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XV de France - Gourdon et Baille sont devenus incontournables, une charnière s'impose enfin

Gourdon et Baille sont devenus incontournables, une charnière s'impose enfin

Le 21/03/2017 à 14:01

6 NATIONS - Sur l'ensemble de l'édition 2017 du Tournoi, Guy Novès a utilisé pas moins de 36 joueurs. Trois d'entre eux ont joué les 5 matches en intégralité, dont Kevin Gourdon, le grand gagnant de la compétition. Cyril Baille s'est aussi révélé et une charnière est sans doute née. Revue d'effectif.

Première ligne : Baille a tout d'un grand

Pour son premier Tournoi des 6 nations, Cyril Baille a fait une très grande impression. Le pilier toulousain a démontré qu'il possédait de sérieuses qualités dans l'exercice de la mêlée fermée mais aussi sur le plan de la technique ballon en mains. Clairement, il est l'un des grands vainqueurs de la compétition (264 minutes jouées, 5 titularisations). Bon courage à Ben Arous (81 min), Chiocci (55 min) et Poirot (forfait) pour le déloger d'une place de titulaire qu'il s'est gagné.

A droite, Rabah Slimani (258 min) s'est rappelé au bon souvenir du staff du XV de France durant la seconde partie de la compétition. Oui, lors des mois précédents le Parisien a été moins bien. Là, il a prouvé qu'il était un roc en mêlée fermée. Et n'a pas déçu, contrairement à un Uini Atonio (142 min) en recherche d'un second souffle. Au talonnage, rien de nouveau. Guilhem Guirado, le capitaine, constitue l'option n°1 (340 min). Tolofua (44 min), Chat (8 minutes) et Maynadier (8 min) se battent pour le poste de doublure.

Cyril Baille - XV de France

Cyril Baille - XV de FranceEurosport

Deuxième ligne : Rien de nouveau

Yoann Maestri ne fait pas partie du Top 5 des meilleurs deuxième ligne de la planète mais il n'en demeure pas moins un guerrier indispensable au pack tricolore. Le Toulousain (379 min) ne rechigne jamais aux tâches obscures et il n'est pas étranger à la puissance de la mêlée française. A ses côtés, Sébastien Vahaamahina (280 min) s'est installé. Et ce sans grande surprise. Si son dos le laisse tranquille, il forme avec Maestri un attelage intéressant et solide. Julien Le Devédec (112 min), Paul Jedrasiak (21 min) et Arthur Itturia (8 min) semblent davantage en retrait. Pour l'instant, ils ne bouleversent pas la hiérarchie en deuxième ligne.

Yoann Maestri (XV de France)

Yoann Maestri (XV de France)Icon Sport

Troisième ligne : Picamoles royal, Gourdon éblouissant

Voilà un secteur qui s'est avéré être un casse-tête pour le XV de France. La raison ? Les blessures. Chouly (96 min), Goujon (89 min), Le Roux (65 min), Lakafia (0 min) et Ollivon (21 min) n'ont pas pu jouer à un moment ou un autre du Tournoi. 4 "formules" différentes ont été testées en 5 rencontres, pas l'idéal quand on cherche la stabilité. Pour autant, deux éléments ont été inamovibles : Kevin Gourdon (400 min) et Louis Picamoles (396 min). Le premier nommé a été éblouissant de part sa mobilité, sa faculté à battre des défenseurs et à toujours être au soutien afin d'assurer la continuité du jeu. Picamoles, lui, a pris une tout autre dimension depuis qu'il est parti en Angleterre. Il n'a cessé d'avancer sur les impacts, termine n°1 de la compétition au niveau des offloads (18). Probablement les deux meilleurs Français du Tournoi.

Derrière ces deux-là, difficile de se faire une opinion, la faute donc à ces satanés blessures. Notons néanmoins le bonne intégration du Briviste Fabien Sanconnie (135 minutes) sur lequel il faudra compter à l'avenir. Yannick Bru pense beaucoup de bien de lui.

Kevin Gourdon face au pays de Galles.

Kevin Gourdon face au pays de Galles.AFP

Charnière : Et si on en avait enfin trouvé une ?

Depuis 2010, jamais le XV de France n'avait aligné la même charnière lors des 5 matches du Tournoi. Le ticket Serin - Lopez a eu cette chance et enfin un duo 9-10 a pu s'exprimer sans être remis en question après chaque match. Oui, tout n'a pas été parfait mais cette charnière a clairement de l'avenir. Camille Lopez (385 minutes) termine meilleur réalisateur de l'édition 2017, et ce n'est pas anodin. Au plus haut niveau, il est indispensable de disposer d'un buteur fiable et le Clermontois a fait preuve de beaucoup de sang-froid. Baptiste Serin (313 min) a connu des hauts et des bas mais sa faculté à coller au ballon et à mettre du rythme est précieuse pour le jeu prôné par le staff tricolore.

Derrière ? Maxime Machenaud s'est nourri des miettes (66 min), tout comme Jean-Marc Doussain (8 min), Antoine Dupont (21 min) et François Trinh-Duc (31 min). Ce dernier a même davantage évolué au centre (il a joué ouvreur 7 minutes lorsque Lopez est sorti temporairement face au pays de Galles)

Camille Lopez et Baptiste Serin

Camille Lopez et Baptiste SerinIcon Sport

Centre : On a retrouvé Fickou

En l'absence de Wesley Fofana, victime d'une rupture du tendon d'Achille gauche, il y avait une place à prendre au centre de l'attaque du XV de France. Gaël Fickou, en dedans ces derniers temps, a su saisir l'opportunité qui s'est offerte à lui. Le Toulousain, solide sans être génial à tous les matches, fait partie des trois joueurs à avoir disputé la compétition dans son intégralité. Il a marqué des points et tournera à l'avenir avec Fofana et Lamerat. Ce dernier (347 min) a fait preuve d'une énorme générosité, s'est dépensé sans compter mais a souvent joué de malchance. Un état d'esprit irréprochable tout de même. Henry Chavancy (21 min) a connu sa première sélection en Irlande. La seule chance donnée au Racingman...

Gaël Fickou (XV de France) - 11 mars 2017

Gaël Fickou (XV de France) - 11 mars 2017Icon Sport

Ailier - Arrière : Vakatawa, le retour sur terre

S'il faut vraiment désigné une déception sur ce Tournoi, ce serait Virimi Vakatawa (251 min). L'ailier tricolore, sous contrat FFR, n'a que trop rarement su tirer son épingle du jeu. Son positionnement défensif pose question et cela a été fatal aux Bleus en Ecosse. Il est apparu aussi moins "tueur" que lors de ses matches en 2016 et ne termine la compétition qu'avec un seul essai (en Italie). Trop maigre comme bilan. Le Clermontois Noa Nakitaci (400 min) a été plus régulier même s'il n'a pas franchi la ligne d'en-but adverse. Yoann Huget (157 min) a essayé de retrouver du rythme alors que Djibril Camara n'a jamais eu sa chance (6 min, plus faible temps de jeu d'un Français sur le Tournoi).

Titulaire sur les 3 premières rencontres, Scott Spedding (234 min) a clairement été en dedans contre l'Ecosse et l'Irlande. Au point d'être mis en tribune pour les deux dernières rencontres au profit de Brice Dulin (160 min). Le Racingman n'a pas déçu, notamment sous les ballons hauts et la qualité de ses relances.

L'équipe-type du Tournoi 2017* : Spedding ; Nakaitaci, Lamerat, Fickou, Vakatawa ; (o) Lopez, (m) Serin ; Gourdon, Picamoles, Sanconnie ; Maestri, Vahaamahina ; Slimani, Guirado, Baille.

* établi en fonction du temps de jeu

Infographie Tournoi 2017
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