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OSCARS MIDI OLYMPIQUE - Kirk, McCaw, Fitzpatrick... Ceux qui ne meurent jamais

Kirk, McCaw, Fitzpatrick... Ceux qui ne meurent jamais
Par Other Agency

Le 14/11/2016 à 09:54

Le 21 novembre à Paris, sous les dorures du Pavillon Gabriel, se dérouleront les Oscars Midi Olympique qui récompenseront les meilleurs joueurs français, européens et mondiaux, sans oublier les joueuses. Midi Olympique décernera également des Oscars de légende aux capitaines les plus prestigieux. Première étape au pays des All Blacks avec Kirk, McCaw, Lochore, Gallaher, Whineray ou Fitzpatrick.

Il restera pour la nuit des temps le premier joueur à avoir brandi la Coupe du monde en 1987. Le demi de mêlée David Kirk n’a connu que 17 sélections, sur deux ans, mais on ne lui enlèvera jamais ce moment exceptionnel. Il arrêtera d’ailleurs sa carrière sur ce moment exceptionnel. La plus grande nation de rugby du monde a bien sûr fourni de grands capitaines, et le plus récent d’entre eux, Richie McCaw : un parcours monumental, 148 sélections dont 111 capitanats et, excusez du peu, deux victoires en Coupe du monde. Ces chiffres astronomiques incarnent évidemment la densité des saisons modernes. Les capitaines d’autrefois avaient moins d’occasions d’exercer leur autorité, c’est sûr, mais la trace de McCaw demeurera exceptionnelle. L’homme avait du sang-froid, une science exceptionnelle du placement, un art de jouer avec la règle du hors-jeu. On conservera le souvenir de son calme exceptionnel, même dans les situations les plus tangentes. Revoir la demi-finale du Mondial 2015 contre l’Afrique du Sud ou les dernières minutes de la victoire en Irlande en 2014 pour s’en persuader.

Sean Fitzpatrick mérite évidemment d’être cité dans notre récit. Il n’était que deuxième choix au talonnage juste avant la Coupe du monde 1987, mais il profita d’une blessure du titulaire Andy Dalton pour entamer une carrière phénoménale, 92 sélections dont 63 consécutives, record du monde. Il fut nommé capitaine cinq ans plus tard grâce à sa personnalité solaire et sa volubilité. On dit d’ailleurs de lui qu’il fut "le seul homme à arbitrer deux finales de Coupe du Monde". Il finit sa carrière en 1997 après avoir mené les All Blacks à la première victoire de leur histoire en tournée en Afrique du Sud et avec le trophée des premiers Tri-Nations de l’Histoire.

Le troisième ligne Graham Mourie fut un grand capitaine des années, 70 : le guide du grand chelem dans les îles Britanniques de 1978. C’était un troisième ligne rapide, adroit, énorme soutien offensif. Il se retira pour la tournée controversée de 1981 face aux Springboks et joua brièvement au PUC.

Dans les années 60, le grand capitaine néo-zélandais s’appelait Brian Lochore, numéro 8 de 95 kg à peine, mais à l’époque on le voyait colossal. Les All Blacks ne perdirent que trois matchs sur dix-huit sous son autorité. Cet agriculteur de Wairarapa fut le fer de lance de la fameuse tournée de 1967, dix-sept victoires sur dix-sept matchs, dont quatre tests. C’était les débuts de la télé couleur et le triomphe d’une conception du rugby très moderne avec des mouvements pendulaires entre les deux lignes de touche. Il vécut la victoire de la Nouvelle-Zélande à Colombes de 1967 comme le sommet de sa carrière internationale.

Juste avant lui, la Nouvelle-Zélande avait connu Wilson Whineray. On le cite souvent pour une fameuse déclaration : "Les grandes équipes ne meurent jamais", prononcée en août 1961 après un Nouvelle-Zélande - France gagné 31-3 par les All Blacks. Mais on oublie qu’il fut d’abord un joueur assez extraordinaire, un pilier capable de marquer deux essais pour sa première sélection, une rareté à l’époque. Lui aussi venait du monde agricole. Il devint capitaine à l’âge de 23 ans en 1958 et le resta jusqu’en 1965 : un règne très long que seul McCaw améliora. Sur ses 32 sélections, il en vécut 30 comme capitaine et si l’on compte les matchs de province, il en joua 77 dont 67 comme capitaine. Quand on relit ses mensurations, on croit rêver. Il mesurait 1,83 m pour 94 kg, un gabarit d’ailier de Fédérale 1. Le manque de place nous empêche de citer les cinq ou six autres capitaines valeureux dont le fameux Dave Gallaher, mort à la guerre de 14-18, ou le tout premier, Billy "Carbine" Wallace.

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