Paris Bastareaud déception 2010 - Midi Olympique
 
Article
commentaires
Coupe d'Europe

Paris à court de miracles

Paris à court de miracles

Par Rugbyrama
Dans cet article
Par Rugbyrama - Le 12/04/2010 à 13:47
Le Stade français, lourdement défait 16-42 en quart de finale de H Cup à Toulouse dimanche, est tombé de haut. Les Parisiens comptaient sur ce match pour sauver leur saison cauchemardesque. Bien que déçus, ils doivent se remobiliser avant le déplacement à Albi samedi.

Le miracle n'a pas eu lieu. Les Parisiens avaient pourtant cru très fort en ce match de la dernière chance, qui serait venu balayer leur saison chaotique. Une saison interminable jonchée par les blessures à répétition, un limogeage d'entraîneurs, les suspensions de deux joueurs-clé et des problèmes financiers. Oui, les Parisiens s'étaient vraiment pris à rêver d'un peu de répit, d'une once de ciel bleu dans le brouillard qu'ils traversent ces derniers mois.

Une préparation à huis clos

Le destin étant cruel, ils ont même espéré près d'une heure qu'ils pourraient sauver leur saison. A la 59e, le Stade français était mené de trois points seulement (16-19). Auteur d'une excellente entame de match, il avait d'entrée affirmé ses ambitions. Des ambitions peaufinées dans la semaine, passée à huis clos et durant laquelle les joueurs s'étaient retrouvés. Les avants puis les trois-quarts avaient organisé deux repas pour "boire quelques bières, parler des difficultés, de l'avenir. De tout, de rien", selon l'un des protagonistes. Bref, les Parisiens étaient prêts.

Midi Olympique

Mais ils ont laissé filer leur bouée de sauvetage, noyés par le raz de marée toulousain après l'essai d'Albacete à l'heure. A cause d'un manque de réalisme en début de match tout d'abord, mais aussi d'un manque de chance et surtout d'un manque de banc. Dépité, le futur ex-entraîneur Jacques Delmas peinait à cacher sa frustration à la sortie des vestiaires : "Le score est lourd et sévère compte tenu de la première mi-temps qu'on réalise. On est bien en place mais on manque d'efficacité. On peut tourner avec dix points d'avance à la pause mais on prend cet essai bête (Jauzion, 40e) et on encaisse des points derrière sur des fautes idiotes (pénalités de Skrela, 46e et 49e) puis on commence à baisser le pied. Ils font des changements et là, on craque." Psychologiquement et physiquement, comme le confirme le capitaine Rodrigo Roncero : "On était fatigué en deuxième mi-temps et on n'a pas su, pas pu gérer cela."

Delmas : " Dupuy nous a fait défaut"

Ce match est finalement à l'image de la saison complète des Parisiens : frustrant et décevant. Leur descente aux enfers durant les vingt dernières minutes symbolise à elle seule leurs difficultés de l'année. Les soldats roses n'avaient plus les armes pour combattre. "Psychologiquement, on va avoir du mal à s'en relever. On commençait à récupérer quelques forces vives mais on a tellement laissé d'énergie pendant cette période difficile que nous n'avons pas pu réagir", déplorait Delmas, pour qui son équipe a aussi failli stratégiquement : "On aurait dû davantage garder le ballon, insister devant. Mais au lieu de ça, on s'est évertué à faire des chandelles et ils ont été dangereux sur tous les ballons partis de ces chandelles. C'est pour ça que je dis qu'un stratège comme Julien Dupuy nous a énormément fait défaut." Un match comme un symbole, vous disait-on. "C'est dur", soufflait Rodrigo Roncero, valeureux guerrier que ses forces avaient abandonné.