David Skrela 1 - Octobre 2010 - Stade Toulousain - Icon Sport
 
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Coupe d'Europe

Le Tour de Midi Olympique

Le Tour de Midi Olympique

Par Rugbyrama
Dernière mise à jour Le 12/10/2010 à 10:38 -
Par Rugbyrama - Le 12/10/2010 à 10:38
Comme chaque semaine, les envoyés spéciaux de Midi Olympique décryptent, à travers une anecdote, un joueur ou une image insolite, les moments forts du week-end. Cette fois, ils vous raconte la performance de Skrela, les deux faces cachées de Cudmore ou le coup d'épaule de Terrain.

Leinster/Racing : 38-22 - Léo HUISMAN

A Dublin, le Racing n’a pas eu la chance de découvrir l’Aviva Stadium, le tout nouveau Lansdowne Road, qui accueillera cette année, les matchs du Tournoi disputés en Irlande. L’Aviva, c’est une immense et sublime structure en verre qui peut contenir un peu plus de 50000 personnes. Les nostalgiques regretteront peut-être de ne plus sentir ses sièges vibrés quand un train passe dans la gare de Lansdowne Road comme c’était le cas dans l’ancien stade, mais rien que pour cet exploit architectural, un petit week-end de Tournoi en Irlande mérite d’être envisager. Le Racing lui, s’est contenté du RDS Stadium à dix minutes à peine de l’Aviva. Une stade magnifique lui aussi, mais totalement désuet, bâti à partir d’anciennes écuries. Ce qui frappe là-bas, c’est pourtant l’ambiance qui y règne : 17000 dublinois poussant derrière leur équipe, maniant l’humour d’une seule voix, "Allez les bleus" scandaient-ils en français pour supporter les Leinstermen et, bien sûr respectant son adversaire du jour. Lorsque Fillol ou Steyn, chahuté par ailleurs, s’élançaient pour tenter un tir au but, on entendait les mouches voler.

Toulouse/Wasps : 18-16 - Grégory LETORT

Nom : David Skrela. Profession : messie du Stade toulousain en H Cup. La première fois que l'ouvreur-buteur s'est révélé dans ce job c'était en octobre 2008 contre Bath au Stadium. Une pénalité à la dernière minute pour permettre au Stade toulousain de s'imposer sur le fil. On n'oubliera pas la joie qui fut la sienne ce jour-là, lui dont les premiers pas sous le maillot du Stade toulousain après son transfert du Stade français avaient été terriblement compliqués. Dans ce rôle de sauveur sur la scène continentale, David Skrela s'est épanoui. Jusqu'à signer un chef d'oeuvre en finale de H Cup 2010 contre Biarritz avec 15 points à la clé. Et honnêtement, rien que pour l'homme qu'il est, ce fut plaisant de le voir enfin triompher en finale de H Cup après deux échecs (Colomiers contre Ulster ; Stade français contre Toulouse). En mai au Stade de France, c'était "No Skrel', no Win". Dimanche sous le déluge qui a noyé le Stadium et les ambitions offensives du Stade toulousain, David Skrela a récidivé : les 18 points de la victoire dont une dernière pénalité salvatrice à la 73e. Simplement merci. En H Cup, David est goliath. En salle de presse, il s'est présenté avec sa modestie habituelle : "C'est mon rôle, ça m'a réussi aujourd'hui. J'en ai raté d'autres à certains moments. C'est bon pour moi, mais c'est surtout bon pour l'équipe". Pour finir il dira : "Dans cet exercice, il faut parfois un petit coup de pouce du destin". Il a eu de la réussite en profitant de la transversale sur une pénalité. Moins de chance sur une autre en tapant le poteau. N'empêche, il y a d'évidence une part de talent. Depuis qu'il est en élite, Skrela a tout entendu : trop ci, pas assez ça, protégé, favorisé, blessé. Sauf qu'il répond sur le terrain : des matchs décisifs, des titres (H Cup 2010), Brennus (2004, 2007) et une carrière internationale avec 19 sélections. Juste un grand joueur. Et pour ne rien gâcher, un vrai monsieur. Respect.

Llanelli/Perpignan : 43-34 - Philippe KALLENBRUNN

La H Cup semble irrémédiablement tourner le dos à Perpignan, qui rêve pourtant de briller enfin sur le Vieux-Continent. On n'a pas oublié le couac vécu à Trévise la saison dernière (défaite 8-9). Cette fois encore, l'occasion était belle de commencer la compétition par un résultat positif. Contre Llanelli, une équipe expérimentée au plan européen, plutôt virevoltante dans ses lignes arrière, mais, avouons-le, qui n'a rien d'un épouvantail. L'Usap n'a pu faire mieux que de prendre un point de bonus offensif, victime de son indiscipline et de sa défense gruyère. Menés 15 à 40 au cours de la deuxième période, les Catalans, pour lesquels on a redouté un temps qu'ils ne reçoivent une fessée sans précédent, ont au moins sauvé les meubles, en ne s'inclinant que 34 à 43. Mais leurs insuffisances du moment étaient trop grandes pour qu'ils méritent mieux. Il est devenu très délicat de se qualifier pour les quarts de finale de la H Cup avec deux défaites au compteur dans la phase de poule. Autant dire que l'Usap doit désormais ambitionner de réussir un carton plein. Y compris lors de sa double confrontation avec les Tigers de Leicester au mois de décembre qui, eux, n'ont pas flanché en ramenant, fut-ce dans la douleur, cinq points de Trévise.

