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La chronique de H. Broncan

La chronique de H. Broncan

Par Rugbyrama
Par Rugbyrama - Le 06/12/2007 à 16:37
Comme chaque semaine, retrouvez "les pas perdus d'un coach", la chronique d'Henry Broncan, l'entraîneur du SU Agen.
 

Samedi 1er décembre

Nous avons prévu de nous arrêter à Roquefort des Landes pour le réveil musculaire ; il pleut des cordes sur les pins ; pas de gymnase en vue et pas de correspondant local disponible au téléphone ; le car poursuit sa route ; dans l'après-midi, j'apprends que l'école de rugby se faisait une joie de nous accueillir. C'est un rendez-vous que j'ignorais : si je l'avais su, nous aurions fait un détour pour rencontrer les enfants. Je les prie de nous excuser pour ce grave manquement.

Manquement ! Ce ne sera que le premier de la journée ; le second aura lieu en soirée devant les vaillants Montois au pack galvanisé par Jérôme Dhien et bien mis dans le sens de la marche par le pied et la lucidité de Bénat ; le petit ailier droit formé à Lectoure - je me souviens bien de lui lors d'une sélection minimes à Auch - ridiculise la vedette Fidjienne dans le couloir des cinq mètres. Nos avants perdent la bataille du sol : aucune combativité, aucun orgueil, l'encéphalogramme plat, un Narbonne bis !

Pierre-Henry m'appelle : la vaillance auscitaine, avec une stratégie simpliste mais efficace, en conformité avec les conditions météorologiques, a mis à la raison les favoris montalbanais. Je le sens rassuré : deux matchs en bouclier européen vont permettre d'asseoir les bases. C'est à Parme qu'il va se rendre, le week-end prochain ; si j'osais, je lui conseillerais de mettre Tao Tapasu au repos : le dernier voyage au pays du Parmesan du black d'Auch ne s'était pas très bien passé !

Dimanche 2 décembre 

Je pars, à 8 heures du matin, avec les Espoirs, direction Bayonne, en fait Mouguerre. C'est la première fois que je mets les pieds sur ce terrain de banlieue calée contre une ligne de chemin de fer. Son équipe I est partie pour Monfort en Chalosse mais des dirigeants sont restés pour organiser la rencontre : ils me parlent avec amour de leur club, racontent les sacrifices consentis, leurs moments d'inquiétude quant à l'avenir, mais je sais qu'ils seront là pour longtemps. Ils ne cesseront de communiquer avec les leurs pour connaître l'évolution du score... Montfort, le pays dont André Boniface n'oublie jamais de nous parler !

Avant le coup d'envoi, arrivée de JPE, les traits un peu fatigués, mais relativement satisfait par le bonus défensif de la veille. JFB nous rejoint peu après : pour les deux, le jeu au pied sans discernement, à l'emporte-pièce, est responsable, en partie, de la défaite. Actuellement, il semble qu'on reconsidère cette forme du jeu, dans nos écoles du rugby. Il est temps : la venue d'Hernandez dans notre championnat après celle de Dominguez, nous sensibilise enfin, à ce domaine incontournable ; le moyen le plus sûr de faire douter le premier rideau défensif.

C'est un match agréable que nous offrent les Espoirs de l'Aviron et du SUA. La stratégie locale énerve mon voisin qui s'en prend d'abord aux 3 mamans agenaises venues encourager leurs progénitures ; l'arbitre et les juges de touche s'attirent la suite des foudres ; le final rocambolesque avec une incroyable victoire des visiteurs le fait se déchainer contre ses Basques : quelle passion ! Chez nous, les chants fusent : c'est le premier vestiaire heureux que je rencontre sous le maillot du SUA depuis le début de la saison !

Trois heures pour rentrer mais c'est toujours plus court quand on a gagné ! Les nouvelles des autres équipes nous parviennent : Crabos vainqueurs, Reichels et Cadets battus. Dans le Gers, le LSC et l'USL poursuivent leur cavalcade : vivement, le 13 janvier, à Fernand-Lapalu pour le titre de Champion de la Save en jeu ! Mes voisins des Aréous vont certainement chercher à empêcher l'ouvreur de l'USL, souvent sous mon toit, de jouer à son niveau... à moins que ce dernier ne vienne buter à Armandie : je vois d'ici le Président Cettolo s'étouffer !

Lundi 3 décembre

Repas du Président à la Table d'Armandie. AT veut positiver, relancer la confiance. Il se rapproche des joueurs. C'est bien. De mon côté, j'ai une longue entrevue avec mon jeune capitaine ; la maturité que j'avais déjà décelée me surprend quand même : quelle lucidité sur nos difficultés actuelles ! Quelle volonté pour infléchir le cours des évènements ! Dans son discours, JM affirme sa foi dans les anciens du club : "je m'entends très bien avec eux... je te rassure, ils vont tout donner !"

Dans l'après-midi je rencontre trois autres joueurs du Centre de Formation : "nous voulons jouer à Agen, l'année prochaine" . Je pense à Guitoune : "la jeunesse avec raisons exige qu'on exige".

La vedette Fidjienne se plaint du mollet. Le préparateur physique me rejoint : "Henry, j'en peux plus !" Quelle dépense d'énergie ! Pour quel résultat ? En soirée, la mauvaise nouvelle tombe : "FG doit se faire opérer du ménisque, cette semaine". Devant mes yeux, des bulletins d'informations de l'Amicale des Anciens Gueilleros Espagnols en France. Parmi eux, celui de juin 2007 avec un portrait de Lucie Aubrac "Résister doit toujours se conjuguer au présent" avait-elle répété peu de temps avant sa mort. Quel formidable rugbyman elle aurait fait !

Mardi 4 décembre

En plus, il pleut ! Eric Gleize, l'éducateur ancien ailier du Sporting m'invite, le 16 décembre, au repas d'avant-match d'Aiguillon-Pont du Casse. Il me tarde de me retrouver dans la chaleur et l'amitié des séries régionales.

Plusieurs joueurs reviennent plutôt fatigués de la Nuit du Rugby organisée par la Ligue. Le FCAG a obtenu deux oscars : celui du meilleur club de PRO D2 pour 2006-2007 et celui du meilleur joueur de D2 avec la consécration d'Antony Lagardère. Ce dernier a un peu de mal à s'imposer à Castres, barré à l'ouverture par le néo-zélandais Mac Intyre ; c'est à l'arrière qu'il a évolué récemment contre Perpignan. C'est pourtant un formidable winner : je me souviens des deux succès qu'ils nous avaient fait obtenir, après la sirène, contre Limoges et à Mont-de-Marsan.

J'ai des nouvelles également de Franck Montanella : contre Dax, il m'a paru un peu trop enveloppé mais rassurant en mêlée. Quand je vois dans ce domaine les performances d'Auch et de Dax, je maintiens mes affirmations : la D2 est une belle école de la mêlée !

Mercredi 5 décembre

Il faut précipiter les deux entrainements de la journée : mes joueurs doivent répéter pour la présentation de mode de la soirée qui a lieu au Parc des Expositions d'Agen. Je n'ai pas été sélectionné comme mannequin : je me demande encore pourquoi !

 
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