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Dupuy : "J'ai grandi"

Dupuy : "J'ai grandi"

Par Rugbyrama
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Par Rugbyrama - Le 19/05/2010 à 18:03
Suspendu six mois par l'ERC pour une "fourchette" sur l'Irlandais Ferris, Julien Dupuy fera son retour à la compétition aux Etats-Unis en juin. Il a été retenu avec France A pour disputer la Churchill Cup. Un grand bonheur pour lui après des mois de galère qui l'ont, assure-t-il, fait évoluer.

Comment vivez-vous cette sélection ?

Julien DUPUY : Je suis très content parce que ça va me permettre de rejouer. Ça prouve également que les entraîneurs ne m'ont pas laissé tomber et c'est important pour moi.

Vous y attendiez-vous ?

J.D. : Moyennement. Je ne savais pas trop quoi penser... J'avais reçu un coup de téléphone de Marc (Lièvremont, ndlr) qui m'avait dit de me tenir prêt. Il savait que je continuais à m'entraîner. Compte tenu de ce coup de fil, je me doutais qu'il y avait quelque chose.

Espériez-vous être pris en équipe de France pour la tournée en Afrique du Sud et en Argentine ?

J.D. : Pas du tout. C'était impossible. Je n'ai pas joué depuis six mois et il est complètement normal de ne pas me prendre. Je ne vais pas arriver en disant "Salut, je reviens" alors que j'ai six mois sans compétition derrière moi.

Avez-vous l'impression de voir le bout du tunnel après ces mois difficiles ?

J.D. : Complètement. Ce que j'apprécie, c'est que cette sélection me relance un peu, me permet de rejouer avant de reprendre la saison en Top 14 en août. Ce n'est pas négligeable et ça fait plaisir. C'est carrément le bout du tunnel pour moi !

Comment vous sentez-vous physiquement ?

J.D. : Je ne sais pas du tout ! Je pense que les vingt premières minutes vont « piquer » pour mon premier match (rires)! Mais on verra bien. C'est pour ça que c'est très bien de rejouer avant de reprendre le championnat : je vais pouvoir me remettre dans le bain et démarrer fort le championnat avec Paris l'an prochain.

Quel est votre objectif maintenant ?

J.D. : Je souhaite revenir vite à mon meilleur niveau, faire un gros début de saison avec le Stade français et essayer de revenir très vite en équipe de France grâce à mes performances. Je ne vais pas m'en cacher. On est à un an de la Coupe du monde maintenant...

D'autant que votre concurrent au poste, Morgan Parra, a réalisé une très bonne saison, tant avec Clermont qu'avec les Bleus...

J.D. : Ce n'est pas grave ça. Morgan fait une excellente saison, tant mieux pour lui. Mais, par expérience, je sais que ça peut aller très vite. Il ne faut pas s'occuper des autres. Moi je sais ce que j'ai à faire et ce que je dois travailler. Le plus important sera de répondre présent avec le Stade français parce que nous avons vécu une saison galère et que nous n'aurons pas le droit à l'erreur l'an prochain. Nous allons tout faire pour réaliser une bonne saison et si le club revient en haut de l'affiche, cela nous permettra à nous, internationaux, de nous faire voir.

Etait-il temps que cette saison se termine pour le Stade français ?

J.D. : J'ai vécu ça de l'extérieur et je n'ai pas vu les choses comme les joueurs. C'est vrai qu'il était temps que ça s'arrête... Terminer huitième du classement n'est pas digne du club. Tout le monde est fautif. Un nouvel entraîneur arrive et des joueurs cadre s'en vont mais je ne m'inquiète pas. Nous sommes des sportifs et des challengers. Il me tarde de reprendre le championnat parce que j'ai été suspendu mais aussi parce que huitième n'est pas le rang du Stade français et j'ai hâte de prouver que nous pouvons faire mieux.

Quel bilan tirez-vous de vos six mois de suspension ?

J.D. : J'ai plutôt bien vécu ces six mois. Je savais à l'avance que c'était joué de toute façon. Quand tu es à l'intérieur, tu comprends beaucoup de choses... Alors tu fais le dos rond et tu travailles. Justement, tout ça m'a permis de me forger un peu plus le caractère, d'avoir de la haine. Je parle de bonne haine. J'ai progressé mentalement. C'est un truc que je ne souhaite à personne et pourtant, c'est quelque chose qu'il faut connaître. C'est difficile à expliquer. Mais je vous assure qu'il y a eu des moments positifs. Je me suis placé du côté du staff et j'ai vu comment les entraîneurs réagissaient aux victoires et aux défaites. Les demis de mêlée sont des leaders dans le jeu et cette expérience m'a appris beaucoup de choses. J'ai grandi et tout ça, c'est du passé désormais. Je sais que le meilleur est à venir.