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CHAMPIONS CUP - Qu'es-tu devenu... Jimmy Marlu ?

Qu'es-tu devenu... Jimmy Marlu ?

Le 10/05/2017 à 18:05Mis à jour Le 12/05/2017 à 18:02

CHAMPIONS CUP - En février 1999 au stade Gerland de Lyon, Clermont s'offrait son premier titre majeur en dominant Bourgoin : le Bouclier européen. Parmi les acteurs de cette première, un ailier de 21 ans déjà international, Jimmy Marlu. Son potentiel était immense mais les blessures l'ont souvent accompagné. Désormais installé à Biarritz, Marlu le jure pourtant : il ne regrette rien…

Cela va faire huit ans qu'il s'est retiré. Ce match victorieux de l'Union Bordeaux-Bègles en février 2009 dans l'anonymat du Pro D2 contre Narbonne fut le dernier de Jimmy Marlu, international aux 4 sélections, mondialiste en 1999, joueur du Grand Chelem 2002. Une histoire de blessure. Celle de trop. Il avait choisi de se relancer à l'UBB après cinq ans au BO, convaincu de pouvoir s'inscrire dans un projet sur trois ans. Mais l'aventure s'est arrêtée au terme de sa première saison.

"Après un plaquage, je me suis retrouvé incapable de bouger le bras droit." Il est question de prothèse cervicale. Jimmy Marlu comprend qu'il est temps de quitter le jeu. "Ça veut dire ce que ça veut dire". Nullement aigri, seulement fataliste. "Ça fait partie du jeu. Je ne regrette rien, ni mon parcours, ni mes clubs, ni mes blessures".

Jimmy Marlu avec les Bleus en 2005

Jimmy Marlu avec les Bleus en 2005AFP

Il laisse les regrets aux autres. Huit ans donc que Jimmy Marlu a quitté la scène mais il est évident qu'il est toujours dans les mémoires. La preuve par Google : à ceux qui recherchent "Jimmy Marlu", le géant de l'internet propose en suggestion numéro 1 : "Que devient Jimmy Marlu ?" L'ex-ailier en sourit : "Je n'étais pas un grand bavard. Mais si ceux qui aiment le rugby pensent à moi, ça me fait plaisir."

Un titre à jamais gravé dans sa mémoire

Si la question de son destin se pose, c'est que Marlu a suscité des promesses folles et brillé dans les moments qui comptent. Le 27 février 1999 au stade Gerland de Lyon notamment. Clermont affronte Bourgoin en finale du Bouclier européen. Côté Clermontois, Frank Azema au centre et à l'aile droite Jimmy Marlu, auteur d'un des trois essais de la victoire (35-16).

Premier titre majeur d'un club qui avait dû se contenter de trois succès en Du Manoir (1938, 1976 et 1986). "J'y pense souvent, à cette victoire. Même si c'était la petite Coupe d'Europe, c'était le premier titre de l'ASM. Dans ce club, cela signifie quelque chose. J'y suis arrivé jeune, j'y suis resté un moment et cela reste mon seul titre. À l'époque, je pensais que ça serait un tremplin pour aller en gagner d'autres. Derrière, on parvient quand même à deux reprises en finale du championnat de France (1999 et 2001)."

Jimmy Marlu avec Clermont en 2001

Jimmy Marlu avec Clermont en 2001AFP

De ces héros de 1999, beaucoup sont devenus entraîneurs. Pas lui. "Ça m'a trotté dans la tête", explique t-il. "J'ai connu beaucoup d'entraîneurs qui m'ont donné cette envie de transmettre. Mais je n'ai pas passé les diplômes immédiatement. Maintenant, c'est difficile pour moi de le faire."

Des pelouses au parquet

Marlu ne s'est quand même pas éloigné du monde du rugby : titulaire d'un brevet fédéral, l'ailier formé à Massy - il sera même parrain de la promotion Bastareaud - et marqué par Alain Gazon, une référence de la formation, a seulement choisi un versant moins exposé en s'investissant à l'école de rugby du BOPB. Même s'il a été entraîneur durant une saison de la sélection Côte Basque Landes avec Christophe Milhères, il se considère éducateur avant tout. Un parti pris que confirme un autre engagement : celui qui est le sien à la section basket de la Jeanne d'Arc de Biarritz où, vice-président, il dirige aussi deux équipes, les Benjamines et les Minimes.

Biarritz, c'est là qu'il a décidé de revenir au terme de sa carrière et d'orchestrer sa reconversion. À la tête de "Marlu diffusion", spécialisée dans les objets publicitaires et textiles, le voilà désormais dans l'immobilier après avoir rejoint le réseau de la tête d'affiche de M6, Stéphane Plaza. Biarritz parce que le BO l'aura marqué au fer rouge. "C'est le club avec avec lequel j'ai gagné mes titres." Parce que les coéquipiers d'antan ne sont jamais loin comme Damien Traille, qui oeuvre désormais à l'école de rugby du BO ou Jérome Thion, le parrain de sa fille.

Jimmy Marlu avec Biarritz en 2004

Jimmy Marlu avec Biarritz en 2004Icon Sport

À jamais supporter de l'ASM

Dimanche, Jimmy Marlu pourrait bien être à Armandie avec les anciens du BO pour la demi-finale d'accession au Top 14 contre Agen. Mais cela ne signifie pas que sa mémoire est sélective. Samedi, c'est acquis, il sera derrière Clermont, à la conquête de sa première étoile contre les Saracens.

"Clermont, c'est mon coup de coeur, mon premier grand club. Avec tout ce que cela signifie : des structures, un stade, un centre de formation. J'y ai découvert un peuple à fond derrière son équipe de rugby, j'ai construit des affinités avec ses supporters. J'ai rencontré Gilles Darlet. Il m'a épaulé, appris la vie. Si pour son parcours il faut déjà féliciter cette équipe, je lui souhaite évidemment une fin heureuse. Je pense à Aurélien Rougerie, que j'ai vu arriver. Et au peuple auvergnat qui le mérite. Si j'ai un seul regret, c'est qu'il n'y ait pas de projet pour aider à ce que les anciens se déplacent : on n'a pas beaucoup d'occasions de se rassembler." Jimmy Marlu, un homme de mémoire.

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