Jonah Lomu - Icon Sport

Jonah Lomu, c’était le rugby

Jonah Lomu, c’était le rugby
Dans cet article
Dernière mise à jour Le 18/11/2015 à 19:49 - Publié le 18/11/2015 à 12:27
Par Ivan Petros - Le 18/11/2015 à 19:49

Jonah Lomu nous a quittés. Trop tôt. Pour tous les amoureux du rugby, l’ailier néo-zélandais était une idole, une icône, une légende. La première (et seule?) véritable star de ce sport. Un joueur et surtout un homme qui a révolutionné le rugby.

En 1995, alors que le rugby est en cours de professionnalisation, un phénomène débarque. Un monstre de presque 2 mètres (1,96m) et 120 kilos, capable de courir le 100 mètres en moins de 11 secondes. L’athlète parfait. La planète entière s’apprête alors à le découvrir lors du Mondial sud-africain, dans un pays en pleine réconciliation après l'Apartheid. Devenu le plus jeune All Black de l’histoire quelques mois plus tôt à 19 ans et 45 jours (face à la France), Lomu va éclater à la face du monde.

"L’autobus" domine de la tête et des épaules la compétition, écrasant ses adversaires les uns après les autres. L’histoire retiendra bien sûr le sacre final des Springboks, si nécessaire pour le rassemblement de tout le peuple sud-africain, alors représenté par la complicité entre Nelson Mandela et Francois Pienaar. Mais l’autre image marquante de ce rugby en passe de réussir son pari en se mondialisant, c’est bien l’ouragan Jonah Lomu.

Jonah Lomu lors du Mondial 1995
Jonah Lomu lors du Mondial 1995 - Icon Sport

Une star est née. La première de ce sport, à jamais. Le rugby s'est trouvé un modèle et une inspiration pour des générations à venir. Des moments restent gravés pour l’éternité dans nos mémoires. Comme son festival contre l’Angleterre en demi-finale (4 essais). Ou encore, quatre ans plus tard, ses courses dévastatrices contre les Bleus, obligés de s’y mettre à cinq pour tenter de l’arrêter. Sans y parvenir. J'ai encore en tête, comme beaucoup d'entre vous sûrement, ce raffut monstrueux sur Abdelatif Benazzi, pourtant pas le Tricolore le plus gringalet... Un seul regret subsistera à mon sens: celui de ne l'avoir jamais vu récompensé par un titre mondial, qu'il aurait tellement mérité...

De la domination à la maladie

Jonah Lomu, c’est tout simplement quinze essais en deux Coupes du monde. Un record égalé cette année par Bryan Habana, qui a dû disputer trois Mondiaux pour rejoindre la légende. Une légende partie trop tôt. La faute à de graves problèmes rénaux diagnostiqués dès 1995. Une greffe sera nécessaire en 2004. Même au sommet de son art, Lomu estimait jouer à seulement "80% de ses capacités". C’est dire s'il y avait lui et les autres...

 

En 2005, il évoquait les mois précédant sa greffe comme la période la plus sombre de sa vie: "J'étais ce gars qui terrassait ses adversaires, marquait des essais, gagnait des matchs, s'amusait. Et je me suis retrouvé si malade que je n'étais même pas capable de doubler un petit bébé". La nuit dernière, la Nouvelle-Zélande, le monde du rugby et du sport en général ont été plongés dans une tristesse infinie. La légende s’en est allée. Et nous manque déjà. Trois semaines à peine après le sacre mondial de "ses" All Blacks, auxquels Jonah Lomu aura tant apporté.

Jonah Lomu face à la France en 1999
Jonah Lomu face à la France en 1999 - AFP
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