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La chronique de H. Broncan

La chronique de H. Broncan

Par Rugbyrama
Par Rugbyrama - Le 16/09/2009 à 13:20
Comme chaque semaine, retrouvez la chronique d'Henry Broncan, le manager du SU Agen.
 

Un samedi sur Armandie

Premier samedi de septembre et un soleil sans retenue sur Agen ; les jeunes du Centre de Formation s'éveillent les uns après les autres, les yeux éblouis par la lumière ; les jeunes, du moins ceux qui restent ici le week-end, car la plupart d'entre eux ont gagné soit le domicile familial – la majorité sont du département – soit l'appartement de la petite amie, soit la demeure d'une famille d'accueil gracieusement volontaire pour les héberger pendant les deux journées. Ici, pour le moment, ne subsistent que les deux Géorgiens, le Fidjien, le Namibien et…l'Auscitain, peut-être le plus perdu de tous, si près et si loin de son village, de ses coteaux et de sa Baïse. Il faudra vite leur trouver un pied à terre dans la cité agenaise, un petit coin où, à l'extérieur du Centre, à l'écart du rugby, ils puissent respirer un brin d'ambiance familiale. A 9h30, dans la salle de réception de la SAOS, le conseiller technique régional du Périgord Agenais nous expose, devant une poignée de stagiaires, - l'occasion de retrouver Laurent Sousbie ancien espoir d'Auch devenu depuis 3 saisons le très jeune entraîneur de Nogaro – et quelques curieux, les grandes lignes du rugby à 7 selon la voie dictée par la FFR. Documentation intéressante sur les profils de poste. Certes le cinq de devant du XV est écarté de la configuration mais le n°1 doit posséder des qualités de sauteur et le n°3 doit assurer l'épreuve de la mêlée ; les demis restent les stratèges de l'équipe et le 7 le plus rapide de tous. Des images de différents Tournois circulent, les premières mettant en valeur le trépidant et enthousiaste de Brice Salobert, SUA puis FCA et maintenant le LOU. Quelques timides question fusent : la réunion où les éducateurs du P.A ont tous été invités n'en a fait déplacer que très peu… C'est pas gagné !

A 12h30, - sandwichs de Nelly et de Marie-Claude avalés goulûment – débute, sur les annexes 2 et 3 la deuxième partie du tournoi Espoirs, la première ayant eu lieu, le samedi précédent, à Saint-Médard en Jalles. Sur la douzaine d'équipes prévues, St.-Nazaire déjà absent en Gironde, réédite son forfait, accompagné cette fois-ci, par l'UBB ce qui est beaucoup plus étonnant quand on sait la vocation éducative du grand club bordelais. Le Président Roger Fite, l'entraîneur national Thierry Janeckzek, Nicolas Le Roux, un des passionnés de ce jeu, sont présents aux côtés des cadres du Comité, source de motivation supplémentaire pour les participants qui savent qu'une excellente prestation peut leur valoir l'ouverture des portes d'une sélection.

Comme à St-Médard, nos Espoirs débutent contre le TPR battu d'une transformation lors de la première confrontation. Crispés, nos jeunes abusant du pied et de la faute de main, laissent la victoire aux Oursons…par une transformation ! Heureusement pour nous, dans la triangulaire, les Palois éliminent nos vainqueurs 17 à 10. Reste à vaincre les verts par 5 points d'écart ; il y en aura 7 au final, Stéphane Guénin sauvant la ligne in-extrémis à la dernière seconde ! Côté Tarbais, Adrien Domec confirme le bien que j'ai toujours pensé de lui depuis qu'il était élève au collège d'Argelès Gazost et qu'il opérait dans l'équipe de la Section sportive de cet établissement. Bonne surprise de revoir le Triais Bernichan, lourdaud et timoré il y a deux ans, plus grand, plus svelte et surtout beaucoup plus dynamique. Côté Palois, un demi de mêlée accélérateur, bien en jambes, toujours dangereux, un certain Marques d'Eauze, le fils de l'ancien Président de l'USZ ?- encore un gersois passé au travers de la détection auscitaine.

Nous voilà donc premiers de la poule de Pau et déjà qualifiés pour Paris, Pantin paraît-il. Les demi-finales nous opposent au Stade Montois ; le monde de l'ovale est particulièrement petit puisque c'est la copie collée du dernier week-end. Malgré un Briscadieu filou comme un Gabardan et un Durquet expérimenté par les confrontations internationales, les nôtres s'imposent largement, Leka se déchaînant, enfin, sur son aile en inscrivant 2 essais. Finales sur Armandie dont les pesages sont déjà abondamment garnis. Nous avions décidé de mettre en garde à vue le neveu du grand Bala, maître à joueur de la formation landaise : dès la première action, il va échapper à notre surveillance pour filer entre les poteaux et transformer en sus. Désorientés, les petits bleus s'enfoncent dans les approximations et deux nouveaux essais consacrent une mi-temps à sens unique : 19 –0 pour l'USD. Les supporters grognent : même à 7, on n'aime pas voir le SUA dominé et l'orgueil local en prend un coup. Heureusement, les frères « Dheil » ont du caractère et ils vont transmettre leur motivation intacte à leurs protégés. C'est une autre équipe qui revient sur le terrain ; Brice et Sofiane tirent leurs camarades et le ballon devient bleu…A la dernière minute, Leka place son cadrage-débordement devant l'aile gauche de la tribune Ferrasse et c'est l'égalisation ; du bord de la touche, Stéphane Guénin tire son drop : victoire 21-19 ; de la joie mais chacun d'entre nous a conscience qu'en ce 5 septembre, Sainte Raïssa nous a protégés. Fair-play des Dacquois et rendez-vous au 20 novembre dans la capitale avec 10autres compagnons.

