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La Coupe du monde 2023 peut-elle vraiment échapper à la France ?

La Coupe du monde 2023 peut-elle vraiment échapper à la France ?

Le 20/07/2017 à 16:01Mis à jour Le 20/07/2017 à 16:23

MONDIAL 2023 - Le 15 novembre prochain sera désigné le pays organisateur de la Coupe du monde 2023. En concurrence avec l’Irlande et l’Afrique du Sud, la France présente à ce jour un dossier offrant de nombreuses garanties. Mais le travail de lobbying est désormais déterminant pour sécuriser un certain nombre de votes.

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En l’espace de six mois, la candidature de la France à l’organisation de la Coupe du monde 2023 a déjà relevé plusieurs défis. Le plus probant est sans conteste la remise d’un dossier millimétré, le 1er juin dernier, à Brett Gosper, directeur général de World Rugby. Sur le fond, la France offre en effet un certain nombre de garanties qui pourraient être décisives. Financièrement, la France a ainsi proposé la meilleure offre concernant la redevance à verser à World Rugby avec 150 millions de livres sterling contre 120 millions pour l’Irlande.

A la différence de ses deux concurrents, la France a également soumis une proposition de rachat des droits commerciaux. D’un point de vue global, le dossier français garantie donc 300 millions d’euros de recettes nettes à la Fédération internationale sans compter ce qu’elle tirera directement des droits TV et du sponsoring international.

Bernard Laporte et son équipe pour France 2023

Bernard Laporte et son équipe pour France 2023Other Agency

Avant le 31 juillet, la candidature #France2023 devrait obtenir l’accord de la Caisse des dépôts et de consignations pour obtenir la garantie financière de la redevance versée à la Fédération internationale. Parallèlement, un accord est sur le point d’être finalisé avec la Société Générale sur la garantie financière des dépenses de l’organisation de la Coupe du monde (212 millions de livres sterling).

Un tour du monde organisé en août pour "vendre" la candidature française

En termes de communication, le dossier français se donne encore un peu de temps pour envisager un événement d’envergure d’ici le mois de novembre. Mais il est déjà acquis que #France2023 n’aura pas les moyens financiers d’organiser un événement de l’ampleur de #Paris2024 avec une piste d’athlétisme installée sur la Seine.

Bernard Laporte, président de la FFR

Bernard Laporte, président de la FFRIcon Sport

Se pose par ailleurs la question de l’image du rugby français. Les récentes déconvenues du XV de France en Afrique du Sud, avec trois lourdes défaites, sont-elles en mesure d’affaiblir la candidature #France2023 ? "Ce n’est jamais une bonne chose de voir une équipe de France perdre", confie Claude Atcher, directeur de la candidature française. "Il faut qu’on fasse avec". Mais dans les quatre prochains mois, le dossier français pourra difficilement surfer sur l’image conquérante et spectaculaire de son équipe nationale.

Risque de collision entre les JO et la Coupe du monde ?

L’une des réserves qui revient avec insistance est le risque de collision entre l’organisation de la Coupe du monde 2023 et des Jeux Olympiques en 2024. "Dans le planning, on a un avantage, c’est que les Jeux vont se décider avant nous (13 septembre)", rappelle Claude Atcher.

"Si la France obtient les Jeux, le discours du président Emmanuel Macron va être uniquement axé sur les avantages que vont apporter les JO à l’organisation de la Coupe du monde. L’Etat va investir 4 milliards sur la rénovation des infrastructures et des transports, 60 millions sur la rénovation du Stade de France… Ce ne sont que des avantages. En termes de timing, c’est idéal".

La France est candidate pour organiser la Coupe du monde 2023

La France est candidate pour organiser la Coupe du monde 2023Icon Sport

Grand oral le 25 septembre devant le conseil de World Rugby

Quelles sont les échéances importantes de la candidature française ? A partir du 14 août, Claude Atcher et Bernard Laporte s’envoleront pour un tour du monde de quinze jours afin de présenter le dossier français : la Colombie, l’Argentine, Miami, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon et enfin les Emirats Arabes Unis qui ont une position clé en Asie.

Le 25 septembre, la délégation passera son grand oral devant le conseil de World Rugby autour de cinq orateurs : le président de la République Emmanuel Macron, le Président de la FFR Bernard Laporte, Claude Atcher pour évoquer le côté technique du dossier, un ancien joueur international étranger (qui pourrait être Jonny Wilkinson ou Dan Carter) qui évoquera ses souvenirs de la Coupe du monde 2007 organisée en France, enfin un invité "émotion", qui restera confidentiel, pour transmettre son attachement à la France et au rugby.

Atcher : "Quand on fait une analyse critique des dossiers, on est devant tout le monde"

Pour achever ce process, le conseil d’administration de Rugby World Cup annoncera le 31 octobre l’analyse technique du dossier français qui aura été disséqué par deux sociétés indépendantes. Le dossier le plus fiable sera ainsi annoncé par la Fédération internationale. Une annonce qui influencera très certainement un grand nombre de Fédérations lors de leur vote entre le 31 octobre et le 15 novembre.

Claude Atcher, directeur de la candidature française

Claude Atcher, directeur de la candidature françaiseIcon Sport

"Quand on fait une analyse critique des dossiers, on est devant tout le monde", lance Claude Atcher, directeur de la campagne. "Je ne peux pas penser que le dossier français ne sorte pas premier le 31 octobre. Intrinsèquement, je ne vois pas comment l’Irlande et l’Afrique du Sud peuvent gagner".

L’Afrique du Sud peut-elle créer la surprise ?

A ce jour, quels sont les partenaires vraisemblablement acquis à la France ? L’Ecosse (3 voix), l’Europe (2 voix), la Georgie (1 voix), la Roumanie (1 voix), l’Afrique (2 voix), l’Amérique du Sud (2 voix) : soit un total de 11 voix. Reste le cas de l’Italie (3 voix) du Président de la Fédération Alfredo Gavazzi dont le choix est encore flou mais qui pourrait s’avérer clé.

La France espère ainsi que le Comité olympique italien (CONI) parvienne à convaincre la FIR. L’Asie reste également une région à sécuriser, tout comme l’Angleterre et le Japon. Mais l’une des problématiques les plus difficiles à maîtriser est sans doute la candidature de l’Afrique du Sud qui avance masquée. "On a zéro information", reconnaît Claude Atcher. "On ne sait pas si l’Etat garantie les dépenses. Ce n’est pas facile de se bagarrer quand on ne sait pas ce que font les autres". Une candidature qui pourrait in fine jouer les trouble-fête.

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