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La chronique d'Henry Broncan

La chronique d'Henry Broncan

Par Rugbyrama
Par Rugbyrama - Le 20/08/2009 à 09:34
Le directeur du rugby agenais Henry Broncan continue de nous conter ses pérégrinations estivales. Il revient, à travers notamment de nombreuses anecdotes, sur la campagne de matchs de préparation du SUA et des autres, et enfin analyse à sa manière la première journée de Top 14.
 

Jeudi 6 août

Après Tarbes, les toits d'ardoise sur la route de Bagnères ; les petits villages bien serrés autour des ruelles étroites se succèdent : Horgues puis Momères, St-Martin puis Arcizac, enfin l'arrivée à Visker ; juste après l'église, à gauche, la maison maternelle : les trois fils Cyriac, Tristan et Lou -deux avants pour un trois-quart auprès de la maman, encore plus unis que d'habitude autour du grand-père, lui, fort comme ceux de la montagne, sentiments tus et pourtant brûlants sous la croûte.

Les Pyrénées dans la brume : il fera beau demain...demain Bénac et la dernière course. J'aurais voulu leur raconter l'histoire des baguettes chinoises : une famille de la Chine de la faim et là aussi un père qui part trop tôt ; la mère regroupe ses enfants, prend une baguette dans ses mains et la casse puis groupe deux baguettes et les brise aussi...Enfin, elle rassemble plusieurs baguettes, un nombre équivalent à celui des gosses...Impossible de détruire ce bloc. Ce récit, tous mes anciens Auscitains le connaissent : un groupe solidaire est indestructible. En observant cette famille soudée autour de Monique, en me les remémorant présents au match du samedi soir pour soutenir Cyriac puis à celui du dimanche après-midi pour encourager les jumeaux, soit à Armandie, soit à Bayonne ou encore à Narbonne, j'ai compris l'inutilité d'en rajouter.

Vendredi 7 août

Trente Espoirs au Moulias pour pallier le forfait de Lannemezan au Trophée de Bigorre; Le FCAG de Grégory Patat et de Julien Sarraute déroule un rugby d'autant plus chatoyant que la seconde mi-temps des Espoirs agenais est désolante : pas de pressing défensif, pas de plaquage, pas de combat dans les rucks, pire, pas d'orgueil, l'irrespect par rapport au maillot "On ne marche pas sur un maillot"...65 à 5 au final...

Samedi 8 août

Trente Marmandais sur le coquet stade de Duras, au pied du plus beau château du Lot-et-Garonne; En face le SUA, sans Caucaunibuca, mais pas loin d'être au complet, en forme au lendemain de Brommat. Public bon enfant, jupes légères, t-shirt, short, bronzage de la Saint-Dominique...Côté Escouteloup, d'anciens Agenais, Jérôme Miquel en figure de proue, Adrien Pampouille de l'assurance en sus, Rambo Tavana, des kilos en plus mais la technique individuelle intacte...Côté Lanta, les nouveaux : N'nomo, la marche en avant sur tous les impacts, Spinggay rude comme un sujet de sa gracieuse Majesté, O'Sullivan âpre comme un flanker de la République d'Irlande ; derrière la puissance du raffut de Pelasasa et Daruda, une technique individuelle comme nous en comptons si peu dans notre pays; Nos juniors se mêlent sans complexe à la farandole : Dulin culotté, Lamoulie buste et course droits, Bales efficace, Dandréa solide comme son grand-père, l'ancien pilier de l'UAV, Fund comme son père, talonneur au SUA puis à l'USM.

57 à 0 au final mais les pensionnaires de la Fédérale 1 -reprise plus tardive, rythme insuffisant, infériorité physique – n'ont pas à rougir car ils ont donné beaucoup. Chez les vainqueurs, à noter la volonté jusqu'au-boutiste de garder la ligne inviolée : ça aussi, c'est respecter l'adversaire.

Dimanche 9 août

L'ami d'Orléans découvre la voie verte, à bicyclette et sous la pluie; A midi, deux canards mouillés jusqu'à l'os demandent l'autorisation de manger...pieds nus, vêtements trempés, au restaurant de la halte nautique de Lagruère; Bonne humeur des clients et du service, repas copieux, musée, l'endroit est particulièrement agréable.

Actuellement, lecture de "Les ombres du canal" d'Alain Paraillous, paru en 2002 aux Éditions Auberon. Tous les amoureux du Lot-et-Garonne connaissent. Pour les retardataires à la lecture (comme moi), je conseille : une bien belle histoire, remarquablement écrite, un peu triste aussi, à méditer. Quand je repartirai du Pont Canal pour le Mas d'Agenais, je penserai aux petits paysans de l'époque, la propriété amputée et divisée par le tracé, aux 18 années de travaux, aux milliers d'immigrés espagnols à la tâche, aux épidémies, mais aussi la fin de l'espérance d'une grande voie de transport difficilement achevée pour être aussitôt délaissée en raison de l'arrivée du chemin de fer.

