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Tournoi des 6 Nations - XV de France: Une charnière Sébastien Bézy-Jules Plisson aux deux visages

Plisson-Bézy, une charnière aux deux visages

Le 07/02/2016 à 14:53

6 NATIONS - A l’image du XV de France, la charnière Bézy-Plisson a longtemps été empruntée face à l’Italie (23-21). Mais si Sébastien Bézy s’est montré maladroit au pied (0/3), Jules Plisson a été le détonateur de la révolte tricolore… Décryptage.

Et dire qu’il restait sur un 7/7 au pied avec le Stade toulousain! Le très haut niveau est impitoyable et la pelouse du Stade de France n’a fait aucun cadeau à Sébastien Bézy (24 ans). Pour son premier match sous la tunique tricolore, le demi de mêlée du XV de France a rendu une copie mitigée. Mis sous pression par le troisième ligne italien Sergio Parisse, le numéro neuf haut-garonnais a bien tenté de dynamiser le jeu de son équipe.

Mais avec des munitions souvent difficiles à exploiter, en reculant, Sébastien Bézy n’a pas eu le rendement attendu même s’il s’est toujours évertué à coller au ballon. "C’était très difficile", reconnaît-il. "C’est sûr, je suis content de l’avoir emporté mais il va falloir progresser vite si on veut rivaliser contre l’Irlande, samedi prochain".

Sébastien Bézy (XV de France) face à l'Italie - 6 février 2016

Sébastien Bézy (XV de France) face à l'Italie - 6 février 2016AFP

En manque de repères évidents, de cohésion, la charnière Bézy-Plisson a semblé par moment endormie par le rythme saccadé de la Squadra Azzurra et a manqué de lucidité en première période. "J’attends de cette équipe là plus de changement de rythme", insiste Guy Novès. "Au rugby, si on est sur le même rythme, l’adversaire s’adapte très vite. D’autant plus qu’on est axé sur un jeu de mouvement, avec de la circulation, du soutien".

Bézy: "Si je mets les points que je dois mettre au pied, ça change la physionomie des choses…"

Coupable d’un en-avant (22e), Sébastien Bézy a surtout failli face aux perches. En signant un 0/3 (une pénalité et deux transformations manquées, ndlr), le Toulousain a rendu une copie bien éloignée de son standard en Top 14 cette saison (89% de réussite, ndlr). "Disons que si je mets les points que je dois mettre au pied, ça change la physionomie des choses", confie Bézy qui n’avait pas souhaité prendre ses marques au Stade de France vendredi matin. "En tout cas, on peut les sortir du match plus tôt. Ne pas les mettre, c’est un peu embêtant pour l’équipe".

Jules Plisson et Sébastien Bézy (XV de France) face à l'Italie - 6 février 2016

Jules Plisson et Sébastien Bézy (XV de France) face à l'Italie - 6 février 2016Icon Sport

En échec dans le tir au but, le demi de mêlée a donc transmis le relais à Jules Plisson. "A la mi-temps, comme je restais sur trois échecs, ça ne servait à rien d’insister", reconnaît l’intéressé. "Jules se sentait bien. C’était normal qu’il bute à ma place. On l’avait décidé comme ça avant le match". Remplacé à la 68e minute de jeu par Maxime Machenaud, Sébastien Bézy s’est montré fébrile mais il symbolise toujours le projet de jeu ambitieux et séduisant prôné par Guy Novès. D’autant que les protégés du manager tricolore ont systématiquement été dangereux dès qu’ils sont parvenus à mettre de la vitesse.

Plisson: "C'est une courte victoire mais qui permet de construire une équipe. On a fait des erreurs mais elles viennent en créant"

Aux côtés de Sébastien Bézy, Jules Plisson (24 ans, 7 sélections) a lui aussi connu une rencontre contrastée. Une passe interceptée (42e), une autre mal ajustée dans les chaussettes de Gaël Fickou (43e), une chandelle trop longue (55e)… avant un réveil décisif à l’heure de jeu. Auteur de deux pénalités permettant au XV de France de reprendre les commandes du match, dont la pénalité de la gagne claquée en coin de 50 mètres (75e), le demi d’ouverture parisien (3/3 au pied) a impulsé le réveil tricolore en faisant beaucoup jouer autour de lui (36 passes).

Jules Plisson (XV de France) face à l'Italie - 6 février 2016

Jules Plisson (XV de France) face à l'Italie - 6 février 2016Icon Sport

"C'est une courte victoire mais qui permet de construire une équipe", insiste le numéro dix du Stade français. "On a essayé de produire, de déplacer le ballon, de changer nos courses. On pense toujours à faire la passe supplémentaire mais parfois il faut garder le ballon un peu plus. Certes, on a fait des erreurs mais elles viennent en créant, en essayant de bouger l’adversaire. Je ne sais pas si la semaine va être plus facile car il y a eu pas mal de déchet mais on bâtit une équipe dans la victoire. On va essayer de faire un match avec les mêmes intentions samedi prochain en gardant un peu plus le ballon".

Car la charnière irlandaise Conor Murray-Jonathan Sexton sera un test impitoyable pour les deux jeunes talents du XV de France.

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