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ANGLETERRE - FRANCE (19-16) - L'antisèche : Être de magnifiques perdants, ça suffit !

L'antisèche : Être de magnifiques perdants, ça suffit !

Le 04/02/2017 à 22:24Mis à jour Le 05/02/2017 à 10:16

TOURNOI DES 6 NATIONS - Comme en novembre dernier, les Bleus ont fait jeu égal avec l'une des toutes meilleurs nations mondiales à Twickenham ce samedi. Mais les hommes de Guy Novès ont dû encore s'incliner d'une courte tête en Angleterre (19-16). Et ça commence à être vraiment rageant... Notre antisèche.

Le jeu : des Bleus largement à la hauteur

On promettait l'enfer aux Bleus à Twickenham... Mais ce sont bien les Anglais que l'on a pas reconnus. La faute à des joueurs français totalement investis et parfaitement rentrés dans le match dans ce temple du rugby. Oui, on a vibré. Oui, on a cru à l'exploit. Et c'était bien légitime tant les hommes de Guy Novès ont longtemps rivalisé dans tous les domaines ce samedi. Au point de se procurer les meilleures occasions de ce Crunch indécis.

Mais voilà, les élus de l'ancien manager toulousain ont toujours ce satané problème de finition... Comme après ce superbe mouvement où Rémi Lamerat a oublié Noa Nakaitaci avant la pause. Et si Rabah Slimani a enfin trouvé la faille après une action d'anthologie des Bleus, les Tricolores ont fini par craquer sous les coups de boutoir des sujets de Sa Majesté. Un épilogue douloureux à une histoire qui avait tout pour être belle. Vraiment belle...

Les joueurs : Picamoles monstrueux, Vakatawa et Spedding très remuants

L'homme du match, c'est indéniablement Louis Picamoles. Le numéro 8 français, exilé en Angleterre cette saison, a tout simplement été phénoménal. Ou monumental si vous préférez. En attestent ses 131 mètres parcourus, ses 2 franchissements, ses 7 défenseurs battus et ses 4 offloads. Son compère de la troisième ligne Kévin Gourdon, omniprésent et décisif sur l'essai des Bleus, a également brillé. Derrière, Scott Spedding et Virimi Vakatawa se sont montrés dangereux à chaque ballon touché. Les petites déceptions ? Gaël Fickou, Damien Chouly et Uini Atonio.

Louis Picamoles (XV de France) - 4 février 2017

Louis Picamoles (XV de France) - 4 février 2017AFP

Côté anglais, Maro Itoje s'est bien adapté à son inhabituel poste de flanker en plaquant à tour de bras (15 fois). Bonne copie rendue par le numéro 8 Nathan Hughes. Si Owen Farrell était plutôt inspiré, George Ford n'était lui pas dans son assiette. Grosse entrée en jeu de Ben Te'o, qui a fait basculer le Crunch en faveur du XV de la Rose.

Le facteur X : l'apport du banc anglais

Lors de ce Crunch, la force des Anglais est venue du banc. Passé l'heure de jeu, alors que la France avait pris l'ascendant grâce à l'essai de Slimani (60e), Eddie Jones a décidé de faire entrer du sang frais. Premier impact, la sortie du deuxième ligne Joe Launchbury pour le flanker James Haskell. Un choix judicieux qui a permis à Maro Itoje de remonter à son poste habituel de deuxième ligne.

Ensuite, la rentrée de Danny Care à la mêlée a donné un coup de fouet à l'animation offensive anglaise, tout comme l'arrivée de Jack Nowell à l'aile. Mais c'est surtout l'entrée en jeu du centre Ben Te'o qui a été décisive. Le centre anglais a marqué l'essai de la victoire et a fini d’assommer des Français déjà bien émoussés. Un banc performant qui aurait été utile au XV France, les entrées en jeu de Maxime Machenaud et Jean-Marc Doussain n'ayant pas apporté grand chose à l'image de la pénaltouche non trouvée par l'ouvreur toulousain en fin de rencontre.

La joie des Anglais après l'essai de Ben Te'o - 4 février 2016

La joie des Anglais après l'essai de Ben Te'o - 4 février 2016AFP

La stat : 15

Ce court succès sur la France, c'est la 15e victoire consécutive de l'Angleterre. Ce n'est pas le plus beau des triomphes pour le XV de la Rose mais il a son importance tant dans la défense du Grand Chelem acquis en 2016 que dans la course au record (18 succès de rang pour les All Blacks version 2015/2016). Les Anglais pourraient égaler ce record contre l'Écosse et le battre en Irlande lors de la dernière journée du Tournoi.

Le tweet qui met en cause l'arbitrage

La décla : Guilhem Guirado (capitaine du XV de France)

" Encore une fois, on a l'impression de se répéter comme en novembre... C'est dur d'encaisser encore une défaite de peu et en ayant autant mené, en ayant été aussi proches de la ligne autant de fois. J'espère qu'on aura des jours meilleurs mais c'est dur ça commence à faire un peu long..."

La question : que manque-t-il aux Bleus ?

Ce Crunch, les Bleus l'ont dominé. Ils se sont en tout cas montré bien plus dangereux, avec notamment 10 franchissements (contre 5), 24 défenseurs battus (contre 13) ou 17 offloads (contre 10). Mais vous connaissez l'expression : dominer n'est pas gagner. Sauf que là, ça commence à faire beaucoup. Certes, le XV de France séduit à nouveau, grâce à un rugby attrayant. Mais à Twickenham, il entendait enfin faire un résultat. Et mettre fin à ses soucis de finition aperçus en novembre. Pour le coup, c'est encore raté.

Yoann Maestri (XV de France) - 4 février 2017

Yoann Maestri (XV de France) - 4 février 2017Icon Sport

Cette défaite, elle nous laisse exactement le même goût d'inachevé que les courts revers contre l'Australie et la Nouvelle-Zélande il y a trois mois. La France est au niveau, clairement. Mais dans le sport, il s'agit avant tout de gagner, pas de participer. Quand on perd de trois points, c'est que ça s'est forcément joué sur des détails. Mais ce sont ces détails qui font toute la différence entre une belle et une grande équipe. Et Novès, lui, voulait des tueurs. Pour l'instant, il n'a que des magnifiques perdants. Une nouvelle fois.

Ivan Petros avec Maxime Brossard

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