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Flashback : 1er novembre 1981, Serge Blanco illumine la Toussaint

Flashback : 1er novembre 1981, Serge Blanco illumine la Toussaint

Le 01/11/2017 à 09:26Mis à jour Le 01/11/2017 à 09:27

Un test match le jour de la Toussaint : ce fut le parti pris de la FFR en 1981. Avant d'affronter deux fois les All Blacks, les Bleus avaient ainsi défié la Roumanie à Narbonne. Ce fut le jour de la dernière de Jean-Pierre Elissalde mais aussi l'affirmation totale de Serge Blanco... [Photo d'illustration datée de 1991].

Autres temps, autres mœurs. En 2017, avant une double confrontation contre les All Blacks (un test match officiel et un match de gala, certes), le staff du XV de France prépare le combat avec deux semaines d'entraînements au Centre National du Rugby de Marcoussis et l'exemption d'une journée de Top 14 pour les Bleus. En 1981, à l'époque de Jacques Fouroux et du capitaine Robert Paparemborde, on se préparait en jouant le jour de la Toussaint.

Une exception

Avant de défier la Nouvelle-Zélande – 14 novembre 1981 à Toulouse, 21 novembre au Parc des Princes – les Bleus s'étaient vu servir la Roumanie en entrée de la tournée à Narbonne. Une 26e confrontation entre les deux nations disputée donc un 1er novembre. De l'ordre de l'exceptionnel : avant, cela n'était arrivé qu'une fois, le 1er novembre 1936 contre l'Allemagne à Hanovre (victoire 3-6) ; depuis ce n'est plus jamais arrivé.

La Roumanie en ouverture de la tournée, c'était à cette époque un passage obligé : les deux équipes se sont affrontées tous les ans de 1957 à 1984… Mais, c'était déjà loin d'être le climax de la saison internationale. Le Monde écrivait même : "Dire que les joueurs y vont comme à une partie de plaisir serait mentir. Les Roumains, c'est la cuillère d'huile de foie de morue administrée aux enfants d'autrefois. Presque une punition. (…) En fait, les Roumains se font du rugby une idée sommaire, fruste : amener le ballon assez près des poteaux adverses pour tirer au but. Dans la limite des règlements, cela ramène le jeu à de grands coups de pieds mécaniques, ponctués de charges d'avants assommantes. Toutefois, comme ils sont particulièrement robustes et rapides, cela laisse beaucoup de cicatrices et le champ grand ouvert au hasard et au doute."

A Narbonne, les Bleus ont justement douté, en ce 1er novembre 1981, face à une équipe roumaine qui avait remporté la dernière confrontation entre les deux nations (15-0 à Bucarest en 1980) et qui avait regardé les All Blacks dans les yeux une semaine plus tôt (défaite 6-14).

Vidéo - Il y a 30 ans, l'essai légendaire de Blanco crucifiait l'Australie

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Un match serré

L'affaire avait bien commencé pourtant avec un essai de Jean-Pierre Elissalde et une réalisation en suivant de Serge Blanco. Avec un drop de Guy Laporte et deux pénalités de Serge Gabernet, cela faisait 14-0 à la demi-heure de jeu… Mais comme si le match était déjà gagné, les Bleus ont ensuite arrêté de jouer et multiplié les fautes face à une équipe roumaine sans complexe qui grâce à trois pénalités de son ouvreur Constantin revenait à 14-9 à l'heure de jeu. La Roumanie tentait alors le tout pour le tout : un essai transformé lui aurait alors assuré une première victoire en terre française. Mais la défense des Bleus tenait le choc, un peu par miracle, beaucoup par son sens du sacrifice.

Quelques mois après le Grand Chelem, ce match marqua un tournant dans l'affirmation du XV de France. A Narbonne, il y eut des perdants : Jean-Pierre Elissalde qui avait disputé là le dernier test international de sa carrière ; Pierre Lacans qui fut le sacrifié d'une troisième ligne talentueuse mais bancale avec Rodriguez et Joinel. Et un grand gagnant.

L'avènement d'un jeune (alors) ailier

Au delà des démonstrations de force de Dintrans ou Paparemborde, un homme a illuminé le match de sa classe : Serge Blanco, alors numéro 11 des Bleus. Il avait débuté un an plus tôt avec le XV de France – 8 novembre 1980 contre l'Afrique du Sud à Pretoria –, il avait déjà marqué un essai, le 17 janvier 1981 contre l'Ecosse dans le Tournoi, mais sa septième sélection fut celle de son éclosion définitive au plus haut niveau. De l'audace, du talent, des gestes déterminants entre son essai et sa passe décisive sur celui d'Elissalde, des relances. L'esquisse d'un rugby de rêve.

Si cela n'a pas permis de battre les All Blacks en suivant, au moins, des bases furent posées.

Maintenant en 2017, Guy Novès qui aurait pu être de ce test contre la Roumanie s'il n'avait pas décidé de mettre fin à sa carrière internationale, aspire à davantage. Pas de match mais des entraînements en ce 1er novembre 2017. Il n'y a pas de jour férié pour l'ambition.

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