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Coupe d'Europe

Qui sont ces Ospreys ?

Qui sont ces Ospreys ?

Par Rugbyrama
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Par Rugbyrama - Le 14/01/2010 à 15:49
Les Ospreys, premiers de la poule 3, se rendent à Clermont-Ferrand ce samedi pour décrocher leur ticket qualificatif. Coup d'oeil sur cette équipe dotée de nombreux talents. Mais pas dénuée de faiblesses.

Brrrrrr.... Même le guerrier sans peurs, Jamie Cudmore, en frissonne : "Les Ospreys sont impressionnants", déclare le Canadien dans Midi Olympique à paraître ce vendredi. Samedi, le géant deuxième ligne et ses petits copains clermontois vont se frotter, sur la pelouse de Marcel-Michelin, à une armada de 15 internationaux, 548 sélections, 100 % talent pur. L'enjeu : la pole position de la poule 3, occupée par les coéquipiers de Shane Williams (16 points contre 12 pour l'ASMCA). Pourquoi la franchise galloise est-elle tant redoutée ? Pourquoi, paradoxalement, n'a-t-elle jamais atteint les demi-finales de la reine des coupes européennes ?

Une ligne d'attaque quatre étoiles

Attention les yeux ! Lee Byrne, le talentueux arrière des Lions britanniques et irlandais, Tommy Bowe et Shane Williams, les deux ailiers du XV mondial bis du Midol, James Hook, le plus polyvalent des trois-quarts, Dan Biggar, tireur d'élite surdoué... Enlevez Mike Phillips, deuxième meilleur demi de mêlée au monde, et voilà surgir Enrico Januarie, Springbok aux 40 sélections. N'en jetez plus, svp. Dans tous les stades européens, les Ospreys sont fichés comme de dangereux pyromanes de défense : joueurs, voire flambeurs. Avec 164 pions et 19 essais inscrits, les Gallois, adeptes du mouvement perpétuel, possèdent l'attaque la plus performante de la compétition. Lors de la manche aller, les Clermontois n'avaient pu résister à l'embrasement et avaient encaissé 22 points en 40 minutes. Mais avec ses trois coups de pieds puissants (Biggar, Hook, Byrne), les Ospreys peuvent aussi alterner avec de l'occupation.

Une défense agressive... mais friable

Pour les Ospreys, la première des attaques reste... la défense. Avec une "rush defense" (défense inversée, in french) très agressive, le maître tacticien Sean Holley cherche à s'appuyer sur la vitesse et la vivacité de ses flèches supersoniques. Objectif : contrecarrer les attaques au large des adversaires en coupant le plus rapidement possible la route des extérieurs. Attention donc aux contres des Williams et Bowe. La solution ? Les Clermontois l'avaient finalement trouvé en deuxième période au Liberty Stadium en insistant au ras de regroupements pour surprendre des Gallois, dispersés sur la largeur et calés dans les starting-blocks. Avec 86 points et 9 essais encaissés, les Ospreys détiennent, somme toute, une défense très "passable" (12e et 15e de la H Cup).

L'inconnue de la conquête et du mental

Voilà l'éternel facteur X de cette formation. Quel visage va afficher le grand huit gallois ? Personne n'a oublié la déculottée subie au Munster en avril. Quart de finale de H Cup, duel de ténors et au final, 43 à 9 : bloody sunday. Autant de talent mais trop peu de mental et moins de cohésion : ce jour-là, à Thomond Park, les Ospreys, dominés dans la conquête, étrillés devant, ont touché leurs limites du doigt. Renforcé par un Jerry Collins renaissant à l'intersaison, le pack parviendra-t-il enfin à répondre présent le jour J ? L'indisponibilité de Duncan Jones, numéro 1 incontestable à gauche de la mêlée, renforce cette interrogation. A l'aller, les Clermontois avaient nettement dominé leurs homologues dans ce secteur. Mais depuis, le solide Adam Jones, longtemps blessé à l'épaule, a effectué son come-back à droite. Le numéro 8 Ryan... Jones et le deuxième ligne Jonathan Thomas, aperçus régulièrement dans les alignements du Tournoi des 6 Nations, sont, eux, reconnus comme des sauteurs de niveau international.

Talentueux, audacieux mais handicapés par un mental défaillant, ces Ospreys, beaux perdants de l'Ovalie - certes vainqueurs de deux Ligue Celte et d'une Coupe anglo-galloise - peuvent étrangement rappeler... une équipe auvergnate, grande habituée des finales perdues.