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Imhoff : "La U Arena va me rallonger la vie"

Imhoff : "La U Arena va me rallonger la vie"

Le 08/12/2017 à 09:31Mis à jour Le 08/12/2017 à 09:34

Caractère à part dans le vestiaire du Racing 92, Juan Imhoff détone par sa spontanéité et son sens de l’humour. L’affectif argentin évoque à sa façon la semaine de son club, marqué par la déception du derby francilien perdu (27-17), le premier entraînement à la U Arena et le retour en configuration Champions Cup.

Rugbyrama : Dans quel état d’esprit êtes vous depuis le faux-pas du derby ?

Juan Imhoff : Le Racing 92 est mon premier et seul club depuis que j’ai intégré le rugby professionnel en France. Ceux qui me connaissent savent que cela me vexe énormément de perdre contre le Stade français, je suis très énervé.

Que faut-il retenir de ce match où le Racing 92 a encaissé 24 points dans la première demi-heure et seulement 3 ensuite ?

J.I. : On a bien débriefé ce match et on est tous arrivé à la même conclusion, à savoir que ce n’est pas le Racing qu’on a construit depuis le début de la saison qu’on a vu dans cette première demi-heure. En deuxième période, on a retrouvé de l’engagement et notre jeu, ce qui est le point positif.

La coupe d’Europe arrive t-elle à point nommé après la grosse déception du derby ?

J.I. : Je discutais de cela avec Vasil Kakovin cette semaine et on se disait qu’on sentait toujours des choses différentes à l’approche d’un match de coupe d’Europe, dans l’ambiance et aux entraînements. Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige, l’excitation monte d’un cran et on est toujours ravi de retrouver cette compétition. Rien que le fait de jouer avec un autre ballon fait basculer dans les têtes.

" On sait tous que je ne suis pas un joueur d’hiver"

Comment avez-vous vécu votre premier entraînement à la U Arena ?

J.I. : Cette salle va me rallonger la vie ! On sait tous que je ne suis pas un joueur d’hiver. Donc je me suis senti très bien. C’est hyper agréable mais d’un autre côté, il n’y a plus d’excuse. On ne peut pas dire "je n’ai pas bien attrapé le ballon parce que le vent a dévié sa trajectoire" ou "je n’étais pas présent dans les premiers contacts car il faisait trop froid". Après, je commence à bien connaître l’hiver français et pour être honnête, je le déteste mais j’ai aussi appris à m’y faire.

Contre Montpellier, vous avez montré la dextérité de votre pied gauche en réussissant une conduite de balle parfaite pour vous amener un essai. Vous a-t-on chambré pour ce geste de footballeur ?

J.I. : On en a rigolé, c’est vrai, car les gars me disent toujours que je suis le seul Argentin à ne pas savoir jouer au foot. Mais bon, vu qu’ils sont tous "catas" ici, je n’y prête même pas attention (rires) ! Et je leur ai donné une réponse sur le terrain, puisqu’eux sont surtout bons à la Playstation.

Juan Imhoff (Racing 92)

Juan Imhoff (Racing 92)Icon Sport

Est-ce ce geste qui a convaincu votre compatriote, le footballeur du PSG Javier Pastore, de venir vous encourager samedi à Jean-Bouin ?

J.I. : Non, cela fait pas mal de temps qu’on se connait ! Il est très connu et talentueux mais il est aussi très gentil et simple. Des footballeurs qui prennent le temps de venir nous voir au rugby, il n’y en a pas beaucoup. Lui est venu avec Giovani Lo Celso et Yuri Berchiche et on s’est tous retrouvé autour d’un asador (barbecue argentin, ndlr) le soir. Ils ne connaissaient pas forcément les règles mais ils ont aimé et ils reviendront. Ils sont d’ailleurs ravis, eux-aussi, qu’on déménage à la U Arena car ils auront moins froid la prochaine fois.

" Quand je n’ai pas touché beaucoup de ballons, en rentrant, je demande à ma compagne de faire des passes avec moi"

Il ne fera pas bien chaud à Castres samedi et le nombre de ballons que vous toucherez risque d’être limité…

J.I. : C’est vrai que je n’en touche pas beaucoup à chaque fois qu’on joue contre Castres. Mais cela a aussi été un peu le cas contre le Stade français. Javier Pastore m’a d’ailleurs dit après le match : "C’est quoi ce poste où t’es dans ton coin et tu ne fais rien pendant 15 minutes, d’un coup tu dois faire un sprint de 60 mètres et tu repars ensuite dans 15 autres minutes où tu ne vois pas le ballon". C’est parfois frustrant mais quand le temps ne se prête pas au jeu… Du coup, dans ces cas-là, j’ai trouvé une solution, qui ne plaît guère à ma compagne. J’ai un ballon à la maison et quand je rentre, je lui demande de faire des passes avec moi.

La saison de rugby à VII a redémarré. Au cœur de l’hiver parisien, n’aimeriez-vous pas, parfois, être à l’autre bout du monde avec l’équipe d’Argentine, que vous avez représenté lors des JO 2016 ?

J.I. : J’ai pris beaucoup de plaisir à jouer avec cette équipe mais franchement, le VII est trop dur mentalement ! On te demande énormément de choses en cinq minutes. Et moi, je rentrai souvent une ou deux minutes (rires). Bien-sûr que j’adore jouer pour l’Argentine, et quand j’ai fait partie de cette équipe à VII, à la fin, je voulais ramener tous les gars au Racing car ce sont tous des fous de rugby. Mais ce sport évolue, et pour pouvoir prétendre y jouer à haut niveau, il faut régulièrement s’entraîner et jouer à VII. Avec le calendrier du Racing, ce n’est pas trop possible. Mais si demain on me dit "Juan, on te laisse une semaine pour aller jouer à VII avec l’Argentine", ce sera avec grand plaisir.

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