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La chronique d'Henry Broncan

La chronique d'Henry Broncan

Par Rugbyrama
Par Rugbyrama - Le 21/12/2009 à 11:05
Comme chaque semaine, retrouvez la chronique d'Henry Broncan, le responsable de la formation au SUA. Il réveille, en cette période de fêtes, le fantôme des Noëls passés.
 

CONTE DE NOËL

C’était au milieu des années 80, sans doute en décembre 85 ; Coluche venait donc de lancer les "Restos du cœur". Ce même Coluche dont j’aime rappeler le souvenir à mes éducateurs quand ils se chamaillent pour se chaparder les meilleurs joueurs : "l’esprit d’équipe ? C’est des mecs qui sont une équipe ; ils ont un esprit ; alors ils partagent". Signé : Un mec.

Revenons à la Noël 85 ; les pluies diluviennes de l’automne avaient obligé le comité Armagnac-Bigorre à reporter plusieurs matchs de novembre et c’est pourquoi, l’avant veille de la fête, en quarts de finale du challenge des 3 séries – rien à voir avec les confrontations actuelles de l’hémisphère Sud – la réserve du club de la Muraillette s’était vue donner l’ordre sous peine de forfait, de recevoir son homologue de la Marquise, un club aux futures lettres de noblesse puisque le fameux numéro 10 actuel du Stade Français venait d’y naître, deux mois auparavant.

A l’instar de mes amis de St-Romain le Noble – c’est fou comme on aime bien rappeler l’Ancien Régime ! – quand on visitait Idracville, on se demandait toujours comment deux équipes de rugby – la première et la réserve – pouvaient exister dans un village qui ne regroupait qu’une douzaine de maisons dont la moitié à l’époque présentait des volets clos. Campagne confondue, la commune dépassait à peine 150 habitants ! Pas de commerce et plus d’école ; seul vivotait un vieux café qui n’ouvrait ses portes que le dimanche avant et après le match de rugby. En fait, le club n’existait que par la volonté sublimante de deux frères fous de ce jeu et capables de réunir autour d’eux quelques dirigeants locaux auxquels ils avaient su communiquer leur foi inébranlable dans l’ovale. Ainsi, depuis une dizaine d’années, de la 4ème à la 2ème série, tantôt dans le bonheur des montées, tantôt dans les chagrins des descentes, les bleus et blancs avaient su conquérir le respect des clubs gersois et surtout haut-pyrénéens. En effet, à l’époque, vaincre sur le plateau d’Idracville nécessitait une motivation équivalente à celle qui avait présidé à l’attaque du Chemin des Dames : la raideur de la côte de Castillon-Saves commençait par mettre au rouge le moteur des bus visiteurs ; le compte des trous de taupes du terrain, l’absence de protection aux pieds des poteaux, la forte déclinaison après la ligne des 22 mètres, l’étroitesse des en-but inquiétaient immédiatement les non-initiés. L’entassement des deux équipes visiteuses dans des vestiaires où, à peine une équipe de basket aurait pu trouver ses aises, les cris gutturaux et démentiels provenant du refuge local, les cinquante bons mètres séparant ces logements de fortune du terrain, cette longue traversée au milieu des supporters pas toujours bien disposés à l’égard des hôtes du jour, les coups stridents frappés sur les quelques panneaux publicitaires à l’entrée des équipes ne laissaient augurer d’aucune mansuétude. Au moins, l’adversaire était-il averti !

Il était donc particulièrement difficile, vous le devinez, de s’imposer sur le Plateau d’autant que quelques gentillesses d’époque comme plaquages à retardement, crocs en jambes, fourchettes, bras armés sous la mêlée – et j’en passe des plus horribles – épiçaient un menu déjà conséquent. Comme l’arbitre trouvait souvent – nous y reviendrons – la bouteille d’armagnac et une belle volaille dans son sac de sport, vous comprendrez l’invincibilité de la Muraillette à domicile. Rassurez-vous, la morale était sauve à l’extérieur, les défaites s’accumulaient : à l’exception de quelques clubs bon chic, bon genre, l’accueil était similaire. Si vous croyez que j’exagère, demandez donc au secrétaire général de la Fédération Française de Rugby qui eut, dans sa jeunesse, l’occasion de se faire tirer les oreilles sur le Plateau d'Idracville.

