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Coupe d'Europe

Ferris-O’Brien: collision imminente

Ferris-O’Brien: collision imminente

Par Rugbyrama
Dernière mise à jour Le 19/05/2012 à 11:51 -
Par Rugbyrama - Le 19/05/2012 à 11:51
Partenaires en sélection avec le XV du Trèfle et amis inséparables dans la vie, les flankers Stephen Ferris et Sean O’Brien, défendant respectivement les couleurs de l’Ulster et du Leinster, se livreront ce samedi à un inévitable duel fratricide lors de la finale de H Cup (18h).

Ils se connaissent sur le bout des doigts. Au Mondial, en Nouvelle-Zélande, ils ont partagé la même chambre. Tout comme pendant le dernier Tournoi des 6 Nations d’ailleurs, et même celui d’avant. Voilà deux ans qu’ils vivent en collocation à chaque rassemblement du XV d’Irlande. Ils ne comptent plus le nombre de fois où ils ont joué côte à côte, en sénior, ou face à face, quand ils étaient plus jeunes. Un temps que Stephen Ferris préfère oublier, tant il en possède un souvenir douloureux: "On a joué deux fois l’un contre l’autre", grimaçait cette semaine Ferris en conférence de presse: "l’équipe de Sean nous a atomisé à chaque fois". Une amitié si forte que Mike Ross, le pilier du Leinster et de l’Irlande ironise: "Ils sont pires qu’un couple !". "C’est vrai que Sean est un excellent coloc’", ajoute Ferris, "et en plus il ne ronfle pas !".

Un couple pourtant destiné à se déchirer, le temps d’un match de rugby. Et quel match. Rien moins qu’une finale de Coupe d’Europe. Avec le Leinster, O’Brien veut prouver, aux rares observateurs qui en douteraient encore, que le Leinster est "la" plus grande équipe du vieux continent. La seule capable de remporter trois titres en quatre ans. Ferris, son vis-à-vis, veut bouleverser la hiérarchie celte, et mettre fin au règne sans partage des armées rouge et bleu du Munster et du Leinster.

Ferris-O’Brien, les faux-frères

Sur le terrain, les deux joueurs sont des armes de destruction massive: techniques, puissants, mobiles, franchisseurs et gratteurs. Par sa taille (1,93m), Ferris dispose d’un atout supplémentaire en touche. O’Brien a pourtant été désigné meilleur joueur européen l’année dernière. Mais "Fez" est en course pour obtenir cette distinction cette année. Sportivement, ils se suivent. C’est sur le plan humain qu’ils se distinguent. Ferris, c’est l’homme des polémiques. Celui des 100 semaines de suspension, distribuées à David Attoub, Julien Dupuy, et Danny Grewcock. Celui qui irrite aussi les entraîneurs adverses, parce qu’il est préservé par son club. "Bien sûr qu’il est bon dans les grands matchs !", s’exclamait Joe Schmidt, l’entraîneur du Leinster en conférence de presse. "Il ne joue que les grands matchs ! Le reste du temps, les dirigeants de l’Ulster le préservent, l’emballent soigneusement dans du coton, et ne le sortent que pour les grands rendez-vous !", poursuivait-il.

O’Brien, lui, est de toutes les batailles. Sauf de celle des mots. Interrogé par nos soins une heure après avoir été désigné "joueur de l’année" par l’ERC 2011, le "Tank de Tullow" n’avait pas laissé transparaître le moindre soupçon d’autosatisfaction dans ses réponses. Ferris-O’Brien, le feu et la glace. Et quand deux forces gigantesques s’affrontent, elles ont souvent tendance à s’annuler. Dans ce cas, qu’est ce qui fera pencher la balance ? Peut-être un inconnu. Cette semaine, en conférence de presse, un nom revenait sur toutes les lèvres du Leinster. Celui du flanker Chris Henry, qui ne compte qu’une cape avec l’Irlande. Un test, face à l’Australie, en juin 2010, et une défaite (22-15). Soixante-huit minutes, et plus rien. Sauf qu’il a été le grand artisan de la victoire des siens en quart contre le Munster, à Thomond Park: meilleur plaqueur de son équipe, il a frappé à dix-sept reprises sans jamais manquer sa cible. Ferris, malgré ses dix-neuf plaquages, comptait quatre échecs. Touché au genou, Chris Henry n’a pas joué la demi-finale contre Edimbourg. Mais il s’est rétabli à temps. Chris Henry, l’autre menace de l’Ulster sera bien là. Sean O’Brien aura fort à faire.