Midi Olympique
 
Pro D2

Penaud : "Le Racing-Metro est favori"

Penaud : "Le Racing-Metro est favori"

Par Rugbyrama
Par Rugbyrama - Le 17/06/2008 à 11:22
Alain Penaud, ex-ouvreur international, retiré du rugby professionnel en 2007 après une dernière saison comme entraîneur-joueur au LOU pose son regard de technicien sur la prochaine finale du Pro D2. Il confie aussi ses envies de retour pour construire un
 

Quel regard portez-vous sur cette finale de Pro D2 Racing-Metro - Mont-de-Marsan ?

Alain PENAUD : J'ai vu deux demi-finales complètement différentes. Mont-de-Marsan/Lyon fut un match sclérosé par l'enjeu, très brouillon. Il s'agissait de deux équipes fatiguées, épuisées en cette fin de saison. L'autre opposition entre Racing-Metro et la Rochelle fut très belle. Ce match ressemblait à une finale entre deux belles équipes : le Racing une équipe encore jeune, portée par ses individualités et La Rochelle qui a révélé un très bon collectif. Sur ce que j'ai pu voir, sans enlever de la qualité au jeu montois, j'ai le sentiment que le Racing-Metro part avec un avantage.

Les voyez-vous remporter cette finale ?

A. P.: Pour moi, il s'agit du favori de la finale. Je crois qu'il s'agit aussi de la seule équipe capable de survivre en Top 14 la saison prochaine. La montée est une chose, mais le plus important reste d'être capable de se maintenir. Cela doit être le travail de fond impératif pour toutes les équipes du Pro D2. Mont-de-Marsan a réalisé une saison quasi-parfaite se révélant capable de jouer les premiers rôles. Mais au-dessus cela risque d'être beaucoup plus compliqué. Le Top 14 serait presque dangereux même si tout le monde en rêve. Peut-être que ce sera aussi trop tôt pour le Racing. Aujourd'hui ils ont les hommes, j'espère pour eux qu'ils auront le temps à l'intersaison pour se préparer. Les dirigeants ont parfois du mal à réaliser le gros fossé qui existe entre Top 14 et Pro D2.

Croyez-vous que Lyon qui a échoué en demi-finale saura s'en remettre ?

A. P.: Je le pense. Ce qui importe surtout, c'est le temps offert pour travailler à la mise en place d'un jeu, d'un système, pour ne pas devoir tous les deux ans fondre de nouveaux joueurs dans un collectif. Il faut pouvoir faire grandir l'équipe. Une montée prématurée en Top 14 oblige à un recrutement tardif et souvent à l'étranger : il faut donc tout remettre en place à l'intersaison. L'équipe peut être fragilisée et s'effondrer. Une période de crise n'est jamais agréable à vivre et peut se révéler préjudiciable pour l'avenir du club. Il faut être capable de construire comme l'a fait Montauban en s'appuyant sur le jeu. Et au fur et à mesure intégrer des joueurs qui donneront une autre dimension à l'équipe. Se baser sur des individualités pour mettre en place le jeu n'a pas de sens et ne donne aucun résultat dans l'immédiat. Il a fallu deux ans à Toulon pour retrouver l'élite.

Votre année loin des terrains vous donne-t-elle envie de revenir ?

A. P.: Plus que jamais. Il m'a fallu faire le deuil de ma carrière de joueur. Aujourd'hui je l'ai réalisé. Cette coupure m'a permis de poser un regard en profondeur sur le championnat de France, d'analyser l'évolution de certaines équipes, de réfléchir sur l'organisation des clubs.

Votre vision du rugby a-t-elle changé ?

A. P.: J'ai été confirmé dans mes convictions. Cette saison, les équipes qui ont pris le pari du jeu - bien sûr à partir d'une conquête fiable - sont celles qui s'en sont sorties. Elles sont parties de la conquête pour mettre des choses en place. Je vous donne La Rochelle et Toulon en exemple mais aussi Montauban et Montpellier en Top 14. C'est rassurant pour le jeu mais aussi pour le rugby en général parce que depuis la Coupe du monde, ce sport a pris une autre dimension en terme de spectateurs ou sur le plan marketing. Si on veut arriver à séduire davantage, il faut garder le rugby attractif sur les intentions. Cela a toujours été la base de ma réflexion.

Sur quel projet aimeriez-vous vous investir ?

A. P. : Je suis attiré par la construction d'un projet de club. Quand je suis arrivé à Lyon en 2005, il n'y avait plus rien au club, uniquement 23 joueurs sous contrat. Si je n'avais pas aimé construire, je serai parti ailleurs. J'avais d'ailleurs reçu une proposition de Toulon. L'aventure humaine est bien plus jouissive dans le fait de construire que de maintenir une équipe au niveau. Construire c'est faire parti intégrante d'un projet, en être à la base : c'est bien plus riche. Je crois que j'y trouverai plus de motivation. Aujourd'hui j'en suis à un stade où tous les projets m'interessent s'ils se font avec des gens motivés et prêts à faire confiance. J'ai compris l'importance de la communication interne au sein des structures sportives. Dans ce cadre, chacun se sent impliqué, investi d'une mission comme c'est le cas au Stade français. Le projet sportif n'en est que plus sécurisé.

Un club est-il prêt aujourd'hui à vous faire confiance ?

A. P.: Par grande superstition, je ne m'exprimerai pas. Mais je souhaite vraiment revenir. S'il faut patienter, je patienterai. Il y a des moments où il faut faire preuve d'une grande patience. Les convictions ne suffisent pas, il faut une main tendue. Se voir offrir de la confiance est la chose la plus difficile qui soit. Ne pas pouvoir présenter son projet sportif s'avère frustrant.

 
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