Pierre Gilles Lakafia (France VII) lors de l'étape du Cap - Décembre 2015 - AFP
Rugby à 7

Etape de Wellington - Revoilà les Bleus du VII têtes de série, trois ans après

Revoilà les Bleus du VII têtes de série, trois ans après
Dernière mise à jour Le 29/01/2016 à 11:10 - Publié le 29/01/2016 à 11:10
Par Bruno Poussard - Le 29/01/2016 à 11:10

RUGBY A VII - Troisièmes lors du deuxième tournoi mondial de l'année en Afrique du Sud en décembre, les Français abordent la manche de Wellington en tête de série ce week-end. Mais ils n'ont pas hérité pour autant d'une poule aisée, avec Angleterre, Etats-Unis et Samoa. La meilleure occasion de confirmer leur progression. Et d'en finir, enfin, avec des performances en dents de scie.

Ça faisait des lustres. Des lustres que les Bleus du VII n'étaient plus montés sur un podium du circuit mondial. Alors, après la petite-finale remportée au Cap mi-décembre, on a demandé aux plus anciens du groupe de plonger dans leurs souvenirs. Doyen Candelon, levez-vous ! "Notre dernier podium, c'était déjà en Afrique du Sud, à Port Elizabeth, en 2012, et nous avions perdu en finale face aux All Blacks". Correct !

Alors oui, d'accord, parler de "lustres" est peut-être un peu exagéré, mais ces 36 mois de carence avaient créé un manque immense au sein de l'équipe de France. "En même temps moi, j'ai fait seulement deux podiums", confirme Terry Bouhraoua, arrivé en 2010. "Donc on a pu en profiter, passer de meilleures vacances de Noël en étant troisièmes. Après voilà, je suis compétiteur, j'en veux plus".

Terry Bouhraoua remonte ses troupes lors du tournoi du Cap - 11 décembre 2015
Terry Bouhraoua remonte ses troupes lors du tournoi du Cap - 11 décembre 2015 - Icon Sport

Les lacunes éliminées, la confiance à aller chercher

L'ancien ailier de l'Usap enchaîne sur la même tonalité. "On est quand même déçus, parce qu'on avait la place pour faire mieux encore". En vue de Rio, les septistes tricolores sont sur la bonne voie. Mais, battus deux fois de peu par les Néo-Zélandais sur les deux premières manches de la saison, ils connaissent aussi leurs défauts. Dans son bilan, Candelon nuance ainsi la "patience" et le "sang-froid" à "retenir et reproduire" avec l'incapacité de "réussir à croire en nos chances face aux gros". Les progrès majeurs à réaliser seraient aujourd'hui avant tout psychologiques. L'ailier en remet une couche. "Je suis persuadé que si on s'était mis en tête qu'on pouvait les battre, on l'aurait fait". Avec l'enchaînement des matches, le capital confiance grossit progressivement. Les efforts effectués physiquement et stratégiquement doivent maintenant être conjugués avec la répétition de victoires.

Les récentes bonnes performances des Tricolores confirment en tout cas qu'ils ont comblé les lacunes de leur jeu, à l'image du secteur aérien ou de la défense, qui furent de véritables boulets. "A Dubaï, je pense qu'on est la meilleure équipe dans le déplacement, et sur les rucks on est de moins en moins en danger", ajoute l'entraîneur adjoint Cédric Laborde. "Aujourd'hui, on n'est pas loin". Sportivement, les hommes de Frédéric Pomarel n'ont donc rien à envier aux tout meilleurs. Même s'ils doivent encore passer un cap dans la précision des gestes effectués à haute intensité, lorsque les efforts se répétent. "A l'entraînement, j'insiste beaucoup sur les détails, c'est ce qui nous permettra de tenir de plus en plus notre destin en mains", décrit Laborde. La mise en place du système défensif doit également être encore peaufinée. "Je sais que tout le monde adhère, mais il faut que chacun se place très vite, sans se poser de question afin de poser des problèmes derrière", résume le technicien.

Sacha Valleau, auteur de l'essai de la victoire pour la France contre les Fidji lors du tournoi du Cap
Sacha Valleau, auteur de l'essai de la victoire pour la France contre les Fidji lors du tournoi du Cap - AFP

Tirage des plus durs, malgré le statut de tête de série

Au-delà des résultats, les performances seront avant tout scrutées par le staff des Bleus à Wellington, ces 30 et 31 janvier. En Nouvelle-Zélande, Terry Bouhraoua et les siens seront d'ailleurs têtes de série puisqu'avec le podium, ils ont terminé dans les quatre premiers lors de leur dernière sortie. Le capitaine détaille son discours de mobilisation. "Il ne faut pas croire que la troisième place est acquise et qu'on y terminera toujours. Nous devons maintenant redoubler de vigilance. D'autant qu'avec expérience, on sait qu'on aborde la partie la plus compliquée de la saison, et que les nations sont souvent équipées au maximum à Wellington". Avec Angleterre, Etats-Unis et Samoa, la poule héritée par les Français n'a d'ailleurs rien de rassurant. Le risque d'une trop grande sérénité s'en retrouve ainsi minimisé. "On a pris du plaisir en terminant troisièmes, alors maintenant il faut assumer si on veut être une grande équipe pour les Jeux", prévient Bouhraoua.

Comme lui, le groupe bleu se réjouit donc de ce difficile tirage avec, notamment, deux autres membres du Top 6. Et ce dans le même but d'être les plus efficaces possible aux JO de Rio, cet été. "On trouve ça bien de tomber sur la poule la plus dure possible pour s'habituer à bien jouer face aux gros", renchérit Cédric Laborde. Avec pour visée d'abandonner enfin leur irrégularité (criante ces dernières années), les siens se savent particulièrement observés ce week-end, d'autant que la lumière commence (enfin) à se porter sur eux. "Il nous faut sortir de l'idée de l'exploit français où on est juste capables de faire une troisième place en Afrique du Sud puis d'enquiller les Shield toute l'année", résume en conclusion Jonathan Laugel. "Il faut qu'on montre qu'on ne fait pas que des exploits mais des performances sur le long terme. Et là, on a la poule parfaite pour". Un palier a été franchi au Cap, il convient maintenant de le confirmer à Wellington.

 

Le programme de la phase de poules (dans la nuit de vendredi à samedi)

France – Angleterre : 23h30 (heure française)
France – Samoa : 2h32
France – Etats-Unis : 5h54

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