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SUPER RUGBY - Banquet, sur son rôle aux Blues : "Avec Tana (Umaga), on n'a jamais cessé de s'écrire"

Banquet évoque sa future mission à Auckland : "Avec Tana on n'a jamais cessé de s'écrire"

Le 13/11/2017 à 11:00Mis à jour Le 13/11/2017 à 18:11

Vendredi, le Républicain révélait que Tana Umaga, entraîneur des Auckland Blues avait proposé à son ex-coéquipier au RCT, le pilier David Banquet de venir effectuer une pige d'entraîneur en Super Rugby à partir de janvier 2018. Sans club depuis un an, "Bibi" a accepté. Il raconte...

Vous avez joué avec Tana Umaga à Toulon. Il ne vous a visiblement pas oublié puisqu'il vous a proposé de venir entraîner les avants des Auckland Blues...

David Banquet : Cette perspective est toute nouvelle. Je ne sais pas si je vais parvenir à m'adapter : il y aura quand même la barrière de la langue. Dans un premier temps, je prévois de partir pour deux mois et puis on verra. Avec Tana, on a gardé le contact depuis Toulon. On n'a jamais cessé de s'écrire. Il y a quelques semaines, il m'a dit, "j'aimerais qu'on se voit." Il allait venir à Bordeaux avec les Maoris All Blacks, c'était l'occasion. Il avait suivi mes débuts comme entraîneur à Libourne où j'ai fait monter le club de cinq divisions en cinq ans, de la Promotion d'Honneur à la Fédérale 1 puis mon aventure à Saint-Nazaire. On a discuté de mes projets, de mon envie de taper à la porte du monde pro puisque j'avais le sentiment d'avoir fait le tour dans le monde amateur. Tana m'a dit : "Si ça te tente, je te prends avec moi aux Blues d'Auckland."

Quel rôle vous a t-il proposé ?

D.B : Entraîneur des avants en binôme avec un autre technicien : animer les séances, participer au débriefing après chaque entraînement, participer à la planification des semaines. Je suis appelé à intervenir sur la mêlée et sur la touche. Ca me plait. J'étais pilier mais j'aime vraiment la touche : il faut être vicieux, malin.

" Il fallait simplement qu'on me donne ma chance"

Tout est défini ?

D.B : Oui : les Blues reprennent le 30 novembre pour un premier match le 23 février. J'y serai à partir du 15 janvier. Ca va être une découverte totale : je ne suis jamais allé en Nouvelle-Zélande. Et puis ma famille reste en France, ma femme gérera notamment notre restaurant : je serai seul jusqu'à leur venue en mars. Ensuite quand le Super Rugby sera en pause, je rentrerai. Là bas, je n'aurai pas de contrat. Je vais entraîner bénévolement. Mais je serai logé et tout sera mis à ma disposition. Je vois ça comme un investissement : je ne vais pas gagner d'argent mais je vais vivre une immense expérience. J'avais déjà proposé d'intervenir bénévolement en Pro D2 à Béziers, Carcassonne, Albi et je n'avais pas eu de réponse. Et là, j'ai l'opportunité d'aller chez les Blues... Je remercie Tana parce que je sais qu'une telle opportunité ne se représentera jamais : je vais entraîner douze joueurs de l'actuel squad des All Blacks.

Après un an sans entraîner, la transition va être brutale…

D.B : Je n'ai pas d'appréhension. Je ressens seulement de l'excitation. Des centaines de coaches aimeraient être à ma place. Je ne m'inquiète pas, parce que dans le monde amateur, j'ai connu des situations très difficiles. A mon avis, c'est plus difficile d'entraîner dans le monde amateur parce qu'on doit aussi gérer les hommes et les problématiques de leurs vies.

Rejoindre une structure professionnelles, vous y pensez depuis longtemps ? Votre reconversion a commencé dans un restaurant

D.B : A la fin de ma carrière, j'ai repris le restaurant de ma grand-mère. Je lui en avait fait la promesse sur son lit de mort. J'ai promis et je l'ai fait. C'est aussi pour cela que j'ai commencé à entraîner au niveau amateur. A Libourne, je voulais savoir si j'aimais ça et si j'en étais effectivement capable. J'ai toujours trouvé ça bizarre de voir des clubs lancer des mecs directement dans le bain. Moi j'ai eu besoin de passer par la case départ. J'ai fait des bêtises mais j'ai appris. Au haut niveau, on ne m'aurait pas pardonné. Le monde amateur c'est une belle école. Il y a quelques années, on m'avait proposé le Racing mais je n'étais pas prêt. Là, je le suis. Je crois n'avoir rien à envier à d'autres entraîneurs, il fallait simplement qu'on me donne ma chance. J'ai la confiance de Tana. A moi de prouver désormais.

" J'espère pouvoir rester le plus longtemps possible"

Vous imaginiez qu'il vous estimait au point de faire appel à vous ?

D.B : Pas forcément mais à Toulon, on discutait beaucoup. Et il m'avait dit une fois qu'il ne comprenait pas ma carrière : à ses yeux, j'avais tout pour réussir une carrière internationale. "Je ne sais pas qui tu es, ni d'où tu viens mais je pense que tu as loupé quelque chose." Au RCT, il n'y avait que des internationaux, j'étais une surprise pour lui… Quand il a entraîné, il m'avait déjà demandé de lui filer un coup de main. J'échangeais aussi beaucoup avec Anton Oliver dont il est très proche et je me dis qu'il a du lui parler de ma vision des choses.

Les parcours de Dal Maso et Sonnes partis eux aussi à l'étranger ont été inspirants ?

D.B : Je connais peu Marc Dal Maso mais je suis sensible au parcours de Régis Sonnes. J'ai beaucoup de respect pour lui. Il avait une aura et il a tout quitté. C'est extraordinaire : ça prouve les qualités humaines du mec. Je n'ai pas son niveau et je dois prouver mais je trouve ça beau de pouvoir faire comme lui : partir pour revenir aux bases.

Samedi soir, vous avez du regarder France/All Blacks avec un enthousiasme particulier…

D.B : J'étais encore plus excité que d'habitude… Je vais entraîner dans le club qui avait 8 titulaires lors de ce test. La Nouvelle-Zélande c'est le pays du rugby. Je suis content d'y aller et j'espère pouvoir rester le plus longtemps possible. Je vais devoir m'adapter rapidement mais je crois que ça va aller. Tana me dit qu'il n'y a pas de raison...

Tana Umaga

Tana UmagaAFP

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