A deux jours de la Noël, dans ce modeste quart de finale de Challenge, le village pourtant était méconnaissable, le tout par la faute, pardon grâce au Père Noël. On avait avancé le match au samedi après-midi – les grands de la première division ne savaient pas encore faire – on avait invité la municipalité, les sponsors, les présidents et entraîneurs des clubs voisins – Lombez-Samatan, Gimont, l’Isle-Jourdain – ainsi que les enfants et les femmes des joueurs car, après la rencontre, une réunion de tout ce beau monde était prévue dans la salle du foyer municipal avec distribution de cadeaux pour les petits et copieux apéro pour les grands. Afin de bien exhiber les bonnes dispositions de la Muraillette, on avait même décoré le vestiaire des visiteurs : une luge illuminée sur la porte d’entrée et un portrait de Santa Claus à l’intérieur. Un vieux haut-parleur diffusait à perdre haleine le Petit Papa Noël de Tino Rossi. Derrière toute cette affabilité, il fallait reconnaître le bon côté du cœur d’or de nos deux frères.

Ils étaient jumeaux, jumeaux et piliers à la fois. Tous deux préféraient évoluer à droite mais l’un des deux –lequel ? nul ne le sait tant ils se ressemblaient – se dévouait pour opérer à gauche mais on les soupçonnait de changer de maillot et de place à la mi-temps. Pierre et Pierrot, presque quadragénaires, habitaient à moins d’un kilomètre de "leur" stade, dans une belle ferme, La Bordeneuve, face aux Pyrénées, au centre d’une propriété d’une centaine d’hectares consacrés essentiellement à l’élevage. Leur père encore alerte, leur mère responsable d’un secteur lucratif avicole ; les parents permettaient donc aux deux frères d’avoir suffisamment de loisirs pour s’occuper du rugby. Le temps libre, Pierre et Pierrot ne le passaient guère au footing ou à la musculation. Depuis plusieurs années –leur naissance ? - un certain embonpoint gagnait insidieusement les courbes des deux frangins. D’ailleurs, les Haut-Pyrénéens un brin moqueurs, les avaient baptisés « Butane » et « Propane », surnoms que scandaient les publics de la montagne quand la Muraillette se déplaçait près des cimes enneigées mais surnoms qu’on se contentait de penser sans crier lors des matchs sur le coteau par crainte d’une explosion fraternelle. Dans leur jeunesse, ils avaient évolué relativement brillamment à l’Isle d’en Haut puis à Gimont enfin à l’Isle d’en Bas ; jamais chez nous, au Lombez-Samatan Club, club trop « rouge » à leurs yeux car, engagés en rugby, ils l’étaient également en politique, fidèles colleurs d’affiches et donc solides gardes rapprochés du député local de droite auxquels ils étaient attachés dans toutes les tourmentes électorales. Vous comprendrez donc leur légitime inquiétude, en mai 1981, lors de ce raz de marée rose-rouge qui leur avait fait craindre de voir leurs opulentes terres des hauts de Save transformées en sovkoze ! 1985 les rassurait : les communistes venaient de quitter le gouvernement et les socialistes s’étaient rangés derrière Fabius : les biens des jumeaux ne seraient pas nationalisés ! Les récents événements leur rendaient l’approche de Noël encore plus sereine.

La première contrariété de la fraîche après-midi survint brutalement vers les 15 heures ; la Secrétaire générale de la Muraillette – Mme de Scorbiac, encore la noblesse – inquiète, se permit d’entrer dans les vestiaires où avaient lieu les derniers badigeonnages de Dolpic et les ultimes coups de tronche, pour aviser qu’aucun arbitre ne s’était présenté dans le cagibi adéquat. Fallait-il comme d’ordinaire, installer sur la table, la bouteille d’Armagnac et, cette fois-ci, la dinde bien grasse préparée par les bons soins de la maman de la Bordeneuve ?

