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17/10/2007 - 11:29

Ibanez : "Besoin de ce match"


S'il ne veut pas l'affirmer, le capitaine de l'équipe de France Raphaël Ibanez se dirige droit vers la retraite internationale. Vendredi, le match pour la 3e place contre l'Argentine devrait être un rendez-vous qui, il l'assure, ne sera pas galvaudé. Ils veulent finir sur une bonne note.

Ce match sera votre dernier match sous le maillot bleu...

Raphaël IBANEZ : (il coupe) Très mauvaise pioche. Ce n'est pas le sujet ! Le sujet aujourd'hui, c'est le dernier match de l'équipe de France en Coupe du monde. Ne comptez pas sur moi pour faire quelconque déclaration là-dessus.

Ce dernier match du Mondial sera aussi le dernier de De Villiers ou Dominici, qui ont été cités par Jo Maso lors de l'annonce du groupe. Au niveau symbolique, cela ajoute-t-il à la motivation du groupe pour cette rencontre contre l'Argentine ?

R.I. : C'est vrai qu'il y aura pas mal de symboles sur ce match. C'est surtout celui qui va clôturer une longue campagne, qui aura duré de nombreuses semaines. Pour le groupe, ce sont toujours des moments assez émouvants, et pour des joueurs en particulier effectivement.

Gagner ce match permettra-t-il de partir la tête haute malgré la défaite en demi-finale ?

R.I. : Bien sûr, c'est évident. Nous savons très bien que cette dernière rencontre a un véritable enjeu, pour tous les joueurs. Parce que cette semaine, ce n'est pas celle-là que nous voulions préparer. Mais maintenant, nous y sommes et nous nous devons vraiment d'être forts sur ce match.

Après une telle désillusion, comment relancer la machine pour préparer et jouer le dernier match ?

R.I. : Ce n'est pas facile. Quand on se prépare aussi dur, c'est pour être en haut. Mais petit à petit, en passant du temps ensemble, en en parlant ensemble, on se remet. Il y a toujours une grande motivation dans l'équipe, c'est très important. A aucun moment, je n'ai senti mes coéquipiers prêts à lâcher. Et c'est vrai que les huit, qui n'ont pas joué les phases finales, ont envie de se défoncer pour les copains. Nous avons été atteints mais je veux penser que la dynamique n'est pas complètement brisée. Mon rôle, c'est ça aussi, de renforcer cette dynamique au sein de l'équipe.

En 2003, le match pour la troisième place ne s'était pas très bien passé pour les Français. Est-ce différent cette fois ?

R.I. : Déjà, ce n'était pas le même contexte. Nous étions à Sydney, Fabien Galthié avait dû partir pour des raisons familiales, il y avait eu une énorme déception aussi... Là, nous sommes en France. Cela représente beaucoup pour tous les joueurs. En plus, ce sera face à un adversaire qui nous a fait mal lors du premier rendez-vous de la Coupe du monde. On peut trouver beaucoup de critères de motivation : l'adversaire, le contexte, le stade aussi, qui représente beaucoup pour les joueurs de rugby. Tous ces éléments comptent dans notre préparation. Je sais que cette petite finale de 2003 n'est pas un bon souvenir pour moi, cette fin de tournoi n'était pas à notre honneur. Là, c'est en France, nous devons montrer un visage positif.

Cette troisième place a donc de l'importance pour vous ?

R.I. : Elle a une vraie valeur oui, pour tout ce que nous avons fait depuis le début de la compétition, pour le groupe qui a travaillé très dur, pour voir ce que nous avons dans le ventre. Nous avons besoin d'être récompensés. Nous avons besoin de ce match. Nous avons envie de préserver ce sentiment au niveau des supporters qui étaient heureux de suivre l'équipe de France. Je ne veux pas que ça fasse cliché mais ça compte aussi.

L'Argentine est-elle le meilleur adversaire pour cela ?

R.I. : C'est bien oui. C'est bien de les rencontrer même si c'est à ce stade de la compétition. Nous aurions voulu nous préparer pour autre chose, je le répète. Mais c'est bien, nous allons retrouver des gens qui nous ont battus sur le premier match.

Comment se passe cette dernière semaine ?

R.I. : Nous sommes entre deux eaux forcément, dans un moment un peu charnière, entre la déception qu'il faut à tout prix évacuer et la préparation du prochain match. L'ambiance n'est pas complètement morose, mais plutôt calme.

Personnellement, aviez-vous envie de jouer ce match ?

R.I. : Au fond de moi, bien sûr que ce match est important, parce que je suis avec mes copains et mes coéquipiers jusqu'au bout. Il n'est pas question de se défiler une fois que le bateau a pris l'eau. Ce n'est pas dans mon caractère de rester sur le côté dans ce type de situation. Je suis heureux d'avoir été choisi et je suis prêt.

Le staff ne vous a pas demandé si vous aviez envie de le jouer ?

R.I. : Mais non ! Et cela me paraîtrait indécent.

Rugbyrama - Propos recueillis par Emilie Dudon, envoyée spéciale
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