du 91 – prononcer "neuf-un" – le rugby a quelque chose de particulier. "Des mecs comme Gambo Adamou ou Pierre Saby se sont vus proposer des contrats en Pro D2, alors que Massy descendait en Fédérale 1. Quand ils nous ont félicités pour la remontée, on sentait qu’ils avaient la haine de pas pouvoir relever ce nouveau challenge avec nous", illustre Romain Dibel. Son capitaine, qui a connu le rugby de province, à Montluçon et à Béziers, explique : "On est une ville de banlieue, où il y a un vrai brassage ethnique. Ici, on cultive une ambiance de quartier. Ça chambre à tout va, on ne se prend pas au sérieux. En tant que joueurs de rugby en région parisienne, on est dans notre coin, entre nous. Il n’y a pas cette pression populaire que tu peux rencontrer ailleurs". Pour preuve, la devise du RCME : "Un club, un cœur, une famille". Dans un relatif anonymat propre au bassin parisien, Massy a su se faire un nom dans le paysage rugbystique français, sous l’impulsion d’Alain Gazon, parti au Racing. Club formateur en puissance, redoutable dans les catégories jeunes, le RC Massy espère cette fois transformer l’essai au meilleur moment, et s’installer durablement dans le monde professionnel.

Olivier Nier - 24 novembre 2007
Olivier Nier - 24 novembre 2007 - Icon Sport