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Champions Cup - Oui, Clermont est favori, et il va devoir assumer

Oui, Clermont est favori et va devoir assumer

Le 02/04/2017 à 10:15

CHAMPIONS CUP - Clermont n’a jamais battu Toulon en Coupe d’Europe. Affiche des finales 2013 et 2015, le choc a toujours été remporté par le RCT. Voilà pour l’historique, et la statistique défavorable aux Clermontois. Mais deux ans après leur dernier face-à-face européen, Clermont paraît cette année favori de ce quart de finale. Voici quelques arguments.

Numéro 1 après la première phase

Après l’échec de la saison dernière, et son élimination à l’issue de la phase de poules, Clermont tenait à remettre les choses en ordre cette année. Pour goûter de nouveau aux quarts de finale, comme chaque saison depuis 2011-2012. Cinq victoires pour une seule défaite en Ulster, et surtout six points de bonus (5 offensifs et 1 défensif) qui ont fait la différence pour terminer meilleure équipe des huit qualifiées. Et s’assurer un quart de finale à domicile.

Perturbé par les blessures, les nombreux changements dans le staff, Toulon s’est extirpé de sa poule lors de la dernière journée, qualifié in extremis avec seulement trois succès au compteur. Au vu de ces parcours, Clermont est le favori désigné du match de dimanche. "On n’a pas de souci à assumer cette étiquette, qui paraît logique aujourd’hui au vu du début de la campagne européenne", explique le coach Franck Azéma.

Franck Azéma (Clermont)

Franck Azéma (Clermont)Icon Sport

Le poids de l’expérience

Clermont jouera dimanche son cinquième quart de finale de Champions Cup (ou HCup) en 6 ans, et a remporté les quatre premiers. Un contingent important de joueurs, au club depuis le début des années 2010, a l’expérience de ce premier match éliminatoire du printemps. Kayser, Zirakashvili, Parra, Rougerie et Radosavljevic étaient déjà sur la pelouse il y a cinq ans, lors de la victoire aux Saracens. Le capitaine Damien Chouly disputera son troisième quart, et le prépare avec sérénité. "Ces matches de Coupe d’Europe sont toujours précédés d’une semaine un peu spéciale, avec plus d’intensité, plus de concentration. C’est à ceux qui ont l’expérience d’insister sur les points clés de ce genre de matches, et de maintenir toute l’équipe concentrée".

Plus stable que celui de Toulon depuis cinq saisons, le groupe clermontois semble plus expérimenté collectivement. Le noyau dur de l’équipe qui sera alignée dimanche a déjà disputé ensemble plusieurs matches de ce niveau. L’effectif de Clermont a mûri. "Avec l’expérience, on sait qu’il faut aborder ces semaines avec plaisir", témoigne Morgan Parra. "Celui d’être sur le terrain, de trouver des solutions tous ensemble. Il faut se dire que ce weekend, c’est une fête, un grand moment de rugby. Chez nous, devant notre public, et face à l’une des plus belles équipes d’Europe".

Morgan Parra (ASM Clermont) - 10 décembre 2016

Morgan Parra (ASM Clermont) - 10 décembre 2016AFP

Ce sera le 60e match de Coupe d’Europe du demi de mêlée de Clermont. Dix ans après ses débuts face à Leicester avec Bourgoin, le maître à jouer de Clermont s’est construit un solide CV européen. "Mais sans titre ça ne sert pas à grand-chose", coupe-t-il. Cinq de ses coéquipiers ont eux aussi franchi le cap des 50 matches européens : Rougerie, qui disputera dimanche son 400e match pro avec Clermont, Kayser, Chouly, Strettle et Zirakashvili. Côté toulonnais, seul le talonneur Guilhem Guirado est au-delà de la cinquantaine.

Quel Toulon ?

Qu’on se rassure, il y aura du répondant sur la feuille de match côté Toulon. Guirado, Vermeulen, Fernandez-Lobbe, Trinh-Duc, Habana, Nonu, Bastareaud ou Halfpenny… Quelques champions du monde, des internationaux à tous les postes pour une équipe trois étoiles. Qui sait battre Clermont en Coupe d’Europe. Ou qui savait, mais n’en est plus capable, comme l’a laissé entendre le président du RCT, Mourad Boudjellal, jugeant son équipe incapable de s’imposer à Clermont, dans un match dangereux pour la santé de ses joueurs… "C’est du Mourad tout craché", sourit le centre Aurélien Rougerie. "Ils sont allés chercher leur qualification chez les Saracens, avec d’autres intentions qu’en Top14. Je suis sûr que Toulon va arriver motivé et concerné".

Mathieu Bastareaud (Toulon) face aux Saracens - Octobre 2016

Mathieu Bastareaud (Toulon) face aux Saracens - Octobre 2016AFP

Franck Azéma aussi connaît parfaitement Toulon, et l’appétit de ses joueurs lors des matches qui comptent". Il y a des remous à l’intérieur du club, mais ils sont en course sur les deux tableaux. Donc on s’attend à retrouver le Toulon auquel on est habitué en phase finale. Affamé". Sauf que Toulon n’a pas gagné à l’extérieur depuis le mois de septembre. Et n’a pas brillé en mars, avec deux défaites, un nul et une seule victoire face à Bayonne. Et que le collectif Rouge et Noir est loin du niveau de ces dernières saisons.

Les Jaune et Bleu presque au complet

Clermont a souffert aussi au mois de mars, de l’absence de quelques blessés et de ses internationaux. Leur retour après la victoire face au pays de Galles a été appréciée par un groupe émoussé, malgré le turnover. Plutôt à leur avantage en Equipe de France, les Bleus clermontois reviennent plus forts selon Azéma. "Ils sortent du Tournoi avec un dernier scénario qui est intéressant et sont revenus en club avec la banane. L’influence des Clermontois sur ce dernier match est plutôt très positive, et ils ont pris du caractère. Capitaliser de la confiance sur des matches de très haut niveau, c’est exactement ce dont on a besoin".

Même si le calendrier serré ne leur a laissé que quinze jours pour réintégrer le collectif après deux mois d’absence, Clermont a réuni tout le groupe en stage en Espagne il y a quinze jours, pour retrouver au plus vite un maximum de cohésion. Un délai très court que regrette Morgan Parra. "Le championnat reste mal fait. Ils sortent juste d’un Tournoi épuisant, et le staff a décidé de les laisser au repos le week-end dernier. Ils n’auront pas attaqué un match avec nous depuis deux mois. La formule est très compliquée à gérer pour les clubs".

Le groupe clermontois en cercle sur la pelouse du Michelin

Le groupe clermontois en cercle sur la pelouse du MichelinIcon Sport

Le stade Michelin, un vrai atout

Déjà chaud d’habitude, le stade Marcel-Michelin devient bouillant quand il sent le parfum des matches européens. Et quand on connaît la rivalité entre les deux clubs, et la dent qu’ont les supporters auvergnats envers les varois qui ont gâché la fête en 2013 et 2015, le RCT peut s’attendre à un accueil hostile ce dimanche. Les 1300 supporters Rouge et Noir seront bien esseulés au milieu de plus de 18 000 Auvergnats survoltés…

Toulon a disputé deux quarts de finale en déplacement pour deux défaites en 2011 (USAP) et 2016 (Racing). Alors que l’ASMCA n’a jamais failli lorsqu’elle a eu la chance de recevoir à ce stade de la compétition, face à Montpellier, Leicester et Northampton. En cas de succès, et si le Leinster l’emporte face aux Wasps, Clermont accueillerait sa demi-finale au stade de Gerland à Lyon. 40 000 places à deux heures de Clermont-Ferrand, le cadre idéal. On assisterait alors à une nouvelle démonstration de force de la Yellow Army, qui avait envahi Geoffroy-Guichard il y a deux ans, lors de la demi-finale victorieuse face aux Saracens à Saint-Etienne. Une perspective qui a de quoi donner des ailes aux Clermontois.

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