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Lomu : "Le match de la semaine"

Notre expert Jonah Lomu revient sur les trois matchs de samedi, et particulièrement sur l'époustouflant Afrique du Sud-Tonga.

 
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Ce samedi s'annonçait comme une grande journée de rugby, avec un fantastique programme. Avant de regarder le match, je pensais que l'Afrique du Sud gagnerait facilement, que les Tonga livreraient une grosse bataille et que ce serait l'une des rencontres les plus physiques de la compétition. Parti de Paris, j'étais à Londres, attendant ma correspondance pour Edimbourg, quand j'ai su que le score était de 7-3 à la mi-temps. J'ai dû regarder une deuxième fois l'écran de télévision pour y croire, mais à en juger sur les cinq premières minutes de la deuxième mi-temps, j'ai compris pourquoi le score était si serré. Si l'IRB pense encore à réduire à seize le nombre d'équipes participantes à la prochaines Coupe du monde, il faut qu'il prenne en compte des matchs comme celui-là avant de se prononcer.

La décision de Jake White de faire entrer tout son banc en cinq minutes pendant la deuxième mi-temps prouve le niveau des Tonguiens et le fait qu'il avait complètement sous-estimé leurs capacités à rivaliser. Avec tous ces joueurs de qualité sur la touche, l'Afrique du Sud a dû batailler pour s'imposer. C'est seulement quand le banc est entré sur la pelouse qu'elle a commencé à prendre les intervalles et à donner une tournure à son jeu. La sortie de Danie Rossouw a paru très inquiétante et je lui souhaite un rétablissement rapide.

Bien qu'ils aient été un peu titillés par ces changements, les Tonga ont vite retrouvé leur rythme et compris qu'ils devaient pénétrer dans la ligne de défense sud-africaine pour créer les brèches qui permettent d'inscrire des essais. Quelle vision de jeu de la part de Pierre Hola, quand il a été à l'origine de ce superbe essai des Tonga en tapant cette passe au pied en coin. Sa pénalité a gardé les Tonguiens dans la course et ses coéquipiers dans le match. Les malheureuses sorties de deux joueurs sur carton - un de chaque côté - rapidement suivies de celle de Bryan Habana ont donné aux Tonguiens des occasions d'inscrire un autre essai. Alors qu'il restait moins de deux minutes, ils avaient la main sur le ballon et lançaient une nouvelle attaque avec Pierre Hola qui tapait dans le dos de la défense sud-africaine pour son ailier. Malheureusement, le ballon a fini en touche à deux mètres de la ligne d'en-but et il ne restait plus que vingt secondes avant le coup de sifflet final. 30-25.

Quand deux équipes jouent un match aussi physique, ça illumine la Coupe du monde.C'était un superbe match à voir, une nouvelle démonstration de la croissance et du développement des plus petites nations, comme les Tonga, la Géorgie ou les Samoa pour ne citer qu'eux.

Le deuxième match de la journée était Angleterre-Samoa, dont je pensais que ce serait une rencontre très âpre, avec une vraie possibilité de victoire pour les Samoans. Les Anglais ont débuté de la meilleure des façons, inscrivant rapidement un essai et le transformant pour mener de sept points. Ils ont lutté pour obtenir cet essai après une charge des avants, mais ont quand même eu les cinq points. Ils ont dû passer par de nombreux temps de jeu pour inscrire leur deuxième essai, la défense samoane était très efficace mais un joli coup de pied de Wilkinson a permis à l'ailier droit, Paul Sackey, de marquer. C'était bien de voir Jonny Wilkinson retrouver son état de forme.

Les Samoans ont démarré très fort en seconde mi-temps avec Loki Crichton qui inscrivait trois points au tableau d'affichage après une pénalité concédée par Jonny Wilkinson. A la 46e, une série de passes assez rapide et un beau coup de pied à suivre de Schwalger était conclu magnifiquement par mon ami, Junior Polu avec qui j'ai joué à North Harbour. Les Samoans étaient de nouveau dans le match et comptaient seulement quatre points de retard. Ils y restèrent jusqu'au dernier quart d'heure. L'Angleterre a fini très fort, terminant sur un score de 44-22. Je trouve qu'il est injuste et qu'il ne reflète pas la physionomie du match. Les Samoans devraient être très fiers du rugby qu'ils ont joué.

Je ne m'attendais pas à un tel résultat pour le match Argentine-Namibie. Je pensais que l'Argentine marquerait plus de soixante points mais je croyais vraiment que la Namibie pourrait inscrire plus de trois points. Les Pumas méritent définitivement leur quatrième rang mondial après ce match très solide. Ils n'ont pas cessé de s'améliorer ces quatre dernières années. Ils sont très bons sur les fondamentaux et c'est essentiel pour gagner des matchs. Ils possèdent une énorme défense et restent la seule nation à n'avoir pris aucun essai depuis le début de la compétition. Leur ligne d'arrières peut être extraordinaire balle à main. Avec Pichot, Contepomi, Hernandez, Corleto ou Todeschini, ils créent le danger partout. Je pense que l'explication de leurs progrès tient dans le fait qu'ils jouent en Europe la majeure partie de leur carrière, et qu'ils y acquièrent de l'expérience. Mais en même temps, les Argentins ont réussi de belles choses avec des jeunes joueurs pendant cette Coupe du monde, faisant ainsi grandir, et leur équipe, et leur expérience pour le futur. Cela les rendra encore plus forts pour la prochaine Coupe du monde et là, ils ont de très bonnes chances pour les quarts.

La semaine prochaine, ils vont jouer contre l'Irlande. Ce sera un match très dur pour les Irlandais. Il est temps pour eux d'élever leur niveau de jeu mais les Argentins seront largement favoris. Ils se sont très bien préparés pour ce match crucial à Paris et joueront pour le gagner. S'ils y parviennent, la France rencontrera les All Blacks à Cardiff. Ce qui prouve que rien n'est jamais acquis dans le rugby.

J'ai aimé : Voir une équipe comme les Tonguiens tenir tête aux Sud-Africains et les voir réellement rivaliser pour ce qui aurait pu être une des grosses surprises de la compétition. Je suis fier d'eux et je sais qu'en Nouvelle-Zélande, ma mère était scotchée à sa télé en espérant qu'ils gagnent.

Ce que je n'ai pas aimé : Les Tonguiens à deux doigts d'accrocher l'Afrique du Sud en démontrant de fantastiques qualités et une compétitivité contre l'une des meilleures équipes du Tournoi.

 - Eurosport
 
 
 
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