Déception Stade français - Toulon-Stade français - 3 mai 2014 - Icon Sport
 
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Champions Cup

Barrages ERCC - Sur les rotules, Paris va devoir aller chercher au plus profond de lui-même

Sur les rotules, Paris va devoir aller chercher au plus profond de lui-même

Par Gaspard Augendre
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Dernière mise à jour Le 17/05/2014 à 16:39 -
Par Gaspard Augendre - Le 17/05/2014 à 16:39
Après une saison éreintante, le Stade français (7e du Top 14) va affronter les Wasps (7e du Premiership) pour une place en European Rugby Champions Cup.
 

C’est une première dans l’histoire du rugby européen. Les 18 et 24 mai, le Stade Français, septième du Top 14, rencontrera les Wasps, septième de Premiership à l’occasion d’un barrage pour gagner une place en European Rugby Champions Cup, la nouvelle H Cup. Le Stade Français et les London Wasps ne se sont encore jamais rencontrés cette saison. A la veille de cette confrontation aller-retour, difficile de comparer le niveau des deux équipes. Après une saison éprouvante, les Parisiens devront trouver les ressources mentales pour l’emporter face à un habitué des grands rendez-vous européens. A deux jours du match aller à Londres, Gonzalo Quesada et son staff se doivent de gérer au mieux l’approche de ce barrage inédit.

Deux matchs pour sauver la saison… Encore ?!

Après un passage à vide lors du Tournoi des 6 nations, le Stade français récupérait ses internationaux à l’occasion de la réception de Toulouse au Stade de France, le 22 mars. Ce devait être le match de la marche en avant vers les phases finales, le début du sprint final. Une victoire aurait mis les joueurs de la capitale dans les meilleures dispositions pour s’installer dans le peloton des six.

Un match nul concédé au Stade de France plus tard, rebelote avec la réception du Racing. Un nouveau match à domicile, face à un autre concurrent direct: "le match le plus important de la saison", disait-on à l’époque. Et nouvelle contre-performance, avec une défaite qui fait mal. Le Stade Français, à ce moment-là, voit les phases finales s’éloigner, mais conserve un mince espoir de qualification.

S’en suivent un déplacement périlleux à Anoeta face à des Bayonnais, une belle victoire contre l’UBB, puis une défaite d’un cheveu face à Toulon. Le calendrier et les performances de l’équipe ont voulu que chacun de ces cinq derniers matches de la saison régulière ait été abordé comme un 1/8ème de finale. Après une fin de saison épuisante tant physiquement que mentalement, Gonzalo Quesada doit remobiliser ses joueurs une nouvelle fois pour espérer décrocher un billet pour la Coupe d’Europe. "On sent que la saison a laissé des traces", avoue le technicien argentin. Un sprint final interminable pour ses joueurs, qui jouent leur saison chaque week-end depuis plus d’un mois.

La confrontation aller-retour, un casse-tête pour le staff parisien

Il ne s’agit pas d’un match de phase finale de Fédérale 1, mais bien d’un match européen. Le vainqueur sera désigné au terme de cette confrontation aller-retour, inédite à ce niveau-là. La gestion, aussi bien humaine que tactique, sera primordiale. Au football, on a tendance à dire qu’il vaut mieux recevoir en second. Espérons pour Paris que ce soit aussi le cas au rugby.

Le Stade français doit-il se montrer prudent au match aller à Londres ? C’est en tout cas ce que pense Jules Plisson: "Il va falloir jouer de manière peut-être plus restreinte là-bas, en étant rigoureux, organisés. On ne va pas trop s’exposer, pour tout lâcher ensuite à domicile". Si le capitaine Pascal Papé compte bien se rendre en Angleterre avec la victoire en ligne de mire, son équipe devra au moins limiter la casse en cas de revers pour espérer renverser la vapeur au match retour.

En dehors de quelques blessés (Parisse, Mostert, Danty), Gonzalo Quesada peut compter sur une trentaine de joueurs, qui ont tous participé à la saison du Stade français, en championnat comme en Amlin Cup. Individuellement, aucun n’a déçu. Deux options s’offrent aujourd’hui au manager parisien. Aligner une équipe type, à quelques changements près, au coup d’envoi des deux rencontres, ou, au contraire, intéresser un maximum de joueurs. La première option paraît aujourd’hui risquée, au lendemain d’une saison de Top 14 harassante. Quesada semble avoir opté pour la seconde, mais le résultat de dimanche sera déterminant dans son choix.

Affronter une équipe anglaise n’est jamais chose aisée

Une chose est sûre: ces temps-ci, le rugby anglais se porte bien. Les Saracens sont en finale de la H Cup après avoir humilié Clermont, et le dernier carré de l’Amlin Cup n’a réuni que des clubs de Premiership… dont les Wasps. Comme à leur habitude, les Anglais pratiquent un jeu organisé, sans fioritures. Capables d’enchaîner de nombreux temps de jeu, les équipes anglaises pratiquent un rugby précis, mais surtout efficace. Ils aiment conserver le ballon, attendant patiemment la faille dans la défense adverse.

Mais ce que les Anglais font le mieux, c’est défendre. Adeptes de la "rush defense", ils ont également emprunté à leurs voisins irlandais la technique du "choke tackle", qui consiste à enterrer le ballon pour obtenir la possession du ballon. Lorsqu’un adversaire tente de s’infiltrer ou de perforer la ligne adverse, plusieurs défenseurs viennent stopper l’attaquant au niveau du ballon, empêchant toute libération. Si le ballon ne sort pas, l’équipe qui défend obtient une mêlée. Plus généralement, les Anglais aiment défendre debout. Cela nécessite une discipline collective de tous les instants, et c’est bien le point fort de nos meilleurs ennemis.

Moins portés que les Français sur l’affectif, les Anglais peuvent très rapidement faire déjouer une équipe de Top 14 réputée plus forte, grâce à une organisation collective bien servie par quinze joueurs "fit", pour reprendre les termes de Gonzalo Quesada. Les joueurs anglais sont capables de remplir leur rôle, et de fort belle manière, pendant 80 minutes. La dimension athlétique est primordiale en Premiership.

Les London Wasps sortent malgré tout d’une saison en dents de scie. Les guêpes n’ont en effet remporté que neuf de leurs vingt-deux matchs en Premiership, et ne sont parvenus à battre une équipe du Top 6 anglais qu’à une seule reprise. C’était en début de saison face à Leicester, à domicile. Enfin, les coéquipiers de James Haskell et Andy Goode ne se sont jamais imposés de plus de seize points en championnat. Chauvinisme à part, le Stade français devrait pouvoir s’imposer à l’issue de ce barrage d’accession, et la France pourrait bien compter sept représentant en Coupe d’Europe la saison prochaine.

Jules Plisson - Stade français-Bordeaux - 19 avril 2014
Jules Plisson - Stade français-Bordeaux - 19 avril 2014 - Icon Sport