Clermont/Saracens : 25-10 - Marc DUZAN

Au Midol, on aime Jamie Cudmore parce qu'il ne fait jamais rien à moitié. Toujours dans l'excès, le Canuck. Ange ou démon, mais rarement commun. Blanc ou noir, mais jamais gris. Génial sur cet essai marqué face aux Saracens (7e minute), après une course de vingt mètres. Coupable sur ce coup de poing adressé treize minutes plus tard au pilier des Saraboks Deon Carstens, qui lui avait délibérément titillé le bout du casque, au détour d'un regroupement. Cinq points, trois ballons récupérés dans le jeu au sol et une présence physique dans le jeu dans l'axe une nouvelle fois ahurissante. Sur l'autre face ? Un uppercut, un carton jaune, les remontrances de M. Allan, le regard noir de Vern Cotter et une citation à comparaître, in fine, devant la commission de discipline de l'ERC. Au Midol, on apprécie Jamie Cudmore parce qu'il n'est ni lisse, ni parfait. Parce qu'il est capable, à notre image, du meilleur comme du pire.

Northampton/Castres : 18-14 – Nicolas ZANARDI

Volés, spoliés, dépouillés... Les adjectifs ne manquent pas, après coup, pour décrire le hold-up dont furent victimes les Tarnais à Northampton. On nous rétorquera qu'en tournant à 8-5 à la mi-temps après que les Saints eurent manqué trois occasions d'essais franches et quatre pénalités, ce sont les Castrais qui réalisaient un hold-up. Peut-être... sauf que ce hold-up là ne devait rien à l'intervention d'un tiers. Or, en deuxième mi-temps, le référé M. Lacey outrepassa carrément ses devoirs, en décidant purement et simplement de l'issue de la rencontre. En sanctionnant la mêlée tarnaise alors que les trois première ligne adverses avaient les pieds décollés du sol. En refusant à Peikrishvili un essai parfaitement valable pour un en-avant imaginaire de Diarra, avant de récidiver quelques minutes plus tard pour une action similaire de Caballero. En stoppant une action gagnante des Tarnais pour pénaliser ces derniers parce qu'ils se trouvaient à seize sur le terrain, pendant que Romain Cabannes quittait le terrain aux abords des ballons morts. Et vous connaissez le pire ? C'est qu'on en passe...

Toulon/Ospreys : 19-14 – Pierre-Laurent GOU

Il ne fallait pas être sensible au courant d’air samedi après-midi à Mayol. Oh ni le mistral, ni le vent marin mais un diable de petit gallois qui a voulu gâcher la fête. Il aurait même pu transformer la première européenne des Toulonnais en cauchemar. Il ne lui a pas fallu grand chose. Juste une tout petite erreur de placement. Un petit couloir de trois mètres. Shane Williams, ailier de son état, courtisé en vain par Toulon l’an passé, a démontré pourquoi malgré la trentaine bien tassée, il restait comme l’un des meilleurs spécialistes du poste au monde. Une accélération, un crochet intérieur sur le jeune Lapeyre, un dernier coup de rein, et les Ospreys étaient sur le point de réussir le hold-up parfait. Heureusement à Toulon, sévit aussi, un autre match-winner, de la trempe des tueurs. Pour sa sixième titularisation en H Cup, Sir Jonny ne voulait pas mourir pour son entrée en scène. Une passe redoublée avec Smith, un cadrage-débordement, une merveille de passe sautée pour Sackey plus tard et Toulon se voyait offrir une occasion en or. Sackey, lâchait la bride, la caravane arrimée à ses basques et enrhumait à son tour la défense galloise pour l’essai de la victoire. Deux coup de vent dans un match peu spectaculaire mais très intense.

Bath-Biarritz  : 11-12 - Jérôme PREVOT

Biarritz s'est imposé à l'issue d'un match d'hommes, pas un chef d'oeuvre de jeu offensif mais une vraie explication entre deux équipes finalement assez proches. Les Biarrots ont gagné parce qu'ils ont su garder leur sang froid, même face aux provocations les plus grossières. Exemple, ces applaudissements ironiques de Beattie quand Romain Terrain manqua un lancer en touche. Le talonneur du BO (très bon par ailleurs) sut ne pas dégoupiller tout de suite. Mais quand il croisa l'insolent avant de se mettre en mêlée, il le gratifia d'un énorme coup d'épaule. Au BO, on n aime pas se faire chambrer, même à l'extérieur.