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La chronique d'Henry Broncan (2)

La chronique d'Henry Broncan (2)

Par Rugbyrama
Par Rugbyrama - Le 06/08/2009 à 16:42
Le directeur du rugby agenais Henry Broncan continue de nous conter ses pérégrinations estivales. Dans la deuxième partie de sa chronique hebdomadaire, il nous mène à Samatan, dans son Gers qui lui manquait. Puis il nous donne son sentiment sur le deuxième match amical de Montauban.

Lundi 27 juillet

La France est rassurée par l'Etat de santé du Président. Texto d'un pince sans rire : "Il ne passera jamais l'arme à gauche..." Ils sont si nombreux à l'avoir passée à droite.

Retour sur Samatan après quelques années d'errance un peu comme l'Italien de Reggiani : la ville s'est développée sur la colline d'En-Sahuqué et sur la route de l'Esquiron. De ce côté, face aux Pyrénées, c'est à la villa la plus belle ! Comme tous les lundis, le marché draine sa clientèle habituelle gonflée par le lot des vacanciers. Jamais la cité ne m'a parue aussi florissante et c'est maintenant que le L.S.C, ce club admirable parce qu'il est impossible d'être plus formateur que lui, refuse la montée en Fédérale 1, montée gagnée brillamment sur le terrain par un groupe de joueurs entièrement du cru ! Motif avancé : les finances n'auraient pas pu supporter le choc. Motif sous-jacent : les joueurs préfèreraient dominer la Fédérale 2 que souffrir au niveau supérieur ! Comment René si fier des ses petits "rouges" a-t-il pu laisser prendre une telle décision ? Samatan serait-elle devenue une cité bourgeoise ?

Mardi 28 juillet

Comment ai-je pu rester près d'un mois sans le Gers ? Faut-il que Gruissan soit attirante ! Pourtant aujourd'hui, j'ai besoin de retrouver mes repères, mes points d'ancrage. D'abord en passant par Saramon et Simorre – majestueuse église fortifiée – rendez-vous au Mémorial du Maquis de Meilhan. De la cérémonie traditionnelle – la 65ème ! – du premier dimanche de juillet, subsiste le bel ordonnancement. Le site qui appartient au Conseil Général est impeccablement entretenu : nouveau portail, allée de roses, nouvelle plaque instructive pour le visiteur, partie gauche en français, la droite en anglais. Pourquoi pas en allemand ? Le récit actuel est moins romancé que le précédent et bien plus près de la vérité ; les assaillants ne sont plus 2500, n'appartiennent plus à la Das Reich et il n'est plus question de lourdes pertes dans leurs rangs : un mort ? Les 75 stèles blanches pour 76 morts : 72 maquisards et 4 otages ont reçu, chacune, un oeillet maintenant desséché. Certaines sont agrémentées de bouquets ou de pots de fleurs déposés par les familles ; d'autres restent dans l'oubli et, bien sûr, parmi elles, celles – une dizaine – qui porteront toujours la mention "Inconnu". A l'extrême droite, la plus fleurie est celle d'Armand Lousteau, ce rugbyman du FCA dont le stade de Miélan porte le nom. Il est tombé un peu plus bas, le long de la Sève. En descendant la colline, je croise deux familles de visiteurs, des quadragénaires avec leurs jeunes enfants. Heureux de constater que le souvenir est entretenu.

Par Castelnau-Barbarens, je rejoins la Préfecture. Après la dernière côte de Pessan, la "grande dame blanche" si altière, au chevet si élégant, comme la plus belle des estivantes, expose son dos au soleil. Passage obligé par le rond-point de la Patte d'oie, centre de la ville basse et celui de la Place de la Libération, sans doute les deux derniers ronds-points de France où la priorité reste à droite au grand dam des touristes surtout les 75 et la série des 90, qui se font abondamment tancer par les locaux, heureux de les prendre à la faute. Sur le parvis, ma pensée retrouve immanquablement les récits de Jacques Fouroux, le "pitchoun" des Pousterles, qui avait transposé là à la fois Mathalin et le Moulias. Son rêve de gosse : entre deux parties de toucher et même à plaquer, genoux couronnés par les pavés, taper un drop entre les tours de la cathédrale.

Autre souvenir : quand le LSC rejoignait le FCA et que les feux se ravivaient entre la Save et le Gers, Jacques, l'Auscitain, servait son argument massue : "Vous pouvez toujours chercher à rivaliser mais la cathédrale sera toujours chez nous."

Midi sonne au clocher de St-Michel quand j'atteins le chêne de Theux. Le printemps et juillet ont remis le multi centenaire des attaques terribles de Klaus. Il y a quelques jours, une journaliste de Sud-Ouest, auparavant chroniqueuse du FCAG avant de rejoindre incompréhensiblement – elle avait une sensibilité rugby particulière mais je l'appréciais beaucoup - la rubrique des faits divers, me sollicite pour lui donner quelques détails sur le chêne : "Je veux donner quelques idées de lieux de pique-nique pour les touristes". J'ai senti mon sang tourner : "Tu ne vas quand même pas nous envoyer des Parisiens avec leurs sacs à provisions sortis des fast-food polluer notre site : notre chêne, en été, c'est pour la sieste des Gersois !"

