En France, le rugby féminin est bel et bien entré dans les moeurs

Par Rugbyrama
  • L'équipe de France - août 2017
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  • Chloe Pelle (France) face à l'Australie - août 2017
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  • Caroline Ladagnous (France) face au Japon - 9 août 2017
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  • Shannon Izar (France) contre l'Australie - 13 août 2017
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COUPE DU MONDE FÉMININE - Explosion du nombre de licenciées, regard des hommes devenu bienveillant, intérêt des chaînes publiques : l'image du rugby féminin ne cesse de progresser grâce à l'équipe de France qui jouera ce jeudi soir à Dublin face à l'Irlande une place en demi-finale du Mondial.

L'anecdote de la Rennaise Lenaïg Corson résume bien l'évolution du rugby féminin français depuis la Coupe du monde 2014 organisée à domicile. "Je me suis fait interpeller plusieurs fois dans le train ou à la gare de Rennes. Et même par une contrôleuse ! C'était bien, je n'avais pas pris mon billet, j'ai eu un petit passe-droit..." Il faut dire que la joviale deuxième ligne, présente en sélection depuis 2013, se fait plus facilement remarquer du haut de ses 1,85 m pour 86 kg.

En 2014, les Bleues avaient échoué de peu à atteindre pour la première fois une finale mondiale, battues par le Canada (16-18) à Paris. Mais ce revers frustrant fut aussi un succès médiatique, avec près de 2,2 millions de téléspectateurs rassemblés devant France 4 pour 10,2% de part d'audience. Trois ans plus tard, les chaînes de France Télévisions, qui mettent de plus en plus en avant le sport féminin, retransmettent toutes les rencontres des Bleues en Irlande. "On est plus considérées", se félicite l'ailière Elodie Guiglion.

Chloe Pelle (France) face à l'Australie - août 2017
Chloe Pelle (France) face à l'Australie - août 2017

Surtout, le nombre de licenciées françaises s'est envolé, passant de 12 000 à plus de 19 000 en trois ans. Dans les catégories jeunes, les effectifs ont carrément doublé : +102% chez les moins de 15 ans, +86% chez les moins de 18, selon les chiffres communiqués par la FFR. Une évolution numérique considérable qui en entraîne une autre, toute aussi importante : celle des mentalités.

L'acceptation par l'intégration

Samuel Cherouk, l'entraîneur des Françaises, est bien placé pour en parler : sa femme, Nathalie Bertrand, était internationale dans les années 1990. "À l'époque, les gens me disaient : 'Ta copine joue au rugby ? Ce n'est pas possible !'", se souvient-il.

"Aujourd'hui, je vois que les garçons ont eu l'habitude de vivre avec des gamines dans les écoles de rugby, les pôles espoirs, où ils se croisent régulièrement. Leur réaction vis-à-vis des filles est très positive, il y a plein de messages d'encouragement de leur part en direction des filles", explique celui qui était jusqu'en janvier entraîneur au centre de formation de Clermont.

Caroline Ladagnous (France) face au Japon - 9 août 2017
Caroline Ladagnous (France) face au Japon - 9 août 2017

"Ils n'ont pas du tout ce regard très machiste qu'il pouvait y avoir il y a quelques années dans les vieux club-houses", ajoute le Clermontois. Les joueuses le confirment : "Il y a de plus en plus de monde qui regarde le rugby féminin. Il y a moins de remarques désobligeantes qu'auparavant", estime le pilier Julie Duval. "Aujourd'hui, j'entends très peu de ces discours : 'Le rugby n'est pas fait pour les filles'", abonde Corson.

Pour faire reculer encore un peu plus les préjugés, la Fédération française de rugby a demandé aux internationales comment elles convaincraient une jeune fille de se mettre à la discipline. "Le rugby n'est pas le sport le plus violent et il est surtout plein de valeurs. J'ai connu plein de filles timides que le rugby a su décomplexer", a répondu la pilier Annaëlle Deshayes. Et la deuxième ligne Manon André de confier qu'elle tient à se maquiller et à se coiffer avant d'entrer sur la pelouse.

Plus d'évitement

Hors de question, du coup, de vouloir copier un rugby masculin jugé de plus en plus dangereux avec ses contacts qui prennent le pas sur le jeu. Les filles ont leur style. "Les garçons, ils font pour faire. Les filles, il faut qu'il y ait une petite explication", se réjouit Cherouk.

Shannon Izar (France) contre l'Australie - 13 août 2017
Shannon Izar (France) contre l'Australie - 13 août 2017

"Sur le terrain, il y a quand même des différences fondamentales. Chez les filles, on est beaucoup plus sur de l'évitement", analyse l'un des deux entraîneurs nationaux avec Olivier Lièvremont. "Parce qu'encore une fois, il y a des filles qui ont ce passé de handballeuse, de basketteuse, donc on a beaucoup moins ce côté affrontement. Nous, notre discours avec Olivier est clair : c'est de jouer au maximum dans les espaces". Aux Bleues d'en faire une nouvelle démonstration jeudi.

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