Midi Olympique
 
Test-matchs

Christchurch est tombée

Christchurch est tombée

Par Rugbyrama
Dans cet article
Par Rugbyrama - Le 23/06/2009 à 17:19
Chaque jour, notre site revient sur un exploit marquant du XV de France dans l'hémisphère sud à travers des anecdotes tirées, notamment, des éditions de Midi Olympique de l'époque. Sixième volet de la série avec la victoire le 26 juin 1994 à Christchurch (22-8) face aux Blacks.
 

Si on ne devait en garder qu'une ce serait celle-là. En 1994, l'équipe de France réalisa un exploit encore inégalé aujourd'hui. Elle fût victorieuse par deux fois chez les All Blacks. Dire que cette tournée est historique est un euphémisme pour quiconque connaît le rugby. Les Bleus sont allés s'emparer de cet espèce de Graal mystique, cet absolu du rugbyman qui a fait fantasmer des générations de joueurs.

Posez la question aux Bleus de Dusautoir, à propos des regrets qu'ils vont traîner derrière eux de n'avoir pu réaliser un doublé. Car si gagner une fois chez les Blacks est un exploit, s'imposer deux fois consécutivement en terre kiwi relève du petit miracle. L'équipe de Philippe Saint-André a signé par ses victoires son inscription sur le grand livre de la légende du XV de France, supplantant même les Mias, les Crauste ou autres Rives au panthéon des héros du rugby tricolore.

De mauvais augure

Et pourtant, la tournée ne commençait pas sous les meilleurs auspices pour le XV de l'entraineur Pierre Berbizier, qui avant de s'envoler pour la Nouvelle-Zélande fit un détour malheureux par le Canada pour y livrer deux matchs. Et cette première semaine de tournée sera terrible. Les Bleus concèderont en effet la première défaite de leur histoire face au Canada (16-18), le 4 juin à Ottawa, après avoir éprouvé les plus grandes difficultés à se défaire du Canada A trois jours plus tôt. Les Français boivent la tasse de l'autre côté de l'Atlantique et produisent un rugby décevant. "Des français sans jambes, ni tête, ni envie" , peut-on lire alors. Phillipe Sella se fait expulser, l'infirmerie se remplie (notamment Frank Mesnel touché au genou), bref le pire des scénarios quand on recherche à maximiser son capital confiance avant d'aller défier les ogres néo-zélandais. Au sein de l'effectif, qui se cherche toujours un patron (Jean François Tordo leader naturel du groupe peine en effet à revenir après un an de blessure), la concurrence annoncée par Berbizier va donc jouer à fond. Midi Olympique avançait ce commentaire: "Les français sont déjà dans le noir! La défaite historique contre le canada tombe au plus mauvais moment pour l'équipe de France: elle s'est envolée hier pour la Nouvelle-Zélande avec un passager clandestin redoutable dans ses bagages: le doute. Et la première semaine pourrait valoir de nouvelles désillusions."

Le brouillard se lève

Mais bizarrement c'est d'une défaite que va émerger une pointe d'espoir quant aux chances de victoire française dans cette tournée. Le premier match se joue contre la meilleure province néo-zélandaise, l'équipe de North Harbour, et si les français s'inclinent de peu, 27-23, ils sont métamorphosés par rapport à leur prestation canadienne, et montrent un visage qui permet de croire en eux. Le jeu produit est de qualité et rassure sur le potentiel de l'effectif. Dans les rangs français, on est plongé dans une sorte de schizophrénie, entre espoir et désespoir. Des joueurs se révèlent au cours des matchs qui précèdent le premier test, comme le jeune pilier du stade toulousain, Christian Califano (fraîchement auréolé d'un titre de champion de France), qui pour sa première sélection sous le maillot tricolore frappe un grand coup en faisant un match tonitruant. Et, s'il était un peu l'invité surprise de cette sélection, il va finir par s'imposer comme titulaire lors des deux tests face aux Blacks. Une entrée par la grande porte.

Première historique

Et confirmant leurs progrès, les Bleus du capitaine Saint-André vont être phénoménaux lors du premier test. Le 26 juin 1994, dans l'antre du Lancaster Park Oval, ils réalisent "la prise de Christchurch !" La Nouvelle-Zélande s'incline dans sa citadelle imprenable, 8-22. Les Blacks sont "mis en deuil" par un XV de France intelligent et appliqué. Une défense acharnée, une troisième ligne royale et le french flair des lignes arrières vont venir à bout des si redoutés combattants Néo-Zélandais. Historique, tout simplement! C'est la première fois que le XV de France s'impose à Christchurch, et la deuxième fois en terre Néo- zélandaise, la première c'était en 1979 avec Jean-Pierre Rives aux commandes. Sur le terrain, Abdel Bénazzi est consacré "l'avant le plus performant" et Emile Ntamack symbole de la jeune génération triomphante, brille, et étale tout son talent. "Il a éclaboussé ce match de son jeune talent et redonné au french-flair le label France qu'il n'aurait jamais du perdre", pouvait-on lire dans Midi Olympique à son propos. N'oublions pas Phillipe Sella, qui fêtait lors de ce match sa 100e sélection sous le maillot bleu, record mondial à l'époque.

Jean-Michel Gonzalez, raconte qu'au moment de la réception d'après match, le talonneur capitaine des Blacks, Sean Fitzpatrick, avait annoncé devant tout le monde que la guerre était lancée et avertissait les Bleus qu'ils allaient vivre l'enfer lors du second test, huit jours plus tard ! Affaire à suivre...

Fiche technique: A Christchurch (Lancaster Park Oval, dimanche 26 juin 1994) 35000 spectateurs.

France bat Nouvelle-Zélande par 22 à 8(mi-temps: 9-3)

Pour la France: un essai de Benetton (61e); une transformation et deux pénalités (37e, 64e) de Lacroix; trois drops-goals de Sadourny (27e) et Deylaud (32e, 43e).

Pour la Nouvelle-Zélande: un essai de Bunce (75e); une pénalité de Cooper (13e).

Nouvelle-Zélande: Timu; Kirwan, Bunce, Cooper, Lomu; (o) Mannix, (m) Forster; Brewer, Pene, Larsen; Coooksley, Jones; Brown, Fitzpatrick (cap), Loe.

Remplaçants: Bachop, Litle, Wilson, Hewitt, Dowd, Brooke.

France: Sadourny; Ntamack, Sella, Lacroix, Saint-André (cap); (o) Deylaud, (m) Accoceberry; Cabannes (puis Cécillon, 80e), Benetton, Benazzi; Roumat, Merle; Califano, Gonzalez, Bénézech.

Remplaçants temporaires: Sadourny par Viars ( de la 42e à la 43e de la première mi-temps), Bénézech par Armary ( de la 44e à la 46e).

 
  commentaire(s)
Ajoutez le vôtre !
  commentaire(s)
Ajoutez le vôtre !
 
×