Les talonneurs ont toutes les raisons d'être sereins, mais pas question de l'avouer

  • Szarzewski - Guirado - Kayser
    Szarzewski - Guirado - Kayser
  • Guilhem Guirado face à Mathieu Bastareaud - juillet 2015
    Guilhem Guirado face à Mathieu Bastareaud - juillet 2015
Publié le Mis à jour
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COUPE DU MONDE - Le retour en force du rugby lors de la préparation physique des Bleus cette semaine à Marcoussis les a fatalement ramenés à la notion de concurrence. Si des postes comme ouvreur ou trois-quarts centre ne devraient pas échapper à la saignée, celui de talonneur semble au contraire à l'abri.

Le 23 août prochain, lendemain du deuxième test contre l'Angleterre, le couperet tombera. Avec lui, les noms des cinq recalés pour la Coupe du monde. Dans cette liste des 31, difficile de concevoir que le seul poste triplé ne soit pas celui de talonneur. N'en retenir que deux reviendrait, en cas de blessure à prendre un risque majeur : celui de devoir en laisser un quatre-vingt minutes sur le pré durant toute la durée d'indisponibilité de l'autre. Trop dangereux. C'est ce qui se dit démarre le Racingman Dimitri Szarzewski, avant d'apporter un bémol : J'ai aussi lu des articles qui laissaient entendre qu'il n'y aurait peut-être que deux talonneurs partants pour la Coupe du monde. Cela reste donc le point d'interrogation. On essaie de ne pas trop y penser et de se focaliser sur l'équipe.

Les talonneurs pro de la communication

Cette prudence, objectivement peu justifiée en comparaison avec l'incertitude réelle qui plane au-dessus des trois ouvreurs, tient pourtant lieu de fil conducteur chez les intéressés. Ils avouent avec force conviction ne jurer de rien : Très sincèrement, on ne sait pas, affirme, sûr de son fait, le Clermontois Benjamin Kayser. On est juste dans une optique de progresser collectivement et individuellement. Bien sûr, j'espère que trois talonneurs seront retenus pour que j'ai moins de stress.

Guilhem Guirado face à Mathieu Bastareaud - juillet 2015
Guilhem Guirado face à Mathieu Bastareaud - juillet 2015

Guilhem Guirado, titulaire à tous les matchs du dernier Tournoi des VI Nations, fait partie des leaders de jeu sur lequel s'appuie Philippe Saint-André. Ne comptez pourtant pas sur le Toulonnais pour se montrer moins langue de bois que ses deux concurrents : On est tous dans le même bateau. À part Thierry Dusautoir, qui est sûr d'y être, on est dans un travail de groupe en sachant que cinq joueurs quitteront l'aventure. Un discours qui peine à convaincre, mais tout à fait compréhensible. Comment les trois hommes pourrait-il manifester une quelconque suffisance quand la majorité de leurs camarades se rongent les ongles un peu plus chaque jour en y pensant ?

Szarzewski : "Quand on a été écarté un an de l'équipe de France, on a envie de prouver qu'on a faim"

Cette méthode Coué est aussi un moteur pour eux. Elle leur permet de se dépasser depuis le début de la préparation physique. C'est notamment le cas pour Dimitri Szarzewski. Chantre du culte du corps, le talonneur à la crinière place la barre très haut lors des épreuves et autres tests physiques. Son numéro dans le col de l'Iseran lors du stage de Tignes, où il a terminé premier des avants, dans la roue de Rory Kockott et Rémi Lamerat, n'en est que l'exemple le plus parlant. Un besoin de briller qu'il explique, cette fois, sans détour : J'ai été écarté de l'équipe de France pendant un an et j'ai envie de montrer des choses. Quand on n'a pas porté ce maillot depuis si longtemps, on a envie de prouver qu'on existe, qu'on a faim et qu'on peut apporter à cette équipe.

Philippe Saint-André et son staff avaient a priori en tête d'emmener trois talonneurs au Mondial dès le 19 mai, jour de l'annonce de la liste des 36. Ce genre d'état d'esprit ne risque pas de l'en dissuader.

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