Mamuka Gorgodze - cardiff montpellier - 9 décembre 2012 - Icon Sport
 
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Coupe d'Europe

Le tour de Midi Olympique

Le tour de Midi Olympique

Par Rugbyrama
Dernière mise à jour Le 10/12/2012 à 19:53 -
Par Rugbyrama - Le 10/12/2012 à 19:53
Comme chaque semaine, les envoyés spéciaux de Midi Olympique décryptent, à travers une anecdote, un joueur ou une image insolite, les moments forts du week-end. Là, ils reviennent sur la fébrilité de Biarritz, la nouvelle performance de Vincent Clerc, le climat anglais à Sale, l'exploit de Montpellier ou encore le match âpre entre Clermont et le Leinster.

Glasgow-Castres: 6-9. Vincent BISSONNET

Vendredi soir, au Scotstoun Stadium de Glasgow, la H Cup ne méritait pas vraiment le titre de reine des compétitions de clubs: pas de diffusion télévisée, pas d'arbitrage vidéo - l'essai inscrit par Yannick Forestier en deuxième période ayant du coup été invalidé par M. Barnes - et très peu de spectateurs, seulement 3 348. La teneur des débats, non plus, n'a pas atteint les sommets escomptés à ce niveau avec une pléiade d'en-avants, de lancements inachevés et d'attaques stériles. Les Glasgow Warriors n'ont pas tenu leurs promesses d'équipe ambitieuse et adroite balle en main et Castres n'a pas concrétisé son évidente supériorité au tableau d'affichage. Un aspect s'est au final véritablement montré digne de la Coupe d'Europe vendredi soir: la hargne, la détermination et la solidarité des Tarnais, décidés à continuer leur chemin en H Cup. Cette envie les a conduit vers une sixième victoire consécutive et vers la deuxième place de la poule. Au moins, le CO aura affirmé cette vérité en Ecosse: oui, il joue bel et bien sur les deux tableaux !

Connacht-Biarritz: 22-14. Arnaud BEURDELEY

Il y a des statistiques qui valent mieux que toutes les explications du monde. Les joueurs du BO ont perdu face au Connacht 18 ballons. Un chiffre pharaonique. C'est d'ailleurs sur l'un de ces en-avants commis par Marcelo Bosch que le sort de la rencontre a basculé en faveur du Connacht (7e). Ces maladresses sont la conséquence d'un jeu en panne de fluidité. Les Biarrots ont donné l'image d'une équipe sans repère collectif dans l'animation offensive. Certes, Berquist revient depuis peu d'une longue absence, mais cela n'explique pas tout. A plusieurs reprises, des joueurs sont apparus déboussolés dans l'organisation. A l'image d'Erik Lund (56e) perdu dans la ligne de trois-quarts au point d'en oublier le ballon. A l'image encore de cette passe de Baraque (75e) parfaitement ajustée... entre ses deux centres pour un ballon encore tombé. A l'image de l'ailier Brew, pas attentif sur un côté fermé joué par Yachvili (33e). Malgré ses nombreuses maladresses, le Biarritz Olympique peut tout de même se targuer d'avoir eu une possession de balle supérieure aux Irlandais (56% contre 44%) et une occupation également flatteuse (55% contre 45%). Seulement voilà, avoir le ballon, c'est bien. Franchir, c'est mieux. A aucun moment de la rencontre, le BO n'a réussi à "casser" les plaquages irlandais. Aucun franchissement du premier rideau défensif adverse. Un zéro pointé constaté par le staff qui a pourtant pris l'initiative à la mi-temps de remplacer le trois-quarts centre Marcelo Bosch par le puissant Burotu. En vain. Le BO, même en supériorité numérique pendant 10 minutes en raison du carton jaune de McKeon, n'a jamais trouvé la faille. Dans ces conditions, Biarritz ne pouvait pas gagner.

Toulouse-Ospreys: 30-14. Nicolas ZANARDI

Vincent Clerc n’en finit plus d’affoler les compteurs. Que ce soit avec le maillot de Toulouse ou avec celui des Bleus. Samedi face aux Ospreys, l’ailier originaire de Saint-Égrève, dans la banlieue de Grenoble, a inscrit son 34e essai dans la compétition européenne. Soit trois de plus que son dauphin, un certain Brian O’Driscoll (31 réalisations). Surtout, il égalise du coup le nombre d’essais qu’il a inscrit sous le maillot du XV de France, pour un nombre de matchs relativement similaire (64 en Bleu et 69 en H Cup). Des statistiques qui forcent respect. Et le meilleur, dans tout ça: humble, Vincent Clerc préférait éluder le sujet samedi soir, après la rencontre...

