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Pichot : Son grand projet

Pichot : Son grand projet

Par Rugbyrama
Dernière mise à jour Le 19/06/2010 à 02:27 -
Par Rugbyrama - Le 19/06/2010 à 02:27
De retour d'Afrique du Sud, où il s'est rendu à l'invitation de son ami Diego Maradona, le Petit Napoléon et ancien capitaine des Pumas Agustin Pichot nous a reçu dans son bureau, à Buenos Aires, afin d'évoquer l'avenir du rugby argentin...
 

Où vivez-aujourd'hui ?

Agustin PICHOT : Entre Buenos Aires et Paris. Mon frère a pris en mains mes affaires. L'argent n'est plus un souci pour moi depuis très longtemps. J'ai donc enfilé aujourd'hui le costume d'ambassadeur bénévole du rugby argentin. Je parcours le monde pour rencontrer des gens influents, préparer le futur. Je suis toujours entre deux avions. Ma femme et mes filles me manquent énormément. Mais je dois bien ça à mon pays.

Quelles sont les bases de votre projet de développement ?

A.P. : Depuis 2007, le rugby argentin a beaucoup évolué. Les gens ont ici pris conscience que l'évolution du rugby passait par une structure quasi-professionnelle, sans pour autant ventre notre âme au diable et perdre notre côté romantique.

Concrètement, où en est le chantier du rugby argentin ?

A.P. : Nous sommes en train d'épouser le modèle du rugby irlandais ou sud-africain. La fédération (UAR) devient le phare de notre sport. Nous n'aurions d'ailleurs pas survécu à une guerre clubs/fédération comme il peut en exister en Angleterre ou en France. Notre économie ne l'aurait pas supporté. La fédération a donc pris sous contrat trente joueurs payés, pour l'instant, 2300 pesos (500 euros) par mois. Marcelo Loffreda, notre ancien sélectionneur, a été nommé directeur technique national et cinq centres de formation ultra-modernes se sont formés aux quatre coins du pays. Mais ce n'est qu'un premier pas.

C'est à dire ?

A.P. : Nous intègrerons les Tri-Nations en 2012 et deux ans plus tard, une franchise argentine basée à Buenos Aires verra le jour. On pourra alors s'appuyer sur une quarantaine de joueurs professionnels.

Comment les paierez-vous ?

A.P. : Il est évident que nous ne pouvons rester sur une base de 2300 pesos par joueur ad vitam eternam. Ce serait ridicule. Qui oserait rester sous contrat avec nous ? Comment pourrions-nous alors rivaliser avec les Européens ? Mais l'intégration au Tri Nations intéresse déjà de nombreux sponsors. Et cela change tout pour nous...

Pourquoi ?

A.P. : On va jouer douze matchs par an au lieu de six. Mais nous serons surtout intégré à une véritable compétition, soumis à un classement et consacrée par une coupe. Les gens ne comprennent pas, ici, l'utilité de ces tournées de fin de saison, de ces matchs amicaux entre deux pays majeurs. En Argentine, on veut se battre pour des trophées, pour des classements, pour des titres. Ce sera bientôt le cas. Tout sera plus lisible pour notre population.

Les meilleurs joueurs argentins quitteront-ils bientôt l'Europe ?

A.P. : C'est inévitable. En 2014, il ne restera en France et en Angleterre que 5 % des joueurs composant l'équipe nationale d'Argentine. Nous nous appuierons en majeur sur notre franchise professionnelle.

Regrettez-vous de n'avoir pas pu intégrer le Tournoi des 6 Nations ?

A.P. : Bien sûr. On nous a fermé la porte au nez et c'est dommage. Pour eux comme pour nous. Vous savez, les deux ou trois premières années vont être très difficiles pour les Pumas dans le Tri Nations. Affronter les Nations du sud requiert en effet un niveau d'exigence immense. Demandez donc aux Français, qui sortaient d'un grand chelem et viennent pourtant de prendre quarante points contre les Springboks... (45-17) Je crois donc que nous aurions eu beaucoup plus de chances de grandir et d'exister dans le Tournoi des 6 Nations, une compétition dont nous battons régulièrement les membres les plus éminents. Mais que voulez-vous, le rugby mondial a encore du mal à partager...

Retrouvez l'intégralité de cet entretien lundi prochain, dans les colonnes du Midi Olympique.

 
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