Manoel DALL'IGNA - 15.04.2011 - La Rochelle - Icon Sport
 
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Rugby à 7

Dall'Igna : "L’objectif, c’est les JO"

Dall'Igna : "L’objectif, c’est les JO"

Par Rugbyrama
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Dernière mise à jour Le 10/06/2011 à 09:38 -
Par Rugbyrama - Le 10/06/2011 à 09:38
"Un véritable rêve". C'est en ces termes que l'ancien ailier du Stade rochelais, Manoël Dall'Igna, évoque son engagement avec la fédération pour jouer à VII. Repéré par le staff de l'équipe de France dès 2007, le joueur de 26 ans nous parle de l'évolution de cette discipline encore trop méconnue.

Un an après votre arrivée sur l'Atlantique, vous ne porterez plus les couleurs du Stade rochelais.

Manoël Dall'Igna : La Fédération m'a renouvelé une proposition pour jouer à VII. L'an dernier, j'avais déjà signé à La Rochelle, et malgré ma volonté, je n'avais pu répondre favorablement. Cette fois, j'ai donné mon accord oral pour un contrat de deux ans. Le temps de régler un problème d'examens médicaux et je vais signer. C'est une orientation de carrière. En m'engageant à VII, je mets entre parenthèses le XV. J'en ai discuté longuement avec mon club. Cela s'est fait dans de très bons termes.

Quelles sont vos premières motivations ?

M.D. : Je me régale à VII. Ce qui n'était pas toujours le cas à XV. En tant qu'ailier, en semaine comme en match, je ne touchais pas beaucoup de ballons. Et puis à VII, il y a de grands espaces, c'est très intéressant. A XV, dans les clubs pros, c'est logiquement le collectif qui prime. A VII, c'est différent. Le staff prend plus soin des joueurs. La relation est peut-être un peu plus « humaine »... Nous ne sommes pas qu'un numéro. La performance individuelle prédomine. Du moins plus qu'à XV. C'est une des raisons pour lesquelles je prends plus de plaisir. Et puis il y a l'objectif des JO de 2016. C'est un nouveau challenge, d'une toute autre dimension. C'est vraiment l'aspect sportif qui prédomine. Pour moi, c'est un rêve de jouer à VII.

Vos aptitudes physiques devraient être plus prolifiques à VII...

M.D. : Pour y avoir un peu réfléchi, j'ai un profil qui correspond plus à un joueur de VII. Il a toujours été difficile de me trouver un poste à XV, car il me manquait toujours quelque chose. A VII, les numéros 1, 2, ou 3 me correspondent très bien. La performance physique individuelle des joueurs influe plus sur la performance collective qu'au rugby à XV donc les entraînements sont très spécialisés. Cet aspect est très intéressant puisque la progression physique est optimale et se fait au service du collectif.

Pouvez-vous justement nous parler un peu des différences entre les deux disciplines ?

M.D. : Pour commencer, le temps de jeu est beaucoup plus court à VII (2 périodes de 7 minutes, NDLR). C'est plus difficile mais sur une courte période. Très intense. Les compétitions se déroulent sous forme de tournois. Dans l'ensemble, le VII est plus comparable au handball. Il faut réaliser de nombreux déplacements latéraux pour bouger la défense et trouver les brèches. A XV, le mot clé c'est d'avancer. A VII, on peut se permettre de reculer pour manœuvrer l'adversaire. C'est un jeu plus attentiste.

Comment avez-vous connu le VII ?

M.D. : Avec le club de Montpellier. En Espoirs, il existe un championnat obligatoire. En 2007, nous nous sommes qualifiés pour les championnats de France et avons terminé deuxièmes. Rebelote l'année suivante. C'est à ce moment que j'ai participé mes premiers stages en équipe de France.

La Fédération souhaite donner de plus en plus d'importance au VII, comment le ressentez-vous de l'intérieur ?

M.D. : Le passage du VII aux J.O nous fait ressentir une vraie volonté de sa part. La preuve, elle engage des joueurs comme moi. Son objectif est d'arriver à une petite dizaine. Quatre l'étaient déjà, et nous devrions être huit lors de la reprise. A long terme, le but est celui des JO. Mais il faut d'abord se qualifier. Pour cela, nous être dans les meilleures équipes d'Europe. Le Royaume-Uni forme une seule équipe, alors il y a plus de places. Mais il y a d'autres très bonnes formations comme le Portugal, la Russie, ou l'Espagne. Pour être bien placé, il faut réaliser de bons résultats sur les deux circuits mondiaux. Le premier est celui de l'IRB sur lequel la fédé a toujours envoyé les meilleurs. Sur le second, celui de la FIRA, elle mettait une équipe en développement. Alors que maintenant, elle va faire jouer les meilleurs partout.

Sentez-vous une progression ?

M.D. : Depuis deux ans, les résultats sont moyens. Plus récemment, nous avons fait de bien meilleures performances lors des deux derniers tournois, à Londres et Édimbourg. A deux reprises, nous avons atteint les quarts de finale en CUP, une première ! En Écosse, nous passons même tout près d'une demi-finale en perdant 13-10 contre le Pays-de-Galles dans les derniers instants. Mais nous l'avons emporté de justesse en poule, et n'aurions très bien pu ne pas en arriver là. A VII, cela peut aller très vite dans les deux sens. Ces résultats font du bien, mais ça peut tourner...

De retour, vous avez eu une semaine de repos, quel est maintenant le programme ?

M.D. : Cette semaine, nous avons un nouveau rassemblement. Deux tournois FIRA nous attendent à Lyon et Barcelone lors des deux derniers week-ends de juin. Nous aurons ensuite une nouvelle semaine de récupération avant deux autres tournois. A l'issue de ceux-là, nous serons en vacances jusqu'à mois de septembre, date de la reprise.