Mercredi 12 août

Toujours nos Espoirs au casse-pipe. Cette fois, à Béziers, sur le stade de la Méditerranée, devant les ténors de l'ASBH qui doivent beaucoup à leurs anciens -les 11 titres – et à leurs supporters toujours fidèles malgré la descente en Fédérale 1. Aux commandes, le tandem Diego Minaro, le biterrois, et Jeff Beltram, le narbonnais. Dans l'entourage, Paco et Pratx : les talonneurs sont fidèles. La plupart des joueurs de l'an passé sont restés fidèles pour composer un pack qui ne manquera pas d'expérience : Pedesseau, Mac Kenzie, Laussucq, Petre, Martin, Dieudé...Revu avec plaisir mon ancien buteur J.B Dambielle bien décidé à rattraper le temps perdu mais la perle de la formation sera le minuscule mais talentueux demi de mêlée Terry Bouharoua venu du Stade Français, sans doute pénalisé par son apparence mais dont on peut se demander comment les clubs Pro ne se sont pas intéressés à cette pile électrique...à moins que Terry, forte personnalité, n'ait choisi la première place à la Méditerranée plutôt que la deuxième ou la troisième à Jean Bouin, Colombes, Deflandre ou...Armandie. Pourtant, en observant la 1ère journée du TOP 14, je suis persuadé qu'il y aurait de la place pour le "pitchounet". Devant des joueurs de ce niveau, les petits Agenais n'oublient pas la leçon d'Auch. Sous les yeux de Christian Lanta et de Christophe Deylaud, ils ne lâchent pas , cette fois-ci, les mollets héraultais. Derrière le tailleur de pierre de Gazaupouy, l'inoxydable Yannick Pitton, ils contestent les années, les centimètres, et les kilos des biterrois. Score sévère 33-3 mais le trio Jean-Jacques Crenca, François Gelez et Mathieu Barrau saluera la vaillance retrouvée.

A la fin du match les vainqueurs iront saluer la tribune Sud : 3000 supporters debout, scandant "Béziers, Béziers … ", vont les acclamer ; Un de mes petits : "…On dirait qu'ils sont Champions de France !", l'ASBH ne peut pas mourir !

Vendredi 14 août

Petite déception devant la faible affluence bergeracoise pour accueillir le SUA et le Stade Aurillacois. Le stade de Piquecailloux a toujours un standing de la Nationale d'antan : larges vestiaires, sièges baquets, tendre pelouse…C'est un match agréable et sérieux que vont nous offrir une soixantaine de participants. On sent incontestablement une puissance de jeu supérieure côté SUA qui récupère Caucau et Fonua mais les Cantalous conservent toujours les ambitions de jeu chères au "vieux" Michel Peuchlestrade. Nos jeunes, les centres Pètre et Lamoulie, l'arrière Guitoune, sans complexe, déchirent plusieurs fois le rideau rouge. Deux ou trois fautes de main empêchent une différence plus large : 24-17 au final.

Retour par Issigeac et Villeréal –bastides magnifiques – et repas aux Marronniers, chez les parents de notre ouvreur champion de France Crabos. Le Rejalot délie les langues et j'écoute le récit d'un terrible Castillonnès-Aiguillon des années 80, un match retour plutôt saignant, préparé mentalement dans une bétaillère ! Heureusement, le P.A avait délégué son meilleur arbitre de l'époque, Daniel Salles, sinon il n'y aurait eu qu'un pas entre la bétaillère et ….la boucherie !

Samedi 15 août

Mathieu a repris hier au soir, à Mayol, avec le Stade français. Pas une faute de main, pas un ballon perdu, des plaquages offensifs. C'est bien de l'avoir remis sur le pré car c'est là son domaine et c'est là qu'il guérira…Que de chandelles dans la nuit toulonnaise !

Sapiac a longtemps chanté avant que ses protégés ne soient crucifiés par la transformation d'Elissalde. Pourtant les compagnons de Clarkin –quel beau joueur ! Quel beau capitaine ! – méritaient d'obtenir ce succès qui leur échappe depuis 1985 mais les grandes équipes sont impitoyables…Sans la victoire, je crois que Guy Novès aurait étranglé Swanopoel !

Dans le Tarn, malgré Lapeyre survolté et Pages indestructible, Albi s'incline sans avoir démérité. Saison à prévoir difficile, ça, Béchu le sait, mais les fils de cathares ne sont pas du genre à se décourager. A se décourager ? mes amis Catinot et Pemeja, un paquet de licences bloquées, ont beaucoup de mérite : l'hiver sera rude dans l'Isère.

Décevant BO. Vivement que les restes des fêtes de Mont-de-Marsan, Dax et Bayonne soient éliminés ; Bayonne avec ses anciens auscitains Tewhata, Laffite, Bernad et les anciens agenais Elhorga, Inigo, Tiatia, ont manqué l'occasion de s'imposer chez les champions de France où Benoît Bourrust a beaucoup transpiré. Des points perdus qui peuvent peser lourd au décompte final !

Parmi mes plaisirs de cette première journée, le bonheur de trouver pas mal de jeunes français sur les terrains de l'élite : Fall et Lagain à Bayonne, Battle, Guiry et Geli à l'Usap, Palis et Poujol à Albi, Chavancy et Lorée au Métro-Racing, Romanet à Bourgoin, Fofana, Lapandry à l'ASM, Couet-Lannes, Lesgourgues, Guyot au BO, Foucras au CO, Raine, Dibel, Slimani, Camara au Stade français et Rémi Lamerat au Stade toulousain, même si certains d'entre eux n'ont joué que quelques minutes !

 
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