C'est un vrai match de D2 que nous offrent Rochelais et Agenais : à plusieurs reprises, les jaunes et noirs semblent décrochés et les Bleus proches du bonus offensif mais les premiers ont gagné le respect de tous les pensionnaires de la division par leur capacité à faire le dos rond d'abord puis à se lancer dans l'offensive dès que l'adversaire oublie de serrer sa proie. Autour de Robert Mohr capitaine impeccable, j'ai bien aimé la rentrée du jeune talonneur Brindel de plus en plus étoffé, le dynamisme de Thomas Soucaze –aucun ballon perdu – mais la mêlée m'a semblé moins sereine que la saison passée. Derrière, l'ambition demeure et les leçons de Darricarrère portent leurs fruits : Ferrou reste le danger n°1, Benjamin Dambielle prouve que son meilleur poste reste l'ouverture mais Remy Tales est intouchable en 10, Roux, Jacquet, Devade comptent parmi les centres de bon niveau et Combezou m'a impressionné à l'aile gauche même si lui aussi aimerait opérer dans le triangle d'attaque. Au total, une bien belle équipe soutenue contre vents et marées, par un grand président aux ongles rongés par le stress. Le Gersois Florian Ninard, reins endoloris, s'est réservé pour le match retour.

Au SUA, le score a toujours été du bon côté avec 3 essais au crédit, le 2ème étant particulièrement bien mené : fond de touche, cadrage de Fonua et course inversée de Pelasasa. A deux reprises, on a espéré le bonus offensif et à la 78' on a pensé que les Maritimes repartiraient bredouilles. Vivement le retour dans Deflandre en ébullition.

Dans la soirée, les résultats tombent : le FCAG a bien failli réussir l'exploit à Musard et n'a pas oublié de marquer l'essai ; Aurillac s'est incliné à domicile mais Pau déjà en place la saison passée et ayant conservé tout son effectif sera dangereux.

Dimanche 6 septembre

Merveilleux Montalbanais : gagner à Paris, le mercredi chez les Galactiques du Stade Français et s'imposer, aujourd'hui contre les stars de Toulon du surnaturel duo Boudjellal-Saint-André, c'est le pot de terre qui brise deux pots de fer. Succès du c&oeligur mais aussi du savoir-faire. Un grand coup de chapeau à Marc Raynaud : son équipe joue comme lui jouait, intelligente humble, adroite ; c'est incontestablement l'équipe la plus sympathique du Top 14…et Antoine Battut n'était pas là !

Lundi 7 septembre

Au siège du Périgord Agenais, les entraîneurs des équipes juniors du Comité sont invitées à assister à une réunion « Sécurité ». Beaucoup de monde dans la grande salle de réunion ; on sent que le sujet sensibilise les éducateurs de la région. Le débat est conduit par le CTR et le CRT, le sujet de la mêlée étant prévu pour une session future, on débat sur 4 grands thèmes : le ruck, le plaquage, le maul et le jeu aérien soit des phases plus ou moins génératrices de blessures. M'intéresse particulièrement le sujet de l'échauffement, sujet traité par Thomas. Je constate qu'il y a une vingtaine d'années, on nous conseillait de préparer le haut et de finir par le bas. Aujourd'hui, on débute par les chevilles puis les cuisses, la ceinture abdominale, la ceinture scapulaire et enfin les cervicales avant d'augmenter le rythme cardiaque. Il est particulièrement déconseillé de se retrouver ensuite pendant près d'un quart d'heure auprès d'un entraîneur qui livre ses conseils devant le groupe immobilisé. A ce sujet, Thomas m'explique que le Haka est un très bon complément de l'échauffement devant des adversaires qui les regardent sans bouger.

Daniel Maigné, photographe à Samatan a eu sa période rugby et son album « Carrés ovales » avait connu un certain succès dans notre monde, il y a une vingtaine d'années. Actuellement, ce sont les montagnes Pyrénées qui l'attirent davantage. En 2007, les éditions Moli de la Mola avaient sorti son « Panorama Photographique du Versant Français des Pyrénées ». Depuis, le « Tujet » de Sauveterre, il avait patiemment reconstitué toute la chaîne. Deux ans plus tard, les mêmes éditions publient le « Panorama Fotografico de la Vertiente Iberica de los Pirineos ». Cette fois-ci, Daniel s'est installé au sommet de la Sierra du Montsec d'Arès, près d'Ager, à environ 40 kms au nord de Lleida. Les paysages qu'il nous offre sont magnifiques.

La voisine vous envoie son sourire à tous.

 
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