Mercredi 29 juillet

La Coupe du Monde au Japon en 2019 avec semble–t-il des matchs à Singapour et à Hong-Kong. Enfin une bonne nouvelle pour le développement du rugby.

Jeudi 30 juillet

Retour sur Agen et, sur la route, arrêt à Fleurance, chez l'ami Pierre. Sur les prières de Georges, Elie a rejoint l'ASF et le voilà responsable du sponsoring. Les fiches sont prêtes, les rendez-vous sont pris. Comment ont-ils pu le laisser partir, lui qui s'est tant battu pour le sauvetage du club ? L'ambiance est aux rires et la venue de trois Espoirs d'Agen fortifie l'ambition. Le trésorier lucide regrette les absences, dans la poule, du LSC, de l'Isle-Jourdain, et de Gimont. Le 21 août, ils viendront faire le lever de rideau du SUA-Saracens.

Vendredi 31 juillet

Les joueurs du SUA partis en stage à Brommat, dans le Nord Aveyron, reviennent cet après-midi. Caucau qui a un peu forci fait l'objet de toutes les attentions d'Alex avec les entraînements quotidiens. Les nouveaux font bonne impression. Comme à Fleurance, l'heure est à l'optimisme.

Ce soir, je retrouve l'U.S.Montauban, à Castelsarrasin, pour un affrontement d'une autre envergure que la semaine passée puisque l'adversaire n'est autre que le C.A.Brive du trio Seigne, Laussucq, Mola, un des ambitieux du Top 14. Stade archi-plein : les supporters sapiacais sont venus en voisins donc très nombreux mais des corréziens sont là aussi alors que la cohorte des touristes amoureux de l'ovale est venue chercher des parfums de réouverture. Là aussi, trois mi-temps de 30 minutes mais sans Cers et toujours plus d'une trentaine de joueurs dans chaque effectif. Sur la première période, l'USM attaque le match avec l'enthousiasme de Port-la-Nouvelle et domine nettement des Brivistes complètement amorphes. Pascal Idieder et Arnaud Méla n'apprécient guère les matchs de juillet. Même Vosloo, le soleil couchant dans les yeux, n'a pas son rendement habituel. Heureusement, Claassen se multiplie et Estebanez confirme le potentiel révélé la saison passée, voilà un sacré client que l'approche de la trentaine voit éclore ; la preuve que, par le travail, on peut devenir un excellent joueur... sur le tard ! Côté Verts, Julien Laharrague, replacé à l'arrière, relance et traverse, un peu gourmand parfois mais avec l'envie d'un junior ! Antoine Battut a vraiment pris des ailes : Caballero et Diarra partis, le voilà bien leader des flankers ; s'il ne s'épuise pas dans quelques courses trop généreuses et donc vaines, l'ex-Auscitain comptera cette saison parmi les meilleurs spécialistes du Top 14. J'aime beaucoup Sa, en progrès en mêlée, et Mach, bon lanceur, ainsi que Clarkin, Monsieur Clair. Sur la première mi-temps, la photo est largement en faveur des Montalbanais, plus soudés, meilleurs en conquête et plus ambitieux. Avec les changements du tiers-temps, le temps se gâte pour les Tarn-et-Garonnais. Pourtant Sazy confirme en touche mais en face, les centres anglophones gagnent la guerre des gens debout ; le petit Pic, Carabignac bis, emballe, Orqueira s'éveille et le CAB repasse devant. Devant moi, quelques supporters sapiacais s'inquiètent : "Nous n'aurons pas de doublure à ce niveau... Il faut trouver deux équipes derrière nous !" Les inquiétudes de ceux qui aiment parfois trop, parfois mal, mais qui aimeront toujours l'USM.

Troisième période dans la tempête. Deux vilaines bagarres générales comme au bon vieux temps, et un final un peu fou, un peu trop arbitral aussi avec deux rouges, l'un mérité, l'autre attribué au hasard, plus trois renvois agrémentés d'autant de pénalités : l'USM mène, renvoi pour le CAB et pénalité pour la Corrèze qui passe devant. Renvoi USM et processus inverse : Tarn et Garonne en tête. 89e : renvoi Corrèze et logique identique : Seigne "cardine". Plus que 30 secondes à jouer : Lespinas renvoie haut. Antoine récupère, franchit, on attend la quatrième pénalité consécutive mais le sifflet renvoie tout le monde aux vestiaires. Ce sport n'appartient-il pas trop aux sifflets ?

Samedi 1er août

Le calvaire des "Noirs" se poursuit. Graham Henry croyait être rassuré sur la mêlée mais pour le moment le jeune droitier Owens n'est encore qu'un excellent joker : 80 minutes, c'est encore trop lourd. Les Boks sont trop costauds, font trop mal, sont plus rapides même si leur jeu : conquête impeccable, rucks sauvages et up and under millimétrés suffisent à les rendre maîtres du monde. Les Australiens sauront-ils les contester ?