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Pendant que les Bleus étaient sur leur wattbike, les All Blacks développaient le rugby 2.0

Pendant que les Bleus étaient sur leur wattbike, les All Blacks développaient le rugby 2.0

Mis à jourLe 01/11/2015 à 11:11

Publiéle 01/11/2015 à 10:44

Mis à jourLe 01/11/2015 à 11:11

Publiéle 01/11/2015 à 10:44

Article de Julien PUYUELO

COUPE DU MONDE - Les All Blacks viennent de remporter la plus belle des Coupes du monde. Une Coupe du monde où le jeu a retrouvé sa place au centre du village Rugby. Du mouvement, de l’inventivité et de la créativité qui n’oublient pourtant pas le côté sacrificiel de ce sport. En somme une vraie bouffée d’oxygène…

Ils sont encore sous garantie les wattbikes ? Que va faire la FFR des trente vélos stationnaires destinés à emmener le XV de France du rez de chaussée vers le toit du monde ? Rien a priori. Des annonces devraient tourner en boucle dans les jours à venir sur leboncoin.fr: "vends matériel susceptible de faire gagner une Coupe du monde de rugby. Très peu servi". Quand notre XV de France suait sang et eau à Marcoussis, Tignes ou Falgos sous les lourdes barres de musculation, toutes les autres nations se sont lancées dans un projet fou, ubuesque même ! Disputer une Coupe du monde en faisant du jeu ! Ah les naïfs, ils se sont levés un matin en pensant que faire des passes suffiraient à changer la face du rugby…

Alexandre Flanquart sur un wattbike - 3 octobre
Alexandre Flanquart sur un wattbike - 3 octobre - AFP

Pendant ce temps-là à Marcoussis, le Harvard du rugby français, on préparait la mêlée, clef de voûte de notre système, on affûtait la condition physique et on faisait chanter les cocottes et autres groupés pénétrants ; notre pack et nos gaillards devaient nous permettre de renverser des montagnes alors que toutes les autres nations étaient parties sur le principe qu’un ballon en mouvement, et donc le danger, irait toujours plus vite qu’un ballon porté. Les stratégies couvées et mitonnées par nos techniciens ont d'ailleurs pris un coup de grisou dès le dernier match de poule face à l’Irlande. La France voulait gagner le match en mêlée, un exercice prisé en Top 14 mais totalement obsolète en Coupe du monde. Si bien que le temps passé à s’échiner sur le joug n’a servi à rien sinon à perdre... du temps.

Augmenter le volume

Pendant ce temps-là, All Blacks, Wallabies, Japonais, Pumas, Gallois ou Ecossais ont pris le parti de donner du volume à leur jeu en Coupe du monde. Et d'autant plus en Coupe du monde ! Mon Dieu quelle audace ! Ce qui était une utopie il y a encore quatre ans s’impose aujourd’hui comme une incontournable vérité : l’étriqué et le petit bras n’apportent rien si ce n’est l’ennui et la frustration.

Le centre Ma'a Nonu (Nouvelle-Zélande) s'échappe et file à l'essai contre l'Australie - 31 octobre 2015
Le centre Ma'a Nonu (Nouvelle-Zélande) s'échappe et file à l'essai contre l'Australie - 31 octobre 2015 - AFP

Alors revenons aux All Blacks: ils se sont ouverts. Pas à tout va, pas à tout crin mais dès que l’opportunité de jouer un mauvais tour à l’adversaire se faisait sentir. Ils évoluent toujours dans un cadre ultra précis mais qui n’interdit pas aux hommes d’innover, d’improviser et par conséquent de rendre leur jeu illisible pour l’opposant. A ce titre, ils sont les précurseurs d’un rugby 2.0, le rugby d’aujourd’hui, de demain, mais aussi celui d’hier. Ce rugby où le plus gros muscle était le cerveau. Un muscle qui ne se travaille pas sur les wattbikes.

De notre envoyé spécial à Londres, Julien PUYUELO

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