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Attoub : "Je suis écoeuré"

Attoub : "Je suis écoeuré"

Par Rugbyrama
Dans cet article
Par Rugbyrama - Le 04/03/2010 à 17:20
Le pilier du Stade français David Attoub a vu sa suspension de 70 semaines confirmée par la commission d'appel de l'ERC ce jeudi. Il avait pourtant repris espoir après sa comparution mardi à Londres. S'il se dit "très en colère", il assure être déterminé pour se battre et rejouer rapidement.
 

Quelle a été votre réaction après la confirmation de votre sanction ?

David ATTOUB : Lors de mon audition mardi, l'ERC nous avait laissé sous-entendre qu'on m'avait imposé une sanction dure. Les juges ont confronté mon cas à celui de Julien Dupuy et l'un d'eux a demandé pourquoi lui a pris un point d'entrée de 30 semaines et moi de 52 semaines alors qu'ils estimaient qu'il s'agissait du même cas. Le point d'entrée n'est pas le même, ce n'est pas normal. En plus, nous avions trouvé les juges très sympas et j'étais sorti avec un état d'esprit positif. Mon président m'a dit : "ne t'attends pas à ce qu'ils baissent ta sanction, ils ne désavoueront pas un juge", mais j'avais beaucoup d'espoir après cette audition. Avant ça, je n'attendais pas grand chose, mais suite à cette nouvelle comparution, j'avais repris espoir, vraiment. Maintenant, j'attends beaucoup de la Ligue et de la FFR.

Cela veut dire que vous allez utiliser tous les recours possibles ?

D.A. : Bien sûr. J'utiliserai mes recours auprès de la commission mixte d'extension des sanctions de la FFR et de la Ligue, puis du CNOSF s'il le faut. L'avocate a donné tous les détails de ma sanction à la LNR, qui me donnera une date pour traiter mon cas.

Etes-vous prêt à aller plus loin que ça ?

D.A. : Oui. S'il faut aller au tribunal arbitral du sport, j'irai. S'ils me jugent coupable, il n'y a pas de problème à prendre une sanction, mais il faut rester dans le sportif. Là, ils sont allés au-delà. Ils ont voulu me briser et j'ai vraiment senti qu'ils ne voulaient pas aller à l'encontre de leurs collègues. Et je vous rappelle que la sanction d'un Français n'a jamais été revue à la baisse en appel… Je suis écoeuré. Il y a dix ans, quand les joueurs étaient suspendus, ils pouvaient continuer à travailler. Aujourd'hui, le rugby est notre métier. Je crois que les gens n'ont pas compris, cela nous fait manger. Je l'ai dit lors de ma comparution : je suis humain, j'ai une famille et j'ai besoin d'argent pour subvenir à ses besoins. Le rugby est mon métier et il faut me juger en tant que quelqu'un qui veut exercer son métier. Il y a eu beaucoup d'agacement autour de cette photo, je suis le premier rugbyman à avoir été pris sur une photo. Il n'y en a qu'une et l'expert a annoncé qu'elle portait sur 25 millièmes de secondes. Cela prouve qu'il s'agissait d'un temps réflexe et non d'un geste intentionnel.

Craignez-vous pour votre carrière ?

D.A. : J'avais dit que j'y mettrais peut-être un terme mais cela n'est plus d'actualité. Tout ça me donne encore plus de rage pour me battre. Il me reste encore un an et un mois de suspension et j'ai vraiment envie de me préparer pour revenir. J'aurai 29 ans et je ne pense pas être foutu. Je suis très en colère contre l'ERC mais je tiens encore à remercier mon président qui me soutient énormément et qui m'a assuré qu'il ne comptait pas me licencier. C'est un réel soulagement d'être accompagné.

Se sentir soutenu dans ce genre de cas est très important…

D.A. : Max Guazzini n'est pas du tout d'accord avec cette sanction et ça fait du bien de le savoir… Encore une fois, je suis écoeuré. D'autant que les juges ont "fait les mecs gentils", se sont comportés comme si ça allait s'arranger. Au bout de mes cinq heures et demi d'audition, ils m'ont dit qu'ils devaient réfléchir mais j'aurais voulu qu'ils aient le courage de me le dire en face. C'est facile d'envoyer des mails…

Le fait que Marius Tincu ait bénéficié d'une dissociation des sanctions est porteur d'espoir. Vous accrochez-vous à cela ?

D.A. : Bien sûr. Pour cela, il va falloir aller jusqu'au bout. J'espère que les commissions françaises vont pouvoir m'aider. Je sais que ce sera compliqué mais j'espère que ça ira vite.

Le fait que le talonneur irlandais Jerry Flannery ait écopé de seulement six semaines de suspension par la commission de discipline des 6 Nations après son coup de pied sur Palisson rajoute-t-il à votre colère ?

D.A. : C'est un peu rageant. Sa faute est sanctionné de huit semaines de suspension au minimum normalement. Il est récidiviste et il prend moins que le minimum au final. Je ne comprends pas. Peut-être que je suis bête et que je ne saisis pas leur manière de fonctionner. Sinon, il y a un réel problème.

Quel est votre quotidien depuis votre suspension ?

D.A. : J'essaie de ne pas couper ce cordon ombilical qui existe entre moi et les autres joueurs. Je continue à prendre part aux entraînements et je reste un maximum possible avec l'équipe. Mais c'est frustrant parce que je me prépare toute la semaine pour ne pas concrétiser le week-end en match.

La situation a dû être encore plus lourde à supporter compte tenu des difficultés rencontrées par le Stade français cette saison…

D.A. : C'est très difficile de ne pas pouvoir les aider, de ne pas pouvoir apporter sa pierre à l'édifice le week-end, de les voir se préparer, de rester frustré.

 
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