Coupe d'Europe

Le tour de Midi Olympique

Comme chaque week-end, les envoyés spéciaux de Midi Olympique décryptent les moments forts des quarts de finale des coupes d'Europe. Là, ils reviennent sur la blessure de Nicolas Mas, la belle promesse des jeunes de Biarritz, "l'affaire Jérôme Fillol" ou encore les prestations majuscules de Sir Jonny Wilkinson et Sitiveni Sivivatu.

 
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Gloucester-Biarritz: 31-41. Grégory LETORT

Qualifié en demi-finale du Challenge européen dont il est tenant du titre, Biarritz le doit aussi à son expérience. Celle de ses joueurs majeurs: Imanol Harinordoquy (48e match sur la scène continentale), Damien Traille (49e) et évidemment Dimitri Yachvili (66e match). Mais le BOPB alignait aussi trois néophytes à Gloucester: son ailier international moins de 20 ans Teddy Thomas, auteur d'un doublé retentissant, le flanker Tanguy Molcard titularisé en raison du forfait de Benoît Guyot et qui le matin du départ en Angleterre se faisait établir un passeport d'urgence à Pau avant de signer une performance à la Thierry Dusautoir avec 23 plaquages réussis et puis le deuxième ligne Mathias Marie, victime d'une rupture ligamentaire partielle du croisé postérieur du genou droit en début de saison et parfaitement au niveau depuis qu'il a été lancé en équipe première: douze plaquages à Gloucester et quatre ballons volés en touche. Biarritz a de l'expérience et de l'avenir. Le fameux "amalgame entre  les jeunes et les anciens". Cela ne garantit rien mais ça promet. Ne pas douter: Biarritz aura des arguments à faire-valoir en demi-finale à l'Aviva Stadium le 27 avril prochain contre le Leinster.

Perpignan-Toulouse: 30-19. Jérémy FADAT

C'était la revanche des cadres. Leur révolte. Durant un quart d'heure. James Hook, Guilhem Guirado ou Nicolas Mas, pas à leur avantage la semaine précédente lors de la défaite à domicile contre Castres, avaient décidé de remettre les choses dans l'ordre. On l'a senti dès les premières minutes. Et si Hook, absolument irrésistible vendredi soir, et Guirado ont pu mener leur entreprise de rédemption jusqu'au terme de la rencontre, Mas a été fauché à la 16e minute... Sur l'une de ses multiples charges et percées en ce début de rencontre. Cette fois, le pilier international ne s'est pas relevé. Entorse du ligament latéral interne du genou droit. Cruel épilogue pour le capitaine légendaire de l'Usap. Car lui, absent au moins quatre semaines et qui rejoindra Montpellier à l'intersaison, a ainsi disputé ses ultimes minutes à Aimé-Giral avec son maillot de coeur. En son jardin. Lui le Catalan de naissance. Assurément, c'est l'image qui restera gravée dans le marbre de ce Perpignan-Toulouse. Et l'homme, plus encore que le joueur, méritait une autre sortie...    

