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Blessures, Argentine, immobilier, Stade Français : que deviens-tu Nani Corleto ?

Blessures, Argentine, immobilier, Stade Français : que deviens-tu Nani Corleto ?

Le 25/10/2017 à 13:03Mis à jour Le 25/10/2017 à 13:22

Passé par Narbonne et surtout le Stade français, l'ex arrière des Pumas avait choisi en 2009 de rentrer chez lui en Argentine à 31 ans pour prendre une pause avec le rugby professionnel. Il n'est jamais revenu au jeu...

Et d'un coup, Ignacio Corleto a resurgi. C'était le 7 septembre dernier, jour d'anniversaire heureux ou malheureux selon d'où l'on se place. On a revu sa course folle prenant de vitesse Cédric Heymans et Christophe Dominici au relais de Contepomi après une interception sur Rémi Martin puis son plongeon dans l'en-but : Ignacio Corleto avait inscrit l'essai qui avait poignardé le XV de France en ouverture de la Coupe du Monde 2007. Les dix ans de la désillusion, le 7 septembre 2017 dernier, ont ravivé le souvenir de cet arrière resté dix ans en Top 14 mais parti en catimini.

Fin officielle de son aventure au Stade Français : 30 juin 2009. Son dernier match, lui, a eu lieu un an plus tôt : une demi-finale de Top 14 contre le Stade toulousain à Bordeaux. "Sur un plaquage après dix minutes de jeu, je suis victime d'une rupture de tendon à un biceps. J'avais mal mais c'était supportable. J'ai continué à jouer et je ne suis sorti qu'en deuxième mi-temps... Je ne l'imaginais pas mais cette demi-finale aura été mon dernier match..."

Ignacio Corleto lors du match d'ouverture de la Coupe du monde 2007 de rugby (France / Argentine)

Ignacio Corleto lors du match d'ouverture de la Coupe du monde 2007 de rugby (France / Argentine)Getty Images

Pas vocation à devenir entraîneur

Opéré durant l'été, Corleto est ensuite handicapé par une douleur à une hanche : sa dernière année de contrat au Stade Français sera donc une saison blanche. Il décide de se mettre en pause à Buenos Aires. "Psychologiquement j'étais fatigué, j'avais envie de rentrer chez moi en Argentine, retrouver ma famille, mes amis. Toutes ces blessures m'ont fait réfléchir", a-t-il précisé au sujet de son année sabbatique. "J'avais seulement 31 ans mais le plus important dans ces moments-là, c'est le mental. Et moi j'avais envie de me reposer. Je me suis dit, 'j'arrête une année et on verra'. Ça a duré un peu plus longtemps… Et après c'est devenu trop difficile. J'avais perdu les habitudes, le rythme, j'ai compris que c'était fini. J'aurais aimé faire une dernière saison dans le club de mes débuts, CUBA. Je n'en ai pas eu la force."

Le rugby, il n'est pas loin de l'avoir complètement laissé derrière lui en quittant la France où il était arrivé à l'âge de 21 ans à Narbonne. Il y est pourtant revenu en 2014 en acceptant de donner un coup de main au staff de l'équipe première de CUBA. Une façon de rendre au club. Comme quand, lui, l'international aux 37 sélections a accepté un rôle d'éducateur auprès des U6 et U7 de son club formateur où évoluait son fils. "Mais j'ai arrêté, c'est mieux pour mon fils. Je vais toujours le voir mais je ne veux pas lui mettre trop de pression", sourit-il.

Au vrai, une carrière d'entraîneur, ce n'est pas ce qui l'aimante. Ignacio Corleto ne se sent pas prêt à embrasser le métier. Discours humble : "J'ai de l'expérience mais c'est en tant que joueur. Entraîneur, c'est autre chose. Cela exige d'y dédier tout son temps. Et puis, il faut basculer dans le rugby moderne. Le jeu à beaucoup changé : ce n'est plus le même qu'il y a dix ans… Je n'ai pas la tête à ça." Personne n'a encore essayé de le faire changer d'avis. Corleto se marre : "C'est normal que personne ne pense à moi, je ne suis plus dans le circuit."

Le bonheur de Lucas Borges et Ignacio Corleto - France Argentine - ouverture du Mondial 2007 - 7 septembre

Le bonheur de Lucas Borges et Ignacio Corleto - France Argentine - ouverture du Mondial 2007 - 7 septembreIcon Sport

" Le Stade Français est trop important dans ma vie"

Il suit tout ça d'un peu plus loin seulement guidé par les souvenirs et les coups de coeur. En septembre dernier, lui aussi a repensé à cet essai et à la 3e place des Pumas au Mondial. "Désolé, hein. Ce soir là, on avait touché du doigt le ciel. Cette Coupe du monde, c'est la meilleure expérience rugby de ma vie."

Et puis il y a le Stade Français. "J'ai toujours la même envie : que cette équipe gagne. C'était encore plus vrai quand Gonzalo Quesada était l'entraîneur. Mais mon coeur est toujours avec le Stade Français. Je suis ce qui se passe au club comme l'épisode de l'union avec le Racing : avec internet, Twitter, les réseaux sociaux, c'est plus facile... J'avais été invité à l'inauguration du nouveau Jean Bouin : je n'ai pas pu y aller mais ça m'a touché. Je reviendrai un jour. Ca a beaucoup changé mais Paris reste Paris. Le Stade Français est trop important dans ma vie."

Ignacio espère visiter la France - "ma deuxième maison, un pays que je remercie de m'avoir accueilli" - en 2018 ou 2019. Il ne promet rien : il a fort à faire à Buenos Aires. L'arrière est devenu entrepreneur : il dirige trois restaurants dans la capitale, un bar dans le quartier de Belgrano et investit dans des opérations immobilières avec son frère architecte. En parallèle, il a aussi créé une fondation "Botines Solidarios", qui œuvre par exemple dans des prisons ou des centres pour enfants, en faisant du rugby, un outil éducatif. Corleto peut enseigner l'art du rebond.

Ignacio Corleto (Stade Français)

Ignacio Corleto (Stade Français)Getty Images

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