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Xavier Pujos: "Les écoles doivent être les moteurs du 7 en France"

Pujos: "Les écoles doivent être les moteurs du 7 en France"
Par Rugbyrama

Le 28/05/2015 à 12:04Mis à jour Le 28/05/2015 à 18:09

Clap de fin de pour le Centrale 7, 11e du nom, qui a fermé ses portes suite à deux journées de rugby à 7 d’un niveau international. 8 mois de travail pour les étudiants de Centrale Supélec et Xavier Pujos, à l’origine du projet, qui peuvent être fiers du résultat et du spectacle qu’ils ont offert aux 500 personnes présentes à Chatenay-Malabry.

Vous êtes l’un des pionniers du projet Centrale 7, comment cette idée vous est-elle venue ?

Je suis arrivé dans cette école il y a 12 ans en tant que professeur d’EPS. En voyant ces magnifiques infrastructures et ce terrain, j’ai tout de suite eu le rêve de créer un tournoi de rugby à 7 ici sur ce campus. J’ai toujours adoré ce sport, j’y ai aussi beaucoup joué en universitaire, c’est un sport d’avenir notamment pour les jeunes. Avec un petit groupe d’étudiants passionnés et travailleurs, nous avons commencé à l’organiser dès l’année suivante en prenant exemple sur un tournoi universitaire basque, l’IDEKI. En tant que professeur d’EPS, j’ai pris en charge l’entrainement des équipes de Centrale et les étudiants, l’organisation de la totalité du tournoi. C’est un vrai projet qui leur demande beaucoup d’investissement personnel mais qui les professionnalisent. Nous ne pensions pas que le Centrale 7 ressemblerait à ce qu’il est aujourd’hui mais nous avons osé et cela a réussi car nous essayons de faire grandir ce tournoi tous les ans.

" Le streaming a été la grande innovation cette année"

Aujourd’hui de très grandes équipes étrangères se rencontrent dans le Centrale 7. Les premières années, ce n’était pas trop compliqué de les faire venir ?

Ça s’est fait petit à petit mais dès le début il s’est passé quelque chose. Oxford nous a suivi, le projet les a tout de suite emballé, nous avons noué de vrais liens avec eux. Dès la deuxième année, des équipes sud-africaines, la Chine nous ont rejoints puis cela a été au tour de France Universitaire, de la Belgique … Cela a fait un appel d’air, c’était plus facile ensuite de faire venir des équipes du monde entier. Avant nous avions un partenariat avec Air France, qui nous aidé financièrement pour les billets d’avion des équipes étrangères. Nous devons faire une communication globale, prendre contact avec les équipes, leurs montrer ce que l’on organise, compte tenu de la valeur de ce tournoi, les équipes sont facilement partantes pour participer à l’aventure.

Comment voyez-vous le Centrale 7 dans 10 ans ?

Nous pourrions pourquoi pas imaginer d’organiser la deuxième journée du tournoi, les phases finales au Stade Jean-Bouin qui nous avait accueilli pour la soirée de lancement. Cela permettrait aux parisiens de venir nous voir, de déplacer un plus large public. Nous pourrions aussi mettre en place encore plus d’animations pour être dans l’esprit seven. Depuis le début, nous essayons de faire mieux tous les ans, que le Centrale 7 prenne de plus en plus d’importance. Cette année, le streaming, développé par des étudiants de Centrale Supélec a été une grande innovation qui a permis au grand public qui ne pouvait pas se déplacer sur notre campus de pouvoir suivre le tournoi. Nous n’avons pas la puissance d’un tournoi professionnel, il est organisé par des étudiants et c’est un principe auquel on croit.

A travers ce tournoi et la hausse de la visibilité du 7, avez-vous vu une évolution au niveau des mentalités et de l’intérêt général pour ce sport en France ?

Nous sommes encore une petite discipline en France qui souffre de la comparaison avec le XV et de la concurrence des autres sports, il n’y a pas encore une vraie culture du 7, j’espère que les JO nous permettront d’aller dans ce sens. Dans notre pays, le 7 peut aussi être mal vu par certains, les gens voient ce sport comme un amusement, mais c’est un sport qui demande une précision à l’extrême, un sport élitiste qui n’est pas accessible à tout le monde.

Les Castrais Rémy Grosso et Romain Martial, Fulgence Ouedraogo et Marvin O’Connor viennent d’annoncer officiellement qu’ils feront partie du groupe France pour la qualification aux JO, qu’en pensez-vous ?

Le 7 et le XV sont deux sports différents, c’est très dur de s’adapter au 7 quand on arrive du giron quinziste et l’inverse l’est un peu moins. Nous verrons bien s’ils arriveront à tenir et s’adapter mentalement et physiquement, j’espère vraiment que ça sera le cas et que l’équipe de France ira loin à Rio, cela serait génial pour le développement de notre sport !

" Aujourd’hui, nous n’avons pas les structures pour accueillir les jeunes à 7"

Pourquoi le 7 est idéal pour les jeunes et pourquoi sont-ils le premier public ?

Les joueurs ont bien compris qu’en jouant au 7, ils allaient progresser plus vite, développer des qualités différentes qui pourront leur servir dans n’importe quelle forme de rugby. Le 7 c’est du spectacle, nous l’avons vu avec le Centrale 7. Malheureusement, aujourd’hui, les jeunes qui aimeraient jouer au 7 sont un peu coincés car nous n’avons pas les structures pour les accueillir.

Quel est le premier changement à faire pour développer le 7 en France ?

Je pense qu’il faut aller dans les écoles, dans les universités, monter des équipes de 7 et des tournois. Il faut toucher les enfants car l’avenir c’est eux. Des tournois comme le nôtre ne peuvent qu’être bénéfiques pour aller dans ce sens-là. Au Centrale 7, nous faisons appel à des kinés, qui viennent bénévolement d’une école nous aider pour s’occuper des joueurs, cela permet de donner des responsabilités et de l’expérience aux professionnels de demain. Tous les étudiants pourraient être sollicités dans les secteurs de l’organisation de l’événement aussi bien au niveau médical, journaliste, statistiques, vidéo, restauration … Il faut que d’autres écoles et universités soient à l’origine de tournois !

Propos recueillis par Thibault de Kermel

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