Article
commentaires

Afrique du Sud: Le gouvernement déplore le manque de Noirs dans le rugby


Par Clément Mazella
Dernière mise à jour Le 29/04/2014 à 16:10 -
Par Clément Mazella - Le 29/04/2014 à 16:10
Afrique du Sud: Le gouvernement déplore le manque de Noirs dans le rugbyLes efforts pour permettre aux Noirs d'Afrique du Sud d'atteindre le niveau international en rugby et en cricket n'ont pas suffisamment porté leurs fruits, dénonce un rapport gouvernemental rendu public mardi à l'occasion du 20e anniversaire de la démocratie dans le pays.
 

"Le processus pour changer le visage du sport ces 20 dernières années a été largement inefficace", a déclaré William Basson, membre du comité ministériel chargé de superviser les évolutions du sport sud-africain.

En outre, "il y a encore des sélectionneurs racistes, qui ne vont pas retenir un joueur noir de talent juste parce qu'il est noir", a affirmé Alec Moemi, haut fonctionnaire du ministère des Sports, en dévoilant le rapport.

Le rugby et le cricket sont particulièrement visés car ce sont les deux sports majeurs où l'Afrique du Sud excelle au niveau mondial. Tous deux sont encore très loin d'avoir 50% de joueurs noirs dans l'équipe nationale.

Ces deux sports sont historiquement des éléments majeurs de l'identité blanche sud-africaine. L'équipe nationale de football, en revanche, est très largement composée de joueurs noirs, mais elle ne rencontre pas les mêmes succès internationaux. Plus de 80% des Sud-Africains sont noirs, et moins de 10% sont blancs, les autres étant métis ou indiens.

Le ministre des Sports, Fikile Mbalula, qui avait fait les gros titres récemment en menaçant d'imposer des quotas de 60% de joueurs noirs dans les équipes nationales, a été plus modéré mardi: "Nous n'imposons aucune solution, a-t-il dit. Il nous faut parler des infrastructures et des installations".

Les élèves des riches écoles privées, qui accueillent encore majoritairement des Sud-Africains blancs, bénéficient en effet de meilleurs entraîneurs et de meilleures conditions pour accéder au plus haut niveau sportif que la majorité des élèves des écoles publiques.

"Jusqu'à ce que chaque école puisse avoir un entraîneur capable de favoriser le développement du sport, nous n'arriverons pas à faire les progrès que nous voulons", a martelé le ministre.