Marc Delpoux va s'éloigner du monde du rugby - Icon Sport

Marc Delpoux: "J'ai mis ma carrière en sommeil"

Delpoux: "J'ai mis ma carrière en sommeil"
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Dernière mise à jour Le 19/09/2014 à 14:25 - Publié le 19/09/2014 à 14:25
Par Sébastien Liebaut - Le 19/09/2014 à 14:25

Marc Delpoux, ancien manager de l'UBB et de Perpignan, licencié de son club de cœur à la fin de saison dernière avec qui il a porté le maillot et le brassard de capitaine dans les années 90, a pris un nouveau virage dans sa vie professionnelle. Ce dernier est revenu sur la fin de son aventure à l'Usap et s'est confié sur ces nouvelles fonctions.

Marc, comment occupez-vous votre temps depuis votre départ de l'Usap et la prise de vos nouvelles fonctions à la mairie de Narbonne ?

Marc DELPOUX: J'ai officiellement quitté l'Usap mardi 16 septembre, ce que l'on appelle une prise d'acte de rupture de contrat. Puis je suis rentré comme Chargé de mission auprès du cabinet de Monsieur le Maire de Narbonne (Didier Mouly) pour piloter et développer le tourisme d'affaires et le sport de haut niveau.

Pensez-vous que si l'Usap s'était maintenue en Top 14, vous seriez toujours à la tête de la direction sportive ?

M.D: Je ne pense pas. Pour la simple et bonne raison que j'avais lu dans la presse que lorsque nous avons fais le match à Barcelone, il y avait déjà le nom du successeur évoqué ce qui signifie que les choses étaient déjà bien calées avant la descente. Comme j'ai pu également lire les propos d'Alain Hyardet disant qu'il était présent à Barcelone pour prendre des notes et faire un courrier sur ce qui allait et ce qui n'allait pas. Mais cela fait partie du jeu. Je ne suis ni dans le reproche ni dans l'affectif. Pour être franc dans ma réponse, ce n'est pas la descente qui a forcé les dirigeants de l'Usap à prendre cette décision.

Au regard de l'effectif et vu le système de jeu que vous aviez mis en place à l'Usap, qui avait fait ses preuves à l'UBB auparavant, personne n'aurait imaginé le club de Perpignan en Pro D2: avec le recul, à quoi est-ce dû selon vous ?

M.D: Sur cette descente, chacun a ses explications et c'est ce que j'ai dis au Président Rivière. Cela ne sert à rien que je déballe les raisons de notre échec. Chacun va avancer ses pions et chacun va se défendre. Je n'ai envie d'accuser personne mais juste envie de dire qu'il y a eu des erreurs commises de la part du sportif et beaucoup de malchance.

Beaucoup de malchance avec ces cascades de blessures (Lopez, Guitoune, Strokosch notamment) vous incitant à faire évoluer des joueurs sur des postes différents des leurs mais aussi des joueurs sanctionnés avec leur sélection nationale et donc suspendus pour le club. Et puis le cas de Cazenave victime là encore d'un grave accident de la vie... Tout cela amenuise fortement les chances de pouvoir se maintenir en Top 14 ?  

M.D: Ce n'est pas leurs fautes loin de là et Dieu sait si le club a été reconnaissant envers eux. Il y a eu tellement de problématiques, et certains facteurs que l'on ne maitrise pas, que tout cela nous a rendu la saison très difficile. Sans oublier évidemment des matchs que n'aurions jamais du perdre à commencer par le Stade français à domicile dans un championnat le plus compliqué de l'histoire du Top 14. Tout cela a eu un effet boule de neige mais dans le mauvais sens nous concernant et nous n'avons pas su sortir de cette spirale.

" J'aurai aimé une autre fin mais... les prud'hommes, c'est une conciliation"

Vous qui êtes un enfant de la région, ancien joueur et capitaine de Perpignan, qu'est-ce qui vous déçoit le plus: la descente, d'avoir été démis de vos fonctions ou de finir aux prud'hommes ?

M.D: Je dirais les trois ! Comme on dit souvent, c'est une fois que l'on est malade que l'on s'aperçoit que la santé est importante. J'ai eu la chance pendant mes dix années d'entraineur, de connaitre des succès et d'atteindre les objectifs qui m'avaient été fixés. Que ce soit à Narbonne, en Italie où j'ai été champion, à Bordeaux où il a fallu monter en Top 14 et nous y sommes parvenus... En revenant à l'Usap, il fallait remettre le club en H Cup et on a aussi réussi le challenge. Les raisons, on a essayé de les évoquer mais je n'ai pas envie de dire c'est la faute d'un tel ou d'un tel. La faute revient à l'ensemble du club qui n'a pas su prendre les bonnes décisions et bien évidemment, je m'y inclus. Mais le plus dur reste tout de même la descente de l'Usap car pour ce qui ne le savent pas, j'ai quand même jouer quatre saisons à Perpignan, j'en ai été le capitaine donc c'est forcément quelque chose que je vis très mal comme le fait que l'on nous ait pas fait confiance. Après, il devait certainement y avoir d'autres solutions mais cela fait partie du sport de haut niveau. Concernant les prud'hommes, c'est dommageable. J'aurai aimé une autre fin mais... les prud'hommes, c'est une conciliation.

Quelles sont vos nouvelles prérogatives à la mairie de Narbonne ?

