Hernandez - Racing - 14 janvier 2013 - Icon Sport
 
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Coupe d'Europe

Le Tour de Midi Olympique

Le Tour de Midi Olympique

Par Rugbyrama
Dernière mise à jour Le 16/01/2013 à 12:28 -
Par Rugbyrama - Le 16/01/2013 à 12:28
Comme chaque semaine, les envoyés spéciaux de Midi Olympique décryptent, à travers une anecdote, un joueur ou une image insolite, les moments forts du week-end. Là, ils reviennent sur les performances de De Marco et Albacete, le public de Northampton, la joie de Patchell ou l'ambiance à Nantes.

Sale-Montpellier: 6-27. Emilie DUDON

Vainqueur avec bonus à Sale vendredi soir, le MHR s'est offert le droit de rêver encore et de disputer un huitième de finale officieux face à Toulon à Du-Manoir ce week-end. Dans l'indifférence totale des chaînes de télévision, qui n'étaient pas là pour couvrir l'événement. Une situation qui a provoqué la colère des supporters, nombreux à se déchaîner sur les forums. Même les joueurs de Montpellier restés en France ont été "frustrés", à l'image du pilier Juan Figallo: "Avec Martin (Bustos Moyano, N.D.L.R.), nous avons passé des heures à chercher la rencontre sur internet sans pouvoir trouver une seule image !" Alors, on va vous raconter ce qui s'est passé. Si vous aviez été là, vous auriez vu une équipe de Montpellier pas flamboyante mais propre, qui s'est appuyée sur les fondamentaux - et notamment une très grosse domination en mêlée - pour inscrire quatre essais. Vous auriez aussi vu que, parmi ces avants dominateurs, Mickaël De Marco a su tirer son épingle du jeu. Avec sept plaquages effectués et deux ballons récupérés dans les rucks, le deuxième ligne montpelliérain a répondu présent pour fêter sa quatrième titularisation en cinq rencontres. Et c'est d'autant plus intéressant que le joueur de 22 ans a été formé dans ce club depuis son plus jeune âge. Il grandit, à l'image du MHR. Comme un symbole.

Northampton-Castres: 18-12. Nicolas ZANARDI

Pour sa troisième participation en H Cup de l'ère Travers-Labit, Castres effectuait son troisième déplacement consécutif à Northampton. Autant dire que les Saints constituent, en quelque sorte, la quinzième équipe du Top 14 aux yeux des joueurs tarnais... Et pourtant, comment éprouver une quelconque lassitude à retrouver le vénérable Franklin's Garden, dont celui qui offrit son nom au terrain fut l'auteur de la légendaire définition du rugby, "sport de voyous pratiqué par des gentlemen" ? Au vrai, à Northampton, l'amateur de rugby effectue rien moins qu'un pélerinage. Situé à une quarantaine de kilomètres de la ville de Rugby, le club de Northampton évoque la quintessence du rugby britannique tel qu'on l'aime, avec son club-house réservé "aux joueurs et anciens joueurs", ces tribunes proches du terrain, l'absence de talenquères, et surtout ce public enthousiaste, chanteur, et si connaisseur... Un exemple ? On le trouvera, peut-être, lors de la première pénalité accordée à Castres sur laquelle Rory Kockott, pris sans ballon après un coup de pied pour lui-même, en "rajouta" un peu afin d'obtenir une pénalité. Tout à leur colère, les 12000 supporters des Saints conspuèrent copieusement le Sud-Africain (ou la décision de l'arbitre...) pendant la préparation sa prise de marques, avant de se taire respectueusement pour ne pas perturber sa concentration... puis d'applaudir chaleureusement à son échec ! Même Laurent Travers, assis à nos côtés, ne put retenir une moue admirative devant le comportement ce vrai public de rugby...

Zebre-Biarritz: 6-32. Marc DUZAN

Les spectateurs des Zebre... Qui sont-ils ? D'où viennent-ils ? Et que leur procure donc le rugby, pour qu'ils persistent à venir assister aux rencontres de la dernière née des provinces italiennes ? Treize défaites en Ligue celte, cinq en coupe d'Europe. L'équipe de Christian Gajan n'a encore jamais connu la victoire. Au fur et à mesure des rencontres, les Italiens commencent pourtant à donner raison à ceux qui ont cru en eux. Face à Biarritz, les cancres de la Ligue celte ont bousculé les Biarrots en mêlée fermée, produit quelques très beaux mouvements et, globalement, offert une belle résistance aux derniers vainqueurs du challenge européen. Peu à peu, les Zebre trouvent leur place dans le rugby européen. Vivement demain...

