Le tour de Midi Olympique

Comme chaque journée, les envoyés spéciaux de Midi Olympique décryptent les moments forts de la vingt-troisième journée de Top 14. Là, ils reviennent sur l'absence de Battut au Racing, des belles prestations de Fofana, Baleinadogo, Giteau et Madaule, de l'intensite de Perpignan-Castres ou encore du sursaut d'orgueil de Biarritz.

 
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Biarritz-Grenoble: 33-16. Grégory LETORT

Biarritz est éternel. Treize ans que le BOPB participe à la H Cup. Treize ans que le BOPB arrache sa qualification. Par la voie classique sauf deux exceptions : en 2010, le club basque - septième du Top 14 - s'était qualifié à la faveur d'une victoire française (Toulouse), offrant à la France un billet supplémentaire et en 2012, en décrochant la victoire dans le Challenge européen. Une quatorzième participation de rang en H Cup, soit la plus belle constance derrière Toulouse ? Biarritz n'est pas le club le mieux placé pour s'inviter à la table des cadors en octobre prochain.  Mais en ce 1er avril, le quintuple champion de France est toujours en course. Avec même deux voies d'accès : l'Amlin Challenge avec un quart de finale ce jeudi à Gloucester et le championnat où Biarritz peut croire en la 7e place qu'une victoire française en H Cup rendrait qualificative. La saison a été difficile, les blessés nombreux  ? Biarritz est toujours là, emmené par ses leaders qui montent en puissance. Grenoble a mis le BO en difficulté ? A la fin, c'est Biarritz qui gagne : plus pragmatique, discipliné, efficace. Un trun-over, un essai. Un ballon contré, une talonnade géniale (malgré un hors-jeu) de Yachvili et un deuxième essai. On n'enterre pas Biarritz comme ça. Perpignan qui recevra l'équipe basque samedi 13 avril pour une 24e journée décisive devra l'avoir en mémoire.

Stade français-Toulon: 11-43. Pierre-Laurent GOU

Matt Giteau est unique. A Toulon et en Top 14. Unique par son talent sur un terrain. Il invente toujours quelque chose, chacune de ses prises de balle est une véritable décharge électrique. Avec lui présent lors d’une rencontre, on est sûr de ne pas s’ennuyer. Sur ses prises de balle, il fait la différence. Ballon en main, il n’a pas d’égal. A Lille, si les 30 000 supporters ont acclamé à sa sortie Jonny Wilkinson, beaucoup ont aussi découvert le génie de l’Australien. Auteur d’une prestation quatre étoiles, le spectacle continu après la rencontre. Sur son compte Twitter, comme il en a l’habitude, il s’est laissé aller. On a pu l’apercevoir dans une imitation visuelle de Bernard Laporte très réussie. Facétieux et imaginatif sur et en-dehors. Matt Giteau a tout pour plaire.

Mont-de-Marsan-Montpellier: 17-30. Jérôme FREDON

Utilisé à dose homéopathique sur la phase retour, Daniele Baleinadogo n'a pas manqué son grand retour au sein de la ligne de trois-quarts montoise. Tel un sanglier jaillissant de sa bauge, il s'est souvent signalé par la puissance de ses charges au ras des regroupements. A l'aise dans ce rôle de neuvième avant, le centre international fidjien s'est également montré très menaçant au large. Des fourmis plein les jambes, il n'a pas hésité non plus à remonter des ballons depuis son camp. Ses courses tranchantes ont permis à plusieurs reprises aux Montois de prendre la ligne d'avantage et de jouer dans la défense héraultaise. Pour sa huitième titularisation de la saison, Baleinadogo était passé au "Dan" supérieur.

