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RUGBY - L'antisèche : Le coup d'accélérateur néo-zélandais a été fatal aux Bleus

L'antisèche : Le coup d'accélérateur néo-zélandais a été fatal aux Bleus

Le 14/11/2017 à 22:02Mis à jour Le 14/11/2017 à 23:14

Désinhibée par le peu d'enjeu de ce match, l'équipe de France a fait douter jusqu'au bout la Nouvelle-Zélande, ce mardi à Lyon. Mais le début de deuxième période des All Blacks a eu raison de sa résistance, et ce malgré son temps fort final.

Le match : Tout l’honneur du monde

Que s’est-il dit dans l’intimité du vestiaire des All Blacks à la pause ? On l’ignore à la vérité, mais on imagine que le discours de Steve Hansen ne fut pas des plus tendres, après une première période qui vit ses réservistes quelque peu céder à la facilité malgré de beaux essais de Squire et Duffie.

La réaction d’orgueil des Néo-Zélandais au retour des vestiaires fut ainsi flagrante, bien décidés à démolir ces damnés français qui osaient leur résister au point de compter un petit point d’avance (15-14) à la pause. Cette réplique ? Elle résida tout bonnement en un temps fort des Tout-Noirs long d’un quart d’heure et ponctué de cinq mêlées à cinq mètres, synonymes de deux essais en puissance signés Tuipolotu et Laumape.

Raide comme la justice et suffisant pour plier la rencontre, malgré quelques décisions arbitrales contestables et une belle réaction d’orgueil des Bleus, incarnée par l’essai en contre de Chavancy. Laquelle ne doit pas faire oublier que les Français ont encore essuyé une défaite face aux Néo-Zélandais (28-23). Avec énormément de vaillance et tout l’honneur du monde, certes. Mais encore une défaite...

Jonathan Danty, ballon en main, face aux All Blacks - 14 novembre 2017

Jonathan Danty, ballon en main, face aux All Blacks - 14 novembre 2017Getty Images

L’action : L’incroyable course de Sekou Macalou

C’est drôle, quand même, comme le contexte d’un match peut influer sur certaines performances. On surprit ainsi, à plusieurs reprises, des Tricolores tenter et réussir des gestes techniques qu’ils n’auraient peut-être pas osé tenter dans un "vrai" test international. La preuve réside probablement en l’essai de Gabriel Lacroix à la 13e minute, qui vit Camille Chat réaliser à l’origine de l’action une merveille de passe en pivot sur un pas pour François Trinh-Duc.

Mais on retient surtout ce rush incroyable de Sekou Macalou à la 73e minute, prélude de l’essai de Chavancy, qui vit le flanker parisien remonter le ballon sur 70 mètres, semant un par un tous les défenseurs néo-zélandais. Une illustration supplémentaire du fait, qu’en matière de talents individuels et de potentiels athlétiques, les Français n’ont rien à envier à personne. Il suffit juste quelques éclairs pour s’en persuader...

Le facteur X : L’interception de Lacroix

Que serait-il advenu de cette rencontre si, peu avant la demi-heure de jeu, les All Blacks n’avaient pas vendangé une incroyable situation de surnombre et tué le match avant l’heure ? On ne le saura jamais et, au fond, tant mieux pour le suspense. Le fait est que Ngani Laumape eut la mauvaise idée de tergiverser devant la défense, et la plus mauvaise encore d’envoyer une longue passe lobée sur l’extérieur en direction de Liam Squire, comme cela avait fonctionné quelques minutes plus tôt.

Gabriel Lacroix (France) marque son deuxième essai face à la Nouvelle-Zélande - 14 novembre 2017

Gabriel Lacroix (France) marque son deuxième essai face à la Nouvelle-Zélande - 14 novembre 2017Getty Images

Sauf que Gabriel Lacroix ne l’entendait pas de cette oreille, qui lut parfaitement l’intention du centre des Hurricanes pour intercepter d’une main la transmission du néo-zélandais, et s’offrir après 80 mètres de course un doublé de prestige.

La question : Arbitrage maison ou pas ?

Le chauvin et supporter des Bleus qui sommeille en nous jurera évidemment du contraire. Toutefois, en toute objectivité, la question demeure : M. Pearce n’a-t-il pas donné un petit coup de main aux Bleus en deuxième période ? Les Néo-Zélandais répondront évidemment par l’affirmative, furieux d’avoir vu une pénalité retournée après trois minutes d’arbitrage vidéo pour un minuscule écran du pilier Moli sur Lauret. Cela juste avant un carton jaune plus que sévère à l’encontre de Goodhue, M. Pearce et ses assesseurs jugeant que son intervention sur Chavancy était volontaire.

Sans parler de la pénalité pour un plaquage soit-disant dangereux sur Rattez. Mouais… On n’en dira pas plus, de crainte d’être taxé d’antipatriotisme. D’ailleurs, en leur temps, les Néo-Zélandais ne se sont jamais privés pour abuser tranquillement des Bleus sur leurs terres, en finale de Coupe du monde 2011 par exemple. Alors, on s’évitera de jouer les chevaliers blancs, et on savourera tout simplement le fait que ces décisions discutables ont probablement bien servi la cause des Bleus… D’autant qu’elles s’avèrent au final sans conséquence.

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