Toulon-Cardiff: 45-25. Jérôme FREDON

Heureux qui comme un gosse a récupéré le maillot de Jonny Wilkinson.
Ou comme Rhys Patchell, l'ouvreur jouvenceau de Cardiff qui a longuement discuté avec sa divinité.
Et puis est retourné, le cœur léger et les bras levés.
Dans les vestiaires se délecter de son don.

Racing-Saracens: 28-37. Léo HUISMAN

La fête aurait été parfaite si le Racing Metro l’avait emporté samedi à Nantes. "Bloody Saracens !" la défaite des franciliens, si elle met fin à leur rêve européen, ne remet pas en cause le succès de la délocalisation. 35000 personnes se sont pressées à La Beaujoire pour assister à une rencontre de coupe d’Europe de rugby. Un public sevré qui en redemande. Toute la journée dans les rues de Nantes, le "canari" traditionnel avait laissé la place au ciel et blanc, le ballon rond à celui, ovale. Une réussite populaire pour le président Lorenzetti et son équipe administrative, qui ne parvenaient plus à remplir le Stade de France lors des affiches qu’ils y organisaient. Un succès dont la LNR va s’inspirer pour les demi-finales. Cette journée de H-Cup, c’était aussi une répétition générale pour les phases finales du Top 14 qui se dérouleront à Nantes les 24 et 25 mai prochain. Une petite équipe de la Ligue était d’ailleurs présente samedi en Loire Atlantique. On leur souhaite autant de monde et d’ambiance que ce que le Racing a réussi à réaliser.

Clermont-Exeter: 46-3. Léo FAURE

Et si c’était le Leinster en quart de finale? Pour l’instant, l’éventualité tient plus de la boule de cristal que d’une probabilité importante. Mais elle existe. Et rien qu’à l’évocation de cette idée, on ne sait trop que penser. D’un côté, les Clermontois ont exorcisé un démon, certainement pris un ascendant psychologique lors de cet après-midi de grande victoire à l’Aviva stadium, en décembre dernier, et prouvé qu’ils étaient non-seulement en capacité de battre la province double-championne d’Europe, mais qu’ils leur étaient même supérieurs. De l’autre, la perspective inspire la crainte. Leo Cullen en tête, les expressions sur les visages des Dublinois quelques minutes après la défaite sur leur sol tenaient bien plus de la vexation que de la résignation. Le désir de revanche fait parfois surgir des forces insoupçonnées. "Ils ont pris le bonus? Vous allez voir qu’on va encore les prendre en quart...", nous glissait dans un soupir un Clermontois, samedi soir, en apprenant le résultat des Dublinois face aux Scarlets de Llanelli. Si les Auvergnats, en tous points impressionnants et désormais dans la position du matador, ont largement de quoi rivaliser et imposer leur loi, on se dit qu’il y aurait tout même des taureaux plus aisés à affronter. Même à Marcel-Michelin.

Toulouse-Trevise: 35-14. Heissam ABDALLAH

Les Pumas ont Juan Martin Hernandez dans le rôle d'"El Mago". Ils ont aussi "El Fuego", avec dans le rôle principal Patricio Albacete. Sur la pelouse d'Ernest-Wallon, "Pato" a livré encore une fois une prestation de haut vol avec un essai à la clé et une percée plein champ qui amène l'essai du bonus marqué par Florian Fritz. Nous sommes à la 61e minute, McAlister trouve à son intérieur Patricio Albacete qui prend l'intervalle, prend de vitesse tout la défense italienne, raffute et cherche du soutien. Il le trouvera 40 mètres plus loin avec Huget qui déblaye, Burgess qui prend le ballon, le passe à McAlister, ce dernier effectuant une sautée pour Fritz qui, en bout de ligne, va aplatir pour le quatrième essai du match synonyme de bonus. On connaissait le "Pato" travailleur de l'ombre, présent au combat et souvent décisif. Maintenant, on le connait dans un autre registre de perforateur. Une action qui pourrait donner des idées au staff toulousain...