Dans le vestiaire des Bleus à Marcoussis - équipe de France à 7 - 23 avril 2014 - Rugbyrama
 
Rugby à 7

Rugby à 7 - Dans le quotidien des Bleus à Marcoussis

Seven: Dans le quotidien des Bleus à Marcoussis

Par Rugbyrama
Dernière mise à jour Le 25/04/2014 à 16:45 -
Par Rugbyrama - Le 25/04/2014 à 16:45
Lorsqu’ils ne sont pas en train de disputer un tournoi à l’autre bout du monde, les membres de l’équipe de France de rugby à 7 s’entraînent dans l’Essonne, au Centre National du Rugby. Dans des circonstances bien différentes d’une formation qui joue tous les week-ends. Ce pourquoi les joueurs s’entraînent donc par cycles, et sur des secteurs bien spécifiques à leur discipline. Reportage.
 

Les muscles se réveillent tranquillement dans la grande salle de musculation de Marcoussis. Le fameux "Happy" de Pharrell Williams sort des enceintes. Il est un peu plus de 10 heures, les membres de l’équipe de France de rugby à 7 débarquent sur les vélos l’un après l’autre, les plus jeunes épaulés par les plus expérimentés. A dix jours du tournoi de Glasgow, l’avant-dernière manche du circuit mondial, les joueurs sont rentrés en phase d’affûtage. Dans la quiétude du Centre National du Rugby en ce mercredi 23 avril, ils profitent même de quelques rayons de soleil en rejoignant le terrain d’honneur. L’entraîneur et le préparateur physique les y attendent. Premier rendu, Julien Candelon, l’aîné et le plus blagueur, accueille comme il se doit le dernier, l’ancien ailier d’Oyonnax – qui avait déjà intégré le groupe en Australie en octobre dernier - Jérémy Aicardi: "Ce n’est pas parce que tu as un tee-shirt de super-héros que tu peux arriver en retard !"

Travail de la touche avec Julien Candelon - equipe de france à 7 - 23 avril 2013
Travail de la touche avec Julien Candelon - equipe de france à 7 - 23 avril 2013 - Rugbyrama

La vitesse et l’explosivité des joueurs au programme le matin

Après quelques éducatifs de course en guise d’échauffement, le préparateur physique amorce la séance de la matinée axée sur la vitesse - l’un des piliers de travail du rugby à 7, avec la technique rugbystique, l’anaérobie lactique ou la stratégie. "Les distances sont courtes, il s’agit de tester leur explosivité", indique Julien Robineau qui profitera, ensuite, des données fournies par les GPS sur chaque joueur. Séparés en deux équipes, ils doivent d’abord conjuguer accélérations et précision dans leurs passes, une situation proche du jeu voulue par le staff. Le meilleur temps du parcours est vite porté à 26’’03, mais des transmissions souvent un peu hautes empêchent de le battre. Après trois répétitions, les joueurs filent de l’autre côté du terrain, où un exercice de portes les attend. Sur fond de démarrages à bloc et changements de direction, les Bleus s’affrontent en face-à-face. A la hauteur de leur statut de compétiteurs, ils n’oublient pas de compter chaque point de leur équipe. Dans l’amusement, certains grignotent même quelques centimètres en bougeant le plot de départ.

Mais, à force de chambrer, l’agacement rôde. Ce que Vincent Deniau - plutôt "leader de combat", dixit l’entraîneur Frédéric Pomarel - n’hésite pas à faire savoir à Julien Candelon - plutôt "leader de vie" - critiquant que l’ancien Perpignanais parle trop ce mercredi matin. Pour autant, la revanche n’est pas prise dans un dernier exercice de sprint et d’appuis, toujours balle en main, où les piliers Deniau et Laugel prennent le dessus. Avant que tous ne rejoignent leur vestiaire largement décoré, en prophétisant sur la situation de leurs anciens clubs de Top 14 dans les rires. L’ambiance est bonne, mais le groupe, formé de certains joueurs aux profils atypiques, connaît parfois quelques tensions. Surtout à l’issue d’une saison difficile sur le plan des résultats. Si bien que le coach regrette parfois de devoir jouer "l’instituteur" au milieu des siens. Quitte à en mettre un sur la touche lors d’une tournée s’il le faut. "Comme partout, par moment ça peut chier, reconnaît Frédéric Pomarel. Ils doivent comprendre que les intérêts de l’équipe passent avant ceux des individus".

Aicardi - entrainement équipe de France à 7 - 23 avril 2014
Aicardi - entrainement équipe de France à 7 - 23 avril 2014 - Rugbyrama

Pomarel: "Répéter des gestes simples à 100 à l’heure"

Au retour de la cantine de Marcoussis, à 14 heures, l’entraîneur reprend les commandes avec une séance consacrée à la technique rugbystique. Pas question de traumatiser les organismes avec un deuxième gros entraînement à l’approche d’une compétition. "Chaque séance physique a un impact énorme", insiste Julien Robineau, également doctorant depuis peu. A l’année, le staff des Bleus du 7 se base sur un plan de travail, aménagé en cycles, entre chaque tournée aux quatre coins du globe. A plusieurs reprises, dans la saison, les joueurs enchaînent donc régénération, travail d’endurance, entraînements de plus en plus intenses et volumineux jusqu’à un pic, avant la phase d’affûtage où les charges diminuent, comme c’est actuellement le cas. Des cycles bien sûr adaptés "à la fois sur des questions physiques, techniques ou tactiques" en fonction des résultats du circuit, précise Julien Robineau. Pomarel prolonge: "A chaque retour, on solde nos problèmes pour travailler nos points faibles". En difficulté en défense, et surtout en conquête lors la tournée asiatique, les Français insistent donc notamment sur la touche ce mercredi après-midi.

Leaders de ce secteur de jeu, le jeune Jonathan Laugel (21 ans) et le moins jeune Vincent Deniau (31 ans) enchaînent les sauts avec plusieurs partenaires que le coach n’hésite pas à tester au lift. Au lancer, c’est Julien Candelon qui travaille sa précision, en l’absence de Terry Bouhraoua, ménagé après une opposition contre l’équipe de France militaire une semaine plus tôt. Devant le manager Jean-Claude Skrela venu jeter un œil, les différentes combinaisons s’enchaînent, mais rien de nouveau. "Sur le 7 d’aujourd’hui, la moindre erreur nous met dans la masse. Alors, s’entraîner, c’est aussi répéter des gestes simples à 100 à l’heure pour limiter la marge d’erreur", justifie Pomarel. Ce pourquoi il sollicite également ses joueurs sur des travaux encore plus basiques (passes, coups de pied…). Deux mises au point individuelles plus tard, les Bleus quittent progressivement Marcoussis. L’entraîneur, lui, se penche un peu plus sur ses futurs adversaires en Ecosse. "La dimension stratégique vient s’ajouter pendant la phase d’affûtage", souligne-t-il. Dès le lendemain, jeudi, les joueurs sont mis au parfum. Plus que quatre jours, et il faudra de nouveau s’envoler. La routine. Heureusement, cette fois, il n’y a que la Manche à traverser.

Julien Saubade - entraînement équipe de France à 7 - 23 avril 2014
Julien Saubade - entraînement équipe de France à 7 - 23 avril 2014 - Rugbyrama
 
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