M.D: Comme je le disais précédemment, je suis Chargé de mission auprès du cabinet de Monsieur le Maire pour piloter et développer le tourisme d'affaires et le sport de haut niveau. On a lancé tout une programmation avec en tête de gondole, une salle multimodale qui est en projet sur lequel je travaille depuis trois jours avec une capacité de 2500 à 3000 places. Mais je n'ai pas trop envie de rentrer dans les détails car rien n'est officiellement signé. Par ailleurs, la ville de Narbonne est candidate parmi les soixante six villes sélectionnées pour l'accueil d'une équipe nationale lors de l'Euro 2016. Je mène aussi un projet en relation avec le comité du Languedoc sur la réception d'un match féminin du Tournoi des Six Nations. Je suis donc chargé de piloter l'ensemble de ces dossiers sur la durée du mandat du Maire. Mais que les choses soient claires concernant mon rôle à la mairie: ce n'est pas que m'occuper du sport à Narbonne car je ne suis ni Adjoint aux Sports ni Directeur des Sports. Je suis présent pour faciliter toutes les manifestations sportives de haut niveau qui pourraient s'effectuer à Narbonne.

Marc Delpoux, lors d'un entraînement à Perpignan (2013)
Marc Delpoux, lors d'un entraînement à Perpignan (2013) - Icon Sport

La suite de votre bcarrière se situe t-elle dans le survêtement d'un entraineur professionnel de rugby ou dans un costume d'homme politique ?

M.D: J'ai mis ma carrière en sommeil pour partir sur un métier complètement différent. Cependant, je ne suis pas un politique car je ne suis pas élu. J'ai toujours eu dans ma vie des cycles de dix sur des travaux différents: restaurateur, tenu d'un commerce, entraineur...et aujourd'hui, j'espère faire mes dix dernières années sur ce poste-là. C'est vraiment un virage à 180°.

Etes vous en train de nous faire comprendre que vous stoppez votre carrière de Manager-Entraineur ?

M.D: On ne sait pas ce que nous réserve la vie ni de quoi elle est faite ! Comme je ne sais pas ce que Monsieur le Maire me proposera dans le futur. Aujourd'hui, les choses sont de moins en moins faciles. Et je n'ai pas pour habitude de mélanger différentes fonctions. Je me concentre sur un poste, sur une mission bien précise.

" L'équipe de France ne devrait être constituée que de joueurs issus de la formation française"

L'équipe de France, à l'approche des tests-matchs, est au cœur de l'actualité notamment sur ce groupe des 74 et sur la liste des étrangers qui pourraient être sélectionnable sous le maillot bleu: quel est votre point de vue à ces sujets?

M.D: J'écoute trop de mecs que je trouve insupportable sur ce genre de sujets. Je respecte trop les entraineurs de l'équipe de France et je n'ai été qu'entraineur de Top 14. Je n'ai pas la prétention de donner un avis. Je sais que ces mecs bossent et que ce n'est pas facile. Après, ceux qui balancent des explications, ils n'ont qu'à essayer. Je suis quelqu'un de très démocratique si je dois faire un rapport avec la politique. Aujourd'hui, on a donné comme mission à Saint André d'amener cette équipe de France au plus dans cette Coupe du monde. Laissons le faire, laissons le bosser avec ses idées et une fois la Coupe du monde terminée, alors il sera l'heure de faire un bilan et tirer les conclusions qui s'imposent. Donnons à ces coachs de la tranquilité comme j'ai pu le dire à mon ex-Président à une certaine époque. Concernant la liste des joueurs étrangers, cela ne me gêne absolument pas. Toutefois, je ne trouve pas que ce soit en adéquation avec la règle des JIFF. Alors pourquoi avoir créer des JIFF pour après, ne pas appliquer cette règle pour l'équipe de France ? Prenons l'exemple de Nakaitaci: c'est normal qu'il puisse jouer avec la sélection nationale car il rentre parfaitement dans le critère demandé par la Fédération. Si je peux me permettre de donner mon opinion, l'équipe de France ne devrait être constituée que de joueurs issus de la formation française. Même avec des joueurs de nationalité étrangère. Mais imposer des quotas aux clubs et faire jouer en équipe nationale des joueurs qui ne sont pas jiff, ce n'est pas juste. 

Pour conclure, quel regard portez vous sur la saison de l'Usap en Pro D2 ?

M.D: Il me semble qu'ils ont tous les éléments pour retrouver l'échelon supérieur. Ils en ont l'envie, les moyens et un public qui fédère derrière eux. Je crois qu'ils vont y arriver avec un seul bémol: qu'il ne faut pas leur mettre la pression. Tant qu'il continuera (NDLR le Président Rivière) à leur mettre une pression médiatique en interne comme en externe, ils pourront avoir des problèmes. Si il doit y avoir de la communication, il faut que celle-ci soit faite en interne et non en externe et notamment via les réseaux sociaux. Les gens dans ce club communiquent trop par voie de presse pour faire passer des messages aux uns et autres et cela met une pression excessive et je crois que c'est négatif pour l'entité dans son ensemble. D'autant plus qu'il y a de la qualité dans le staff comme il y aussi de la qualité dans l'effectif. Et si on regarde plus précisément les trois-quarts, à l'exception de Lopez, Guitoune (qui n'ont quasiment pas joués la saison dernière) tout comme Hook (sélection galloise), on s'aperçoit que c'est la même ligne que la dernière saison en Top 14. Il y a de la matière pour faire quelque chose de bien et si on les laisse tranquille, ils y arriveront. En toute sincérité, je souhaite de voir ce club remonter au plus vite dans la cour des grands.

Marc Delpoux et Christian Lanta (4 janvier 2014)
Marc Delpoux et Christian Lanta (4 janvier 2014) - Icon Sport
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