Bordeaux-Bègles-Bayonne: 39-13. Simon VALZER

Il était arrivé de Narbonne, il y a un an et demi. Lui, c'est Louis-Benoit Madaule, fils de l'emblématique dirigeant narbonnais. Il est venu pour relever un drôle de défi : celui de goûter au Top 14, lui qui n'avait connu que l'antichambre de l'élite. Après une première année délicate, où il passa davantage de temps sur le banc que sur le terrain, le troisième ligne en a fini de la période d'observation, comme en témoigne son temps de jeu qui ne cesse d'augmenter. Joueur de classe, auteur de plusieurs gestes qui prouvent qu'il est doté d'un bagage technique supérieur à nombre de joueurs du championnat, le flanker girondin a signé un doublé contre Bayonne. Son président, Laurent Marti, homme au flair imparable, le savait : la semaine précédente, il avait prolongé le contrat de son joueur de deux saisons.

Clermont-Agen: 66-21. Léo FAURE

Tout paraît tellement facile. Contre Agen, Wesley Fofana n’a pas livré un match exceptionnel. Une partition simplement commune, en comparaison de ses productions cette saison. Pourtant, comble de la facilité, Fofana a inscrit un triplé face à des Agenais dépassés. Trop facile. Sans même donner l’impression de forcer. Une sensation appuyée par un chiffre: cette saison, entre les matchs du XV de France et les semaines au repos, le centre international (25 ans, 15 sélections) ne fêtait ce week-end que sa 9e titularisation en Top 14. Fofana en est pourtant à autant d’essais inscrits dans la compétition (9). Certes quatre de moins que Nalaga, en tête du classement des meilleurs marqueurs, mais autant que Vincent Clerc, pourtant référence du genre et qui comptabilise 300 minutes de temps de jeu en plus que le Clermontois en Top 14. Oui, Fofana est un phénomène. Et les matchs décisifs qui arrivent pour les Clermontois semblent taillés à la mesure de son talent.

Perpignan-Castres: 20-21. Vincent BISSONNET

Il flottait comme un air de phases finales, samedi soir, sur Aimé-Giral. Tout y prêtait en tout cas : une rencontre à enjeu, deux équipes déterminées et performantes, quatre essais, neuf franchissements, 141 plaquages pour les Castrais, 160 passes côté catalan, de l'intensité de la première à la dernière minute et un final à suspense. Déjà, à l'aller, les deux équipes avaient offert un spectacle de grande qualité au cours d'un feu d'artifice offensif. De leurs deux confrontations se dégagent une certitude : l'Usap, emballante, enivrante, fougueuse, et le CO, cohérent, intelligent, maître de son jeu, mériteraient tous les deux une place en phases finales. Le sort devrait en décider autrement... Une juste récompense pour les Tarnais, un crève-coeur pour les Catalans.  

Racing-Metro-Toulouse: 26-27. Léo HUISMAN

Un seul être vous manque. Il s’en est fallu d’un rien pour que le Racing ne l’emporte samedi au Stade de France. Une seconde, le flegme désarmant de Lionel Beauxis capable du pire et du meilleur comme ce coup de pied en coin réussi de façon déconcertante. Un seul être vous manque, parce que l’un des clés de la rencontre devait être la touche, point faible des toulousains quand Servat ne pige pas pour eux, point fort des Racingmen tout au long de la saison. Mais les Ciel et Blanc s’appuient sur Antoine Battut, leur troisième ligne, sur Karim Ghezal aussi dans ce secteur en particulier. Les deux hommes n’étaient pas là. Ghezal parce que la concurrence en deuxième ligne est féroce, Battut parce qu’il était blessé. Sans eux, Szarzewski a perdu ses moyens, à moins que ce ne soit les lifteurs ciel et blanc. Quesada : "On voulait mettre plus de rythme en touche, sauter rapidement pour surprendre Toulouse. Finalement, ce sont nos lifteurs qui ont été surpris par notre propre rapidité d’exécution". Sur les touches défensives, le contre francilien n’a pas eu non plus le rendement qui est le sien. L’absence de Battut a, à coup sûr, pesé, nous confiait un joueur à la fin de la rencontre. Il s’en est fallu d’un rien pour que le Racing ne l’emporte samedi. Et si ce rien résidait ici ?

 - Midi Olympique@RugbyramaFR
 
 
 
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