Sale-Toulon: 6-17. Pierre-Laurent GOU

On est bien en France. Et l’on comprend le pouvoir attractif du Top 14. Il n’est pas seulement financier. Il fait bon vivre en France et ceux qui en doute encore devraient aller une fois voir un match de rugby (ou mieux de football) à Manchester mi-décembre. C’est bien simple, le soleil se cache derrière les nuages et à l’heure du goûter, il fait nuit noire ! Voilà ce qu’ont vécus les Toulonnais ce week-end. Leur match programmé à 15h30, heure locale, se disputait en fait en nocturne. Et pour bien les accueillir, une pluie fine mais continue a parsemé tout leur week-end. Et renseignement pris auprès des joueurs de Sale, leur hiver dure quatre bons mois. On comprend mieux alors pourquoi le président toulonnais, Mourad Boudjellal, quand il recrute un joueur britannique, tient à le rencontrer sur Toulon, et l’invite souvent à déjeuner sur les bords des plages varoises…

Racing-Métro-Edimbourg: 19-9. Léo HUISMAN

Mais où est passé Edimbourg ? Où est passé l’équipe qui, l’an passé, s’est hissé jusqu’en demi-finale de coupe d’Europe, se défaisant au passage, des London Irish et du Racing Metro en poule et du Stade toulousain en quart de finale ? Les joueurs écossais sont pourtant les mêmes. Tim Visser, le Hollandais volant, toujours la star de l’équipe, son joueur le plus dangereux aussi. Greig Laidlaw, toujours son maître à jouer, la première ligne internationale toujours aussi déroutante. Son jeu n’a pas changé d’un iota lui non plus. Les Ecossais sont toujours ces "lapins furieux" courant sans cesse et partout, pouvant multiplier les temps de jeu à outrance sans jamais perdre le ballon. Mais, contrairement à l’an passé, il manque cruellement de la puissance à cette équipe pour qu’elle puisse rivaliser de nouveau avec les cadors européens. Si bien qu’un Racing peu fringant n’a jamais véritablement été en danger à Colombes pour venir à bout de son bourreau l’an passé. Et les Ciel et Blanc ont une occasion unique samedi de prendre leur revanche sur Edimbourg à Murrayfield, de chasser les fantômes du match le plus incroyable de la saison dernière, de retrouver son rang. Il ne faut pas gâcher.

Cardiff-Montpellier: 24-35. Emilie DUDON

A l'issue de leur exploit sur la pelouse de l'Arms Park, dimanche après-midi, les Monptelliérains avaient tous pris la mesure de ce qu'ils venaient d'accomplir. Même si les Gallois ont joué à 14 presque une heure, même si ce succès ne fut pas parfait, même si le bonus offensif aurait pu (dû) être empoché, c'est un bout d'histoire de leur club, rien de moins, qu'ils ont inventé en remportant le premier succès à l'extérieur du MHR. Cette deuxième victoire consécutive leur laisse un espoir de qualification pour les phases finales et prouve que le MHR, qui a déjà fait en mieux en trois journées que lors de toute leur saison européenne l'an passé, grandit. Et c'est d'autant plus marquant que les cadres de l'équipe, les Trinh-Duc, les Ouedraogo, les Tomas ou les Privat n'étaient pas là. Ce sont les "revanchards" qui sont allés chercher ce résultat historique. A l'image de l'ailier Yoan Audrin, auteur du premier essai de la rencontre et qui faisait son retour après un mois et demi sans compétition. "On savait tous qu'on avait une carte à jouer", lâchait-il après la rencontre. Et Montpellier a réalisé un joli coup de poker...

Clermont-Leinster: 15-12. Léo FAURE

Faut-il blâmer l’arbitrage de Nigel Owens? C’est une vérité: tout le match, les rucks furent une bataille gigantesque, entre deux équipes rompues aux combats du très haut-niveau. Parfois, souvent même, on aurait bien décelé un plaqueur (très) lent à se sortir, un étayage légèrement désaxé ou, emporté dans l’engouement, au-delà de la ligne d’affrontement. Des excès pas toujours sifflés et qui, dans notre championnat, auraient certainement vu nos arbitres nationaux dégainer. Pour autant, faut-il se plaindre de ce "laxisme"? Du moment qu'il fut paritaire, gageons que non. Il impose aux joueurs, il est vrai, de s’adapter par rapport à ce qu’ils connaissent toute l’année. Mais question combat et continuité du jeu, le spectacle ne sort que grandit de cette liberté accrue laissée aux acteurs.