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Pro D2

La D2 toujours plus pro

La D2 toujours plus pro

Par Rugbyrama
Par Rugbyrama - Le 20/05/2009 à 09:29
En marge de l'annonce du groupe tricolore retenu pour la tournée aux Antipodes, la liste des 26 joueurs qui disputeront la Coupe des nations avec France A le mois prochain a été dévoilée . Parmi eux, 5 pensionnaires du Pro D2. Preuve du crédit désormais accordé à l'antichambre de l'élite.

Ce n'est pas une première. En 2007, le pilier d'Auch Franck Montanella avait disputé la tournée en Nouvelle-Zélande alors qu'il venait d'être sacré champion de Pro D2 et le centre de Massy Mathieu Bastareaud (Fédérale 1) avait été convoqué avant de devoir renoncer sur blessure. Avant eux, Alain Lorieux et Alain Estève avaient été sélectionnés pour la Coupe du monde 1987 alors qu'ils évoluaient en Groupe B. Même chose pour Laurent Seigne qui avait joué le Tournoi des 6 Nations en 1993 quand il portait les couleurs de Mérignac ou pour Serge Blanco qui faisait partie des cadres du XV de France en 1989 alors que Biarritz évoluait aussi en Groupe B. On peut même remonter jusqu'en 1952 avec la sélection de Jean Colombier quand il jouait à Saint-Junien. Pour France A, le troisième ligne biarrot Mohammed Dridi, alors licencié à Toulon, avait été appelé pour les Tournois des 6 Nations 2005 et 2006.

Du déjà vu, donc. Mais jamais dans ces proportions. Cinq joueurs de Pro D2 sur un groupe de 26, c'est beaucoup. Et révélateur surtout de la qualité du Pro D2. Si les Lyonnais Aliki Fakate (2e ligne) et Rémy Grosso (ailier), les Agenais Yoann Huget (ailier) et Romain Sola (ouvreur) et le Narbonnais Romain Martial (centre) ont été sélectionnés pour la Coupe des Nations, c'est bien qu'ils ont le niveau international. Et donc que celui du Pro D2 va crescendo. L'entraîneur de Béziers Jean-François Beltran, qui a découvert cette compétition à son arrivée au club en janvier, en est convaincu : "Les cinq ou six meilleures équipes de la compétition ont le même niveau que celles du Top 16 quand j'entraînais Narbonne avec Marc Delpoux en 2004. J'ai été très surpris quand je suis arrivé. Je pensais qu'il y avait beaucoup plus de défi et que le jeu était de moins bonne qualité."

Beltran : "C'est grâce à l'arrivée des étrangers"

L'ancien coach de l'Aviron bayonnais et de Narbonne avance une explication toute simple : "L'arrivée de joueurs étrangers de très haut niveau pousse les bons joueurs français en Pro D2. Du coup, le niveau de la compétition augmente et ces garçons ont le niveau d'être appelés en sélection." L'arrivée de stars, l'attrait plus prononcé des annonceurs, des télévisions et du public aussi tirent le Pro D2 vers le haut.

Les joueurs concernés ont pourtant été surpris de leur sélection. "Je pensais que c'était réservé aux joueurs de Top 14, avoue ainsi l'ouvreur agenais Romain Sola. C'est une grande fierté mais aussi une énorme surprise. Je pense que c'est un bon témoignage du niveau du Pro D2." Le joueur ne regrette pas d'ailleurs d'avoir quitté Toulouse pour la deuxième division. Paradoxalement, cela lui a permis de se hisser au haut niveau. "A Toulouse, je ne pouvais pas m'exprimer. C'est le cas à Agen. Je joue et donc je m'améliore. J'ai fait le bon choix en allant au SUA." Au sein du Pro D2 s'épanouissent désormais les meilleurs espoirs français. Ainsi, l'ailier d'Agen, Yoann Huget explose au plus haut-niveau après deux saisons d'apprentissage au Stade toulousain, où il avait joué la H Cup. Le staff des Bleus, de son côté, a expliqué que s'il n'en était plus au stade des expérimentations en masse, il n'écartait pas la possibilité d'ajouter de nouveaux talents au compte-goutte. La preuve.