Après avoir occupé les avant-postes de l’équipe 1, Pierre et Pierrot avaient décidé cette saison-là de "renforcer" la réserve à la satisfaction unanime de tous les piliers adverses des formations fanions qui ne les voyaient plus, et au cruel désarroi tout aussi général des premières lignes des réserves de la 3ème série qui connaissaient tous par récit de troisième mi-temps, les exploits de leurs vis-à-vis. Les frangins n’étaient certainement pas de grands manieurs de ballons, surtout pas dynamiques, plutôt style « badernes et lanternes » mais question agressivité, ils étaient redoutables ; en général, notre équipe du LSC les rencontrait, une fois l’an, …en amical. Pas un match qui ne se terminât sans une bonne générale…à cause d’eux ! Nous étions pourtant, malgré de profondes divergences, unis par la même passion de l’ovale et j’avais droit, assez souvent, aux soupers royaux de la Bordeneuve, aux meilleurs foies gras, au vrai poulet de la ferme et, bien sur, au plus subtil de tous les Armagnac ; malgré ce relationnel, à chaque match, mes vieux os avaient droit, systématiquement, à un grossier plaquage à retardement de leur part, ce qui entraînait aussitôt une violente algarade, une fâcherie d’une quinzaine de jours et un rabibochage autour d’un comptoir puis d’une table !

La fête et pas d’arbitre ! Après avoir voué d’abord aux gémonies le Comité Armagnac-Bigorre responsable désigné d’office de tous les maux, il fallait bien trouver une solution. A l’époque, foin des arbitres capacitaires. Chaque club présentait un volontaire et le tirage au sort désignait le sifflet de l’après-midi. A la Muraillette comme ailleurs, on vilipendait les directeurs de jeu mais comme partout, on ne savait pas jouer sans eux et dans tout le groupe de licenciés, nul ne se sentait ni l’âme ni le niveau pour, même temporairement, exercer la fonction. Et comme d’habitude, quand il y avait un problème dans le club, tout un chacun de se tourner vers les frangins. Lents de jambes sur le terrain, ces derniers pensaient vite à l’extérieur ; premier tirage au sort entre eux : Pierre ? Pierrot ? Le premier perdit la pièce, se retrouva devant son homologue de la Marquise et cette fois-ci, l’emporta : numéro 1 pour le remplaçant, vieux pull noir sur le dos, recherche d’un sifflet, présentation des capitaines – donc Pierrot ! – et nous voilà sur les vestiges de la pelouse du coteau d’Idracville. Mine déconfite des visiteurs mais Pierre se voulut rassurant : "Ne vous en faites pas, comptez sur mon impartialité…C’est la Noël et je vous ferai des cadeaux…"

Des 80 minutes de ce dernier match de l’année, personne, s’il n’y avait eu le dénouement final, n’en aurait gardé le souvenir : le froid rendait les doigts gourds, le vieil ovale de cuir glissait comme un savon, Pierre ne maîtrisait guère la règle du hors-jeu ni celle de l’empilage, et rouges et bleus s’emmêlaient confusément, sans que les spécialistes puissent déceler le moindre fil conducteur. On allait ainsi de touches en mêlées et de mêlées en touches, chaque offensive à la main se traduisant par une perte de terrain chez les utilisateurs et chaque coup de pied garantissant un en-avant du réceptionneur ! Depuis longtemps les enfants avaient abandonné leurs postes d’observation pour organiser leur propre match dans l’en-but ; dans les tribunes, les conversations glissaient davantage sur les menus du réveillon que sur les exploits des lignes arrière en présence. A ce petit jeu, à ce non-jeu, les Muraillettois n’avaient pas oublié de convertir, par le pied de leur ouvreur, trois pénalités généreusement accordées par le référée du jour. Ces dernières n’avaient provoqué, côté visiteurs, que quelques timides protestations, car on savait bien que la désignation d’un juge de l’autre camp équivalait à un handicap d’au moins 9 points quelle que soit la volonté d’impartialité de l’homme au sifflet. Par contre, les Pyrénéens avaient marqué un essai par leur ailier droit échappant à son vis à vis, le numéro 11 inamovible de la B, le beau Titet. Celui-ci était le grand ami des deux frères dont il ne partageait pas, sans doute, le même régime alimentaire car, aux deux quintaux jumelés, contrastait un trentenaire svelte et élégant, une gravure de top model masculin tout en lignes fines. Parfois, des critiques acerbes longeaient la main-courante : "Pourquoi le font-ils jouer ? Il n’est bon qu’à courir derrière…les jupons !" Mais Pierre et Pierrot avaient des cœurs d’artichaut et restaient fidèles en amitié. De plus, secrètement, ils admiraient le Don Juanisme de leur ailier qui n’avait qu’à pénétrer dans une boîte de nuit pour mettre la gent féminine en émoi ! Par ailleurs, Titet avait souvent besoin d’eux pour calmer les velléités de rivaux jaloux. Vous comprenez donc qu’à l’instar de Caucaunibuca au SUA, le maillot onze était la propriété de Titet.

