Pierre Villepreux, ancien joueur et sélectionneur du XV de France - Icon Sport
6 Nations

Villepreux: "C’est une opportunité pour la France d’affronter une équipe qui n’est pas frileuse"

Villepreux: "C’est une opportunité pour la France d’affronter une équipe qui n’est pas frileuse"
Dans cet article
Dernière mise à jour Le 22/02/2016 à 14:45 - Publié le 22/02/2016 à 14:44
Par Julien PUYUELO - Le 22/02/2016 à 14:45

TOURNOI 6 NATIONS - Observateur toujours attentif du XV de France, l'ancien sélectionneur tricolore revient pour rugbyrama.fr sur les deux premiers matches de Bleus dans le Tournoi 2016. Et il voit le match face aux Gallois vendredi comme une "opportunité de se tester" face à un grand d'Europe.

Quel bilan tirez-vous des deux premiers matches du XV de France ?

Pierre VILLEPREUX: Le bilan comptable est bon puisque les deux matches ont été gagnés. Quant à la production, elle n’a pas été exceptionnelle, loin s’en faut. C’est un rugby qui se construit. Il faut que les éléments trouvent leur place, que les joueurs apprennent à se connaître entre eux et s’approprient les systèmes. Et pour cela il faut du temps. Il ne suffit pas de dire aux joueurs "jouez comme ça" ! Ils vont se tromper mais il faudra qu’ils recommencent, qu’ils ne se démotivent pas après la première défaite si elle arrive.

Que pensez-vous du choix des hommes ?

P.V: Il me semble que nous avons suffisamment des joueurs en France pour pouvoir constituer une bonne équipe. En prenant des jeunes, Guy Novès s’est assuré de pouvoir travailler dans la continuité et c’est une bonne chose. Mais je redis qu’il faudra du temps car les joueurs ne sont pas habitués à pratiquer le jeu que veut mettre en place le sélectionneur.

" Il faudra du temps car les joueurs ne sont pas habitués à pratiquer le jeu que veut mettre en place Guy Novès"

Tout peut se résumer à une question de temps ?

P.V: Ça peut prendre du temps oui ! Ça relève d’un cheminement qui peut-être long. Quand j’entrainais le Stade toulousain (entre 1982 et 1989, NDLR), on n’a pas gagné la première ni la deuxième année. Il a fallu attendre 3 ans pour y arriver (sous l’ère Villepreux, le Stade a soulevé trois fois le Bouclier : 1985, 86 et 89 NDLR). Il faut définir et partager le projet de jeu avec les joueurs qui doivent l’accepter et après ça les progrès viendront.

La joie de Doussain et Jedrasiak (XV de France) - 13 février 2016
La joie de Doussain et Jedrasiak (XV de France) - 13 février 2016 - AFP

Quand vous étiez entraîneur du Stade, un de vos joueurs s’appelaient Guy Novès. Quel regard portez-vous sur ses premiers pas en tant que sélectionneur ?

P.V: Il est confronté à un milieu qu’il connait moins que le milieu du club. On ne se comporte pas en Equipe de France comme on se comporte en club. Il y a tout un tas de paramètres qui sont différents comme le fait de ne pas avoir les joueurs en permanence sous la main et ça change tout : vous pensez avoir fait quelque chose d’intéressant pendant deux matches puis les joueurs retournent en club et on ne les retrouve pas toujours comme on les a quittés ; ça complique la gestion.

" Quand ils jouent chez eux, culturellement, les Gallois sont transcendés"

Le pays de Galles, prochain adversaire des Bleus, est une des équipes les plus performantes en Europe. C’est un premier gros test pour les Bleus ?

P.V: Au même titre que l’Angleterre ou l’Ecosse. Nos trois derniers adversaires sont redoutables. Le pays de Galles dispose de bonnes individualités et n’a pas de faiblesses, ni devant, ni derrière. Et quand ils jouent chez eux, culturellement, ils sont transcendés. Ils vont provoquer le jeu, ils ne le fermeront pas. C’est une opportunité pour la France d’affronter une équipe qui n’est pas frileuse et qui va essayer de la battre en jouant au ballon.

Loann Goujon. France-Galles, 28 février 2015
Loann Goujon. France-Galles, 28 février 2015 - Icon Sport
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