Bath-Stade français: 20-36. Arnaud BEURDELEY

"Que celui qui n’a jamais pêché jette la première pierre". Les autres, un peu de décence s’il vous plaît. Jérôme Fillol a commis une erreur. Il le sait, il en est profondément bouleversé. Samedi à Bath, en marge de la magnifique victoire du Stade français, le demi de mêlée parisien, auteur par ailleurs d’une excellente prestation, a craché sur son vis-à-vis Peter Stringer. Un geste qui n’a pas sa place dans le rugby. Au nom des sacro-saintes valeurs, il aurait presque été préférable qu’il se rende coupable d’une brutalité. Étrange, mais c’est ainsi. Et l’affaire aurait fait moins de bruit, moins de "buzz". De l’autre côté de la Manche, la bave de Fillol fait couler encore plus d’encre. L’affaire a pris une dimension pharaonique. Et chacun y va de son commentaire. Nul doute que "Belette" sera dans les heures ou les minutes qui viennent cité à comparaître devant une commission de discipline de l’ERC. Jeudi, il se rendra donc à Dublin pour s’expliquer. Dès ce lundi matin, il a fait parvenir une lettre d’excuses à Peter Stringer. Seulement, il risque, selon le règlement jusqu’à un an de suspension. La peine maximale. Évidemment, son geste est condamnable. Mérite-t-il pour autant une telle sanction ? Mérite-t-il d’être blâmé comme c’est le cas aujourd’hui sur les réseaux sociaux ou les différents forums ? Assurément, non. Depuis plus de quinze ans, Fillol sillonne l’Europe. Que ce soit en H-Cup ou en Challenge, il n’a jamais été sanctionné d’un carton jaune, ni cité à comparaître devant la commission de discipline de l’ERC. Peter Stringer, lui, est connu pour ses provocations légendaires. Fillol le savait, il est quand même tombé dans le panneau. Malheureusement pour lui, il va désormais devoir assumer d’avoir craché sur un demi de mêlée irlandais devant une commission de discipline à Dublin...

Clermont-Montpellier: 36-14. Léo FAURE

Sitiveni Sivivatu n’aime pas les louanges, qui lui reviennent pourtant de droit. Assis à l’arrière de la salle de presse, attendant patiemment de passer devant les journalistes pour une exercice qu’il n’apprécie guère, le All Black triturait son téléphone à l’infinie. Tête baissée. Presque embarrassé quand Fabien Galthié, sourire crispé, est venu à la rencontre de son "bourreau". "Vous parlez français ? Félicitations, en tout cas". Relevant à peine le regard vers son interlocuteur, Sivivatu glissé un discret "oui, merci". Gêné. "C’est impressionnant" concluait l’entraîneur montpelliérain avant de rejoindre le vestiaire de son équipe. Des congratulations auxquelles tout le stade -Montpelliérains compris-, la ville et les Auvergnats expatriés se seraient volontiers mêlés. Insaisissable, écœurant de facilité dans ce style faussement nonchalant qui le caractérise, l’ailier de Clermont a certainement livré sa prestation la plus transcendante depuis qu’il est arrivé aux pieds des volcans. Pour autant, ne lui parlait pas d’exploits. "Tout est collectif. Nos essais, notre victoire. Pour tout dire, je préfère l’essai où je donne le ballon à Aurélien (Rougerie, N.D.L.R.) plutôt que celui que je marque". Une philosophie. Un temps mis en doute, après un début de saison 2011-2012 mitigé où il avoue avoir "navigué en zone inconnue, parfois en manque de repères", Sivivatu s’affirme bien comme l’un des recrutements les plus judicieux de ces dernières saisons en France. La fin de saison promet. Vite, la suite!

Toulon-Leicester: 21-15. Jérôme FREDON

On vous l'assure ! Jonny Wilkinson a beau être né de l'autre côté de la Manche, il a du Bonaparte dans les veines. L'autorité avec laquelle "Jonny English" a bouté ses compatriotes hors de la ville, n'est pas sans rappeler l'exploit militaire accompli 220 ans plus tôt à Toulon par le jeune capitaine Bonaparte. "Wilko" s'est affirmé au cours de ce quart de finale historique de H Cup face à Leicester comme le chef de guerre du RCT. Par ses coups de chaussons magiques, le stratège des Rouge et Noir a contraint les hommes de Richard Cokerill à lever l'ancre. Il a libéré Mayol du joug anglais. Tout comme Bonaparte, Wilkinson a l'élégance, l'intelligence et le charisme de son côté. Leader écouté et respecté, "Wilko" se sent aujourd'hui investi d'une mission et d'une responsabilité dépassant sa simple personne. Celle de rendre au RCT sa grandeur passé. Il se murmurait d'ailleurs qu'en cas du retour du Brennus ou de l'arrivée de la H Cup à Toulon, le truculent président Boudjellal songerait à lui offrir une statue à son effigie, place Besagne. Affaire à suivre...

 - Midi Olympique@RugbyramaFR
 
 
 
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