Revenons à notre score : 9-4 (en 1985, depuis 1973 et jusqu’en 1992, l’essai valait 4 points) à l’heure de jeu. C’est alors que les deux frères commencèrent, eux si unis, à se "chamailler" devant les 29 autres acteurs, Pierrot sollicitant Pierre afin qu’il arrête les débats : "N’oublie pas que tu dois faire le Père Noël au sapin des enfants ; il faut te doucher, te changer, etc…et puis la nuit tombe". L’autre heureux de son pouvoir du jour, ne voulait rien entendre tout fier de jouer du sifflet : "T’en fais pas, vous allez gagner !", se permettant même de pénaliser son consanguin parce qu’il avait écroulé une mêlée : "Pierre, tu m’as fait ça !" Stupeur de la maman qui ne les avait jamais vus se disputer en 35 ans de vie commune. L’optimisme de Pierre s’appuyait sur la qualité des missiles de son ouvreur, Letau, l’instituteur du village voisin, de gauche certes, mais son pied droit le rendait indispensable au rendement de l’équipe car il n’avait pas son pareil, quand celle-ci menait au score, pour expédier le ballon dans le versant abrupt de la colline, côté levant ! Le temps que l’adversaire aille le récupérer, les minutes s’égrenaient et la demie finale du challenge s’offrait aux locaux.

C’est alors que l’imprévisible survint : manière d’assurer le succès et de se réconcilier avec son frère, Pierre accorda une pénalité, 20 mètres face aux poteaux, au maître d’école. Quelques mots d’oiseaux s’échappèrent des lèvres visiteuses mais ils ne troublèrent pas la conscience du généreux donateur : la Muraillette tenait son succès ! Frappe lourde, bonne trajectoire et…le capitaine de la Marquise qui croyait encore au Père Noël, pensa bien voir passer dans le ciel d’Idracville comme un manteau rouge sur une luge tirée par des chiens : toujours est-il que le ballon dévié par on ne sait quelle force vint s’abattre sur un des poteaux verticaux avant de retomber devant la ligne de but. Le reste tint du surnaturel : réception du 15 qui bégaie le ballon vers l’avant, Pierre distrait laisse jouer, grand coup de pied de dégagement ; aux 50 mètres, bien campé sur sa ligne de touche, à deux pas de la modeste mais virulente tribune, Titet n’a, comme d’habitude, pas suivi le tir au but de son numéro 10 ; et voilà qu’un ballon tombé du ciel, le premier de la partie pour lui, pique du nez jusque dans ses mains fébriles : stupeur du public, réception impeccable du 11 local, la première de la saison ! De notre temps, au cri de la sirène, voluptueusement, Titet aurait dégagé le ballon tendrement vers la plus belle fille de l’assistance. Or, l’époque n’était pas encore aux sirènes et là, pris par on ne sait quelle frénésie de prouver enfin son talent, le plus beau gosse d’Idracville se lance dans une audacieuse contre-attaque, à un contre…quinze ; il parvient même d’un crochet inédit jusqu’alors à esquiver son vis à vis, évite un deuxième adversaire trop sûr de sa proie avant de s’empaler sur un féroce 3ème ligne, chasseur d’isards dans la vallée d’Aure : ballon jeté, ballon perdu, proie facile pour un centre rouge – et oui, il y a des centres rouges ! – Pierre et Pierrot, stupéfaits, ne peuvent que constater les dégâts : essai entre les poteaux et 9-8 au score, transformation sous les poteaux à venir.

On pensait que Pierrot et tous ses camarades…et même l’arbitre, jetteraient leur opprobre sur le malheureux ailier bleu mais Pierrot avait, depuis 20’, choisi le bouc émissaire : grosse colère contre son frère, "je t’avais bien dit qu’il fallait siffler la fin mais comme d’habitude, tu n’en fais qu’à ta tête !"

On crut bien, un instant, que les deux frères allaient se battre en public. La mère depuis la main courante avait beau s’égosiller : "Pierre, Pierrot, arrêtez, venez me voir…" ; Madame la secrétaire générale de la Muraillette se voyait, elle, devant la commission de discipline du Comité Armagnac-Bigorre pour agression d’arbitre, terrain suspendu, lourde amende, match perdu : Le club pourrait-il survivre à un tel cataclysme ?

Avec le recul, nous pensons que le Père Noël alluma alors une petite bougie dans le cerveau du malheureux Pierre. D’un pas assuré, il se dirigea vers le buteur de la Marquise qui préparait sa victoire, et d’une voix d’autant plus forte que l’énoncé était incroyable, il lui asséna : "Le temps est terminé ; le match est fini : vous ne pouvez pas tirer la transformation…" Et la colère de changer de camp et Pierre de se retrouver encerclé par les rouges…comme lors de ses cauchemars de …81, et les bleus de venir le protéger et Pierrot de passer de l’anathème à l’admiration : "Mon frère, c’est le plus fort !"

Et la discussion de s’éterniser et la menace de bagarre générale de s’amplifier. Retour du Père Noël et seconde bougie parmi les neurones du contestable arbitre : "C’est la Noël ; je vous donne une chance supplémentaire : la transformation, vous allez la taper mais …du bord de la touche. Où vous acceptez ou vous avez perdu !" Les montagnards se regroupèrent un temps et finalement, décidèrent de tenter le sort. Leur ouvreur fila, côté gauche, vers cette pente du Levant d’où les ballons ne revenaient que rarement car les gamins d’Idracville étaient dressés pour les escamoter. Il mit toute sa science dans le positionnement en Torpedo de l’ovale sur une grosse motte de terre, étudia longuement le vent en jetant par deux fois les derniers brins d’herbe du stade, soigna scrupuleusement la prise d’élan. On crut longtemps que la Muraillette avait perdu tant la trajectoire épousa la direction des poteaux mais cette fois-ci, Pierrot, dans le crépuscule naissant, aperçut le Père Noël lui faisant un clin d’œil. Au grand dam des Marquis, le coup passa très près mais à côté et le terrain d’être envahi et les bleus de communier avec leur public alors que, têtes basses, les rouges, colère aux lèvres, regagnaient les vestiaires.

Ce soir-là, Pierre ne voulut pas se transformer en Père Noël devant les enfants du club. L’épreuve l’avait épuisé et il confia la tâche à son frère : personne ne s’aperçut de la substitution. Par contre, quand le car du club de la Marquise fut sur le point de démarrer pour regagner les Pyrénées, un second Père Noël, physiquement semblable à une bouteille de gaz mais quand même habillé de rouge et portant la hotte traditionnelle, leur offrit le contenu de cette dernière : une Marie-Jeanne d’Armagnac – du hors d’âge – et une quinzaine de boîtes de foie gras de canard. "C’est du meilleur…pour vous consoler …et pour…m’excuser".

 
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