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Champions Cup - Clermont - Leinster, entre habitués

Clermont - Leinster, entre habitués

Le 23/04/2017 à 10:02

CHAMPIONS CUP - Au-delà de leurs couleurs ressemblantes, ou de l’amitié partagée entre leurs supporters, Clermont et le Leinster sont proches par bien des aspects. Et commencent à bien se connaître après plusieurs confrontations de haut vol ces dernières saisons.

En phase finale, le Leinster mène 2-0

C’est la troisième fois que Clermont et le Leinster s’affrontent en phase finale de Coupe d’Europe. Réguliers à ce niveau depuis une petite dizaine années, la province irlandaise et le club auvergnat se sont croisés pour la première fois en match éliminatoire lors des quarts de finale en 2010. Les Clermontois qui retrouvaient les phases finales européennes après une longue période de creux n’avaient échoué qu’à un point des Irlandais (29-28), malgré 23 points manqués par Brock James. "On n’était pas favoris mais on avait dominé ce match, qu’on aurait pu largement gagner si on avait eu la réussite au pied", résume Morgan Parra, qui disputait sa première saison à Clermont. Face à Sexton, lui aussi déjà là.

La déception de Brock James (Clermont) face au Leinster - 9 avril 2010

La déception de Brock James (Clermont) face au Leinster - 9 avril 2010Icon Sport

Retrouvailles en demi-finale, à Bordeaux en 2012. Et nouvelle victoire du Leinster 19-15. "On tient le match et on se fait surprendre sur une action", confie le demi de mêlée. "Ensuite, on court après le score et on échoue à dix centimètres de la ligne". Wesley Fofana, blessé, n’aura pas l’occasion de faire basculer la rencontre dimanche. Mais sera à Gerland, pour assister à cette neuvième rencontre de Coupe d’Europe entre Clermont et le Leinster. Une vraie saga, dont Clermont a remporté les derniers épisodes en phase de poules lors de la saison 2012-2013.

Un goût partagé pour l’attaque

Plus de 4 essais inscrits par match (presque 5 pour le Leinster), et des rencontres à plus de 30 points inscrits en moyenne. Cette demi-finale oppose deux équipes parmi les plus offensives de la compétition. On aura face à face dimanche le meilleur marqueur d’essais, Isa Nacewa, et le meilleur passeur décisif de la saison, Camille Lopez. Au sein de deux effectifs qui partagent une philosophie portée sur l’attaque. "Ils ont marqué plus de 120 essais cette saison je crois", analyse Jono Gibbes, entraîneur des avants clermontois. "Ils essaient toujours de créer l’espace pour les partenaires".

Camille Lopez (Clermont)

Camille Lopez (Clermont)Icon Sport

Forte d’une vraie maîtrise dans la conservation de balle, la province irlandaise est redoutable derrière, avec des systèmes rodés par des joueurs qui se côtoient en club et en équipe d’Irlande. "Ils maitrisent parfaitement leur jeu", analyse Rémi Lamerat, qui a affronté beaucoup de joueurs du Leinster lors du Tournoi des 6 Nations. "On sait ce qu’ils vont faire, mais ils le font tellement bien que c’est difficile de les contrer".

Jono Gibbes, d’un camp à l’autre

Pour tenter de décrypter au mieux l’adversaire, Clermont a ajouté un atout à son jeu avec Jono Gibbes. Le Néo-Zélandais, adjoint de Franck Azéma depuis trois saisons, a été trois fois champion d’Europe avec la province irlandaise avant de changer de camp. Après six saisons au Leinster, le technicien apporte au club auvergnat une vraie connaissance de l’ADN irlandais.

Jono Gibbes (Clermont)

Jono Gibbes (Clermont)Icon Sport

"Il nous a amené une partie de cette culture-là, et une bonne connaissance de l’adversaire en vue de ce match", apprécie Franck Azéma. "Il connait très bien leur façon de vivre et de jouer, et j’espère que ça nous aidera". C’est aussi l’avis du capitaine Damien Chouly. "Dans la façon d’appréhender le match ou peut-être dans les phases statiques, ça peut avoir de l’importance".

Deux montagnes d’expérience

Kayser, Zirakashvili, Lapandry, Parra, Radosavljevic et Rougerie, qui sont tous sur la feuille de match dimanche à Gerland, faisaient déjà partie de l’équipe alignée en 2012. Avec deux finales disputées depuis, l’effectif clermontois est devenu un monstre d’expérience européenne, qui joue sa cinquième demi-finale depuis la saison 2011-2012. En reconduisant presque intégralement le groupe tombeur de Toulon en quarts, formé d’une ossature de joueurs à plus de 50 matches européens, Clermont aura un peu plus de vécu collectif qu’un adversaire loin d’être un novice à ce niveau.

Benjamin Kayser (Clermont) face au Leinster en 2012

Benjamin Kayser (Clermont) face au Leinster en 2012Icon Sport

Avec les forfaits annoncés de Kearney et Heaslip, le Leinster perd lourd en expérience. Mais Nacewa, Sexton, O’Brien, Toner et Cronin, présents dimanche, étaient déjà là lors de la victoire en Gironde. Et les Leinstermen évoluent pour la plupart en sélection (14 joueurs utilisés pendant le dernier Tournoi), et ont l’habitude des grands rendez-vous européens. "Avec l’expérience internationale qu’ils ont, ce ne sera pas un problème pour eux de jouer dans une ambiance hostile", met en garde Gibbes.

Fraternité entre supporters

Ce sont tout de même près de 40 000 supporters que les irlandais auront face à eux. Comme à Bordeaux ou Saint-Etienne il y a deux ans, pas d’abstention pour les supporters auvergnats, qui prendront la route dimanche matin pour porter les Jaune et Bleu dans un stade de Gerland à guichets fermés. "Ce n’est pas gage de réussite de jouer avec nos supporters derrière, mais on sait qu’ils vont être présents. C’est plus qu’une ville et qu’un club qui nous soutient, et on ne veut pas les décevoir", témoigne Morgan Parra.

Supporters Clermont

Supporters ClermontIcon Sport

"Peut-être que je m’avance mais je pense que ce sera encore plus fort qu’à Saint-Etienne", promet Azéma. "Ponctuellement on représente la France, mais avant tout on représente l’Auvergne. La force du public clermontois c’est sa constance, quels que soient les moments". Un attachement à une équipe et des valeurs que partagent les supporters des deux camps.

Depuis 2010, et la première vraie démonstration de force de la Yellow Army, de vrais liens ont été tissés entre fans auvergnats et irlandais. Deux publics qui se ressemblent même dans leurs couleurs, et vont à nouveau se retrouver dimanche à Lyon (16h), pour une fête qui sera forcément réussie.

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