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OSCARS MIDI OLYMPIQUE - Carling, Johnson : nos meilleurs ennemis

Carling, Johnson : nos meilleurs ennemis
Par Other Agency

Le 17/11/2016 à 09:14Mis à jour Le 17/11/2016 à 17:15

Le 21 novembre à Paris, sous les dorures du Pavillon Gabriel, se dérouleront les Oscars Midi Olympique. Midi Olympique décernera également des Oscars de légende aux capitaines les plus prestigieux. Place à l'Angleterre avec Martin Johnson, Will Carling mais aussi Beaumont, Pullin ou Evans qui ont su tirer le meilleur de leur équipe dans des périodes difficiles.

On ne parvient jamais à s’arracher au canapé de son enfance et des longs après-midi d’hiver du Tournoi des 5 Nations. Alors, pour l’auteur de ces lignes, s’il ne devait rester qu’un capitaine de l’équipe d’Angleterre, ce serait Bill Beaumont [en photo] (1978-1982). Démarche de pachyderme, moustache de phoque, il ressemblait dans notre imaginaire au Docteur Watson des aventures de Sherock Holmes avec un je-ne-sais-quoi d’Obélix. Quand on revoit les photos de l’époque, on se dit qu’à 28 ans, il faisait plus vieux que maintenant qu’il est président de World Rugby.

Il fut le capitaine du Grand Chelem 1980, exploit isolé dans un océan de médiocrité du rugby anglais. Il pilotait un pack de mastodontes qui vint concasser celui du XV de France au Parc des Princes. Bill Beaumont ne se déplaçait pas vraiment comme une gazelle, c’est un fait, son équipe s’imposait dans le combat rapproché, au rythme d’un escargot. Après cet exploit, il commanda les Lions en tournée en Afrique du Sud. À noter qu’il jouait à Fylde, un club aujourd’hui en troisième division.

Avant lui, un autre deuxième ligne massif commanda brillamment le XV de la Rose, Wavell Wakefield (1924-1927). Il mesurait 1,86 m, une taille de géant pour l’époque. Ancien combattant de la guerre 1914-1918, il remporta trois fois le grand chelem et gagna quatre fois le Tournoi. Il était connu pour ses courses bras en avant pour raffûter les adversaires. Mais il savait aussi passer les ballons et courir avec. En ces temps lointains, il exerçait aussi les fonctions d’entraîneur et de théoricien du jeu. Il réfléchit sur un travail spécifique de la mêlée et réinventa le rôle de la troisième ligne à qui il donna un rôle beaucoup moins statique et l’idée de mettre la pression sur les ouvreurs adverses. Après sa carrière, il multiplia les postes à responsabilités : président des Harlequins, son club de toujours, de la RFU et même député à la chambre des communes. Il était, cela va sans dire, un défenseur attitré de l’amateurisme.

Plus près de nous, le capitanat du XV de la Rose fut incarné par un trois-quarts centre trapu. Un petit taureau que les Français adoraient détester. Mais son "mandat" correspondit au grand redressement du XV de la Rose. Il s’appelait Will Carling (1988-1996) et présida au grand retour du XV de la Rose à partir des années 89-90. Il fut le plus jeune capitaine nommé (22 ans) et le resta pendant sept ans, soit une série de 59 matches, un record. Il gagna trois Grands Chelems et joua une finale de Coupe du monde. Il fit toute sa carrière aux Harlequins.

Après le passage au professionnalisme, le poste fut marqué par un vrai monument, encore un deuxième ligne. Il s’appelait Martin Johnson (1999-2003). Il commanda l’équipe à 39 reprises. C’est lui qui, pour la première fois, brandit la Coupe du monde avec la tunique anglaise sur les épaules en 2003. Son taux de victoires est impressionnant (87%). Il fut aussi l’homme d’un seul club, Leicester qui lui offrit plein de titres nationaux et européens. Ce n’était pas un grand parleur, il se contentait souvent de donner l’exemple. Il était un joueur de devoir, toujours prêt à lutter dans tous les regroupements, à ralentir les sorties de ballon adverses. Il fut aussi capitaine des Lions, à deux reprises en plus (1997-2001), fait unique.

D’autres capitaines ont eu une carrière moins monumentale. Mais le talonneur de Bristol John Pullin (1972-1975) eut quand même le mérite d’amener les All Blacks à leur première victoire en Nouvelle-Zélande. C’était en 1973 à une époque où le rugby anglais était encore vraiment très amateur. Un autre talonneur, Éric Evans (1956-1958), conduisit le XV de la Rose au Grand Chelem en 1957. Il avait déjà 34 ans quand il fut nommé, ce qui fit de lui, le plus vieux à assumer ce poste. Il ne connut qu’un seul club, Sale.

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