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"25 millions de mêlées", "12 000 changements"... Les Bleus ont vécu 20 minutes surréalistes

"25 millions de mêlées", "12 000 changements"... Les Bleus ont vécu 20 minutes surréalistes

Le 18/03/2017 à 21:18Mis à jour Le 19/03/2017 à 09:48

TOURNOI DES 6 NATIONS - Le XV de France a arraché sa troisième victoire (20-18) dans le Tournoi des 6 Nations à l’issue d’une fin de match rocambolesque, qui s’est prolongée vingt minutes au-delà de la sirène. Une éternité durant laquelle les Bleus sont passés par tous les états. Jusqu'à la délivrance.

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Il fallait que cette semaine soit irréelle jusqu’au bout pour le rugby français. Démarrée par une fusion, elle s’est terminée six jours plus tard par une autre fusion, celle du Stade de France, libéré par un essai de Damien Chouly après cent minutes de jeu. Durant cette demie mi-temps de jeu en plus, les Bleus sont passés par tous les états : "C’était une parodie, cette fin de match, résume Kévin Gourdon ! On a fait vingt-cinq millions de mêlées, il y a eu douze mille changements, pour finir après cent minutes de jeu… On a insisté en mêlée, cela ne payait pas et cet essai à la fin était une délivrance".

Ni Guy Novès ni Guilhem Guirado ne savaient d’ailleurs, à chaud, qui avait marqué ce fameux essai qui change tout dans l’analyse du Tournoi de l’équipe de France : "C’est un essai de l’équipe de France," a donc lancé, plein de fierté, le capitaine tricolore. Mais que n’a-t-il pas fallu faire pour cela ! Et quel scenario ! À l’origine de cette série incroyable de mêlées refaites où les Gallois ont été pénalisés une quinzaine de fois sans jamais être sanctionnés d’un essai de pénalité, un ballon perdu par Yoann Huget mais tapé quelques secondes plus tard hors des limites de l’en-but par Ross Moriarty. On était alors à la 77e minute de jeu. Trois minutes plus tard, le XV de France disputait sa première mêlée à 5 mètres de l’en-but gallois.

Papy Novès n'avait "jamais connu ça"

Le bras fer a donc duré plus de vingt minutes, durant lesquelles les Bleus, forts du retour sur le terrain de Rabah Slimani, ont humé plusieurs fois de très près l’odeur de la ligne d’en-but galloise. Se sont exaspérés aussi, beaucoup. De voir le pilier Samson Lee prendre un carton jaune après la sirène (80e+2) et d’avoir quand même l’opportunité de revenir sur le pré. De buter, aussi, sur une défense héroïque qui n’a rien lâché et qui les a poussés à faire tomber des ballons potentiellement meurtriers (80e+9, 80e+12).

Les hommes de Novès ont aussi tremblé quand George North s’est plaint d’une morsure au bras, qui, là encore, aurait pu mettre fin à la rencontre (80e+15). Yoann Maestri, qui a constaté les traces de dents sur l’ailier gallois a d’ailleurs reconnu après coup "avoir pensé à ce moment-là que le match était terminé". Mais il s’est poursuivi dans la nuit naissante de Saint-Denis, jusqu’au happy end : "En tant que papy, je n’avais jamais vécu ce type de dénouement", a assuré peu après la rencontre, la voix pleine d’émotion, Guy Novès.

Wayne Barnes a été l'acteur décisif de cette fin de match invraisemblable.

Wayne Barnes a été l'acteur décisif de cette fin de match invraisemblable.Panoramic

Bru : "On a été plus obstinés que Wayne Barnes"

Si même papy Novès, qui en a pourtant vu d'autres, n'avait jamais vu ça, imaginez Antoine Dupont. Le gamin de Castres, à l'entrée par ailleurs excellente, a été gâté pour sa première au Stade de France. "Je pense que je ne vais jamais l'oublier, celui-là, a clamé le demi de mêlée. On aurait aimé avoir l'essai de pénalité plus rapidement mais ça ne venait pas, il fallait savoir rester patients, froids." Ce fut sans doute le plus grand mérite des Français. "Sur cette fin de match, on a su rester lucides, rester patients, malgré cette épée de Damoclès au-dessus de nos têtes, parce qu'on savait qu'à la moindre faute, au moindre ballon tombé, c'était fini", a d'ailleurs savouré Damien Chouly.

D'où la grande satisfaction du staff tricolore, à l'image de Yannick Bru. "On est admiratifs et fiers de ce qu’ont été chercher les joueurs, a insisté l'adjoint de Novès. Le premier enseignement est qu’on a été plus obstinés que Wayne Barnes, et ce n’est pas facile ! Il avait déjà été dur durant le match mais il a gardé le meilleur pour la fin. Les joueurs se sont prouvés qu’il y avait une force de caractère supérieure à la normale dans ce groupe et ils ont aussi compris la valeur d’un ballon près d’une ligne. C’est un grand enseignement pour nous tous". L’autre étant que cette guerre des nerfs remportée à grand coup de mental marquera à jamais l’histoire de ce groupe.

Et monsieur Barnes accorda l'essai de la victoire des Bleus...

Et monsieur Barnes accorda l'essai de la victoire des Bleus...AFP

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