Cory Jane - 20.11.2010 - Nouvelle Zelande - Icon Sport
 
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Four-Nations

Cory Jane, la renaissance

Cory Jane, la renaissance

Par Rugbyrama
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Dernière mise à jour Le 01/08/2011 à 15:44 -
Par Rugbyrama - Le 01/08/2011 à 15:44
Initialement non retenu dans le groupe Black qui devait disputer les Tri-Nations, Cory Jane s'est rappelé au bon souvenir de Graham Henry en signant une performance majuscule pour son retour sous le maillot noir. De quoi donner des maux de tête à son sélectionneur qui va devoir faire des choix.

Les Blacks montent en puissance. Des 50% qui leur ont permis de corriger les Fidji (60-14) il y a deux semaines, les hommes de Graham Henry sont passés à 70% de leur potentiel pour s'imposer sans peine face à l'Afrique du Sud (40-7) pour leur entrée dans ces Tri-Nations 2011. Si leur victoire s'est essentiellement fondée sur la domination de leur pack et leur conquête sans faille, l'ampleur du score s'explique pas des essais de toute beauté venus à la conclusion de mouvements limpides.

Dans le sillage d'un Daniel Carter dans une forme olympique, l'ailier Cory Jane a signé un retour fracassant sous le maillot noir en inscrivant un doublé. Une performance aux allures de renaissance pour celui qui, initialement, n’avait pas été intégré dans le groupe néo-zélandais qui disputerait les Tri-Nations. Une non-sélection toutefois logique au vu de ses performances en baisse (deux réalisations contre six l’année précédente) avec les Hurricanes qui terminèrent avant-derniers de leur conférence. Alors au moment d’entrer sur la pelouse du Westpac Stadium, l'ailier savait qu'il allait être surveillé de près par le staff.

Embouteillage dans le triangle d'attaque Black

Une pression qui ne l'a pas dérangé outre mesure, puisqu'il a rendu une copie parfaite: douze ballons portés, cent-cinq mètres parcourus, deux essais, un zéro faute en défense (quatre plaquages)... l'ailier a même ajouté un turn-over à son actif. A l'issue du match, Graham Henry ne pouvait que se féliciter de la performance de son ailier, conjuguée à celle de Zac Guilford, lui aussi excellent sur l'autre aile: “Les deux ont été fantastiques, à tous les niveaux: sur les ballons hauts, en défense... Ils se sont également beaucoup proposés dans le jeu courant, notamment à l'intérieur de Dan Carter. En prime, ils ont marqués deux essais chacun. Que demander de plus ?” avouait le patron des Blacks, comblé. De son côté, Cory Jane avait réussi son pari. Celui d'attirer l'oeil du sélectionneur: "Les deux essais sont du bonus. Ce que je voulais avant tout, c’était de montrer au staff que j’étais bien là. Il y a tellement de joueurs en concurrence pour ce poste d’ailier que l’on ne peut se permettre de passer à côté. À la moindre erreur, c’est la porte direct!".

Et nombreux sont ceux qui attendent derrière la fameuse porte. En réalisant une telle performance, Jane a mis la pression sur les épaules de ses concurrents et sur celles du staff qui devra bientôt faire des choix parmi une pléthore de joueurs plus brillants les uns que les autres: “Ces choix sont effectivement très difficiles”, reconnait Graham Henry. “Nous avons neuf joueurs en concurrence pour seulement cinq places pour couvrir le poste d'arrière/ailier pour la Coupe du monde. C'est une décision difficile à prendre, et qui sera cruelle pour certains.”. Souvenez-vous: il y a deux semaines, Ben Smith et Sitiveni Sivivatu avaient été excellents face aux Fidji du revenant Nalaga. Le puissant Isaia Toeava et l'imprévisible Israel Dagg semblent remis de leurs blessures, tout comme Hosea Gear, tandis que Mils Muliana reste le “papa” de la ligne de trois-quart. Wayne Smith, le spécialiste des lignes arrières, a sa théorie sur le phénomène: “Plus la pression est grande, meilleurs ils sont”. Tant mieux, car celle qui attend les Blacks à quelques semaines d'une Coupe du monde organisée